Iran : les Yamim noraïm (011310/21)
mercredi, 13 octobre 2021

 

Par Stéphane Juffa

 

Avec Jean et Ilan Tsadik, Michaël Béhé et Daniel Bruch

 

Les Yamim noraïm, pour les Israélites, ce sont les dix "Jours terribles" qui séparent notre nouvel an, Rosh Hashana [héb.: la tête de l’an], du Yom Kippour, le jour du jugement. Jugement des actions écoulées de la personne et de la communauté, aux conséquences - parfois dramatiques en termes de sécheresses, de famines, d’épidémies (déjà) et d’épizooties - subies par l’individu et la communauté.

 

Cette croyance qui persiste de nos jours dans les synagogues, prenait toute sa dimension à l’époque où le Temple trônait à Jérusalem. Lorsque, le jour de Kippour, et uniquement celui-là, le Grand-prêtre [héb.: le Cohen Gadol] entrait dans le Saint-des-Saints afin de rendre compte à la Métaphysique, aussi appelée l’Infini ou symbolisée par un tétragramme, du bilan du monde des Hommes.

 

Dans certains cas où les hommes avaient particulièrement déconné, ha-Cohen ha-Gadol était instantanément carbonisé. Et l’année qui suivait était parsemée d’événements dramatiques engendrant beaucoup de décès parmi la population.

 

Cette intro pour vous dire qu’Israël est en train de vivre des Yamim noraïm en dehors de la période courant de Rosh Hashana à Yom Kippour.

 

Cela survient alors que la société civile ne se rend compte de rien, poursuivant ses occupations de façon plutôt paisible. La troisième vague de Corona est officiellement vaincue, surtout grâce à la troisième dose de vaccination. L’activité économique traverse une sorte de babyboom. Nous avons un gouvernement dans lequel les responsabilités sont partagées, et dans quelques jours, après trois ans de semi-dictature à la Poutine ou à la Erdogan, nous aurons enfin un budget.

 

Cela va "si bien" que l’on ne prévoit pas de hausse d’impôts ni d’emprunt obligataire Corona. Et Israël, contrairement à d’autres pays que nous connaissons bien, sert ses intérêts et rembourse sa dette.

 

Et pourtant…

 

Pourtant, les responsables politiques et militaires israéliens n’ont plus qu’un sujet en tête, et c’est le nucléaire iranien. Ce, alors que la Théocratie chiite se situe à quelques semaines du point de non-retour dans son projet de bombe atomique.

 

Les personnes qui ont la charge de notre sécurité se trouvent face à un choix imposé par les ayatollahs : intervenir militairement en générant un conflit ouvert avec la junte cléricale de Téhéran, écartant de la sorte la menace d’une confrontation nucléaire entre nos deux systèmes pour dix ans au minimum ; avec la possibilité, en cas de défaite probable de Khameneï et de ses complices, augmentée par d’autres petits coups de main de notre part, d’un renversement de ce régime par l’immense majorité des Iraniens qu’il opprime. Le régime le plus obscur et sanglant du Globe avec la Corée du Nord.

 

Et de sauver également les pays civilisés, qui ne montrent pas de signes extérieurs d’inquiétude, tout en comptant sur nous pour effectuer la sale besogne à leur place. Voire en envisageant - faisant preuve à nouveau de beaucoup d’hypocrisie - de nous condamner à l’ONU pour avoir menacé la "paix du monde" et pour constituer une nation de perpétuels "va-t-en-guerre".

 

A propos de ce qui précède, j’ai entendu un propos aberrant tenu récemment par le confrère Eric Zemmour. Sans me mêler de ses propositions politiques – je suis toutefois très éloigné de l’admiration qu’il exprime pour Napoléon, De Gaulle et Pétain -, l’une de ses phrases m’a sérieusement fait douter de ses capacités différenciatrices. Il avait demandé à quel titre on pouvait interdire à l’Iran de fabriquer sa bombe atomique, alors que l’Amérique, Israël, etc. la possédaient.

 

J’ai déjà buté sur cette logique inepte autant qu’irresponsable : le fait qu’il s’agisse d’une dictature cléricale qui menace ouvertement d’imposer ses croyances à la Terre entière, de rayer Israël de la carte et les Arabes après elle, qui affirme son droit à envahir la péninsule arabique en joignant le geste à la parole, qui maintient les Iraniennes en état de semi-esclavage, qui pend au faîte des grues par strangulation des dizaines de milliers de ses administrés – dont la plupart sont non seulement innocents mais aussi victimes d’injustices , ne suffit pas à persuader Eric Zemmour qu’il serait largement préférable que des satrapes de cette engeance ne disposassent pas de la bombe atomique ? Ni des missiles pour les lancer sur Paris ? 

 

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Une Femen s’était pendue symboliquement à la passerelle Debilly à Paris à l’occasion

de la visite du président iranien. Pour rappeler les exécutions de dizaines de milliers d’innocents par la Théocratie. Pour ceux, un peu limités, qui ne comprennent pas

pourquoi il est nécessaire de les empêcher d’acquérir la bombe atomique

 

L’autre option – celle qui exclut une intervention militaire - pour les dirigeants israéliens consiste à laisser la Théocratie chiite devenir un régime "au seuil de" la bombe. Ce qui signifie qu’à partir d’imminemment tout de suite, nous aurions à faire face à l’agressivité et l’expansionnisme d’une junte d’illuminés religieux, qui pourraient disposer d’armes atomiques à tout moment, sans que nous n’ayons plus les moyens militaires de les en empêcher.

 

Lors, sous cette ombrelle de sanctuarisation nucléaire, les ayatollahs accroitraient sans cesse leur arsenal non-conventionnel ainsi que les missiles pour transporter leurs ogives. La junte cléricale chiite deviendrait rapidement une puissance régionale, puis une entité fortement nucléarisée, capable de menacer la Terre entière, ce qu’elle n’hésitera pas à faire, puisqu’elle le fait déjà avant même de disposer de l’arme suprême.

 

Si nous laissons faire, cela signifierait que la prochaine confrontation mondiale serait nucléaire. Cela pousserait aussi et inéluctablement tous les Etats de la région moyen-orientale, à commencer par l’Arabie Saoudite, l’Egypte et la Turquie, à se doter eux aussi de la capacité atomique militaire. Ne serait-ce que pour pouvoir se défendre, ce qui serait parfaitement raisonnable mais éminemment dangereux.

 

A Métula, nous ignorons ce que le gouvernement a décidé, et même s’il a définitivement arrêté sa décision.

 

Ce que nous sommes en mesure d’affirmer toutefois, c’est que les entraînements et les préparatifs militaires vont bon train, et qu’ils sont réalisés dans l’hypothèse d’une action prochaine de Tsahal contre les infrastructures nucléaires et de missiles en Iran.

 

Une fois n’est pas coutume, nos camarades de la Ména Ilan Tsadik et Daniel Bruch ont observé ces déploiements de visu. Nous ne fournirons aucun détail, mais nous pouvons dire que l’Armée israélienne se prépare à une éventuelle riposte des Perses contre notre territoire.

 

Une réplique qui pourrait venir de partout, mais principalement de Syrie et du Yémen. Et qui serait essentiellement constituée d’un grand nombre de missiles et de drones (des dizaines, pas des centaines) tirés à la fois.

 

A Métula, nous sommes totalement convaincus que le raid de vendredi soir dernier sur T4 que nous avons révélé dans ces colonnes visait une concentration de drones iraniens amenés en Syrie à cette intention.

 

Et que l’opération de sabotage du complexe du groupe Shahid Hemmat à Téhéran, le dimanche 25 septembre dernier [voir nos articles précédents], visait des missiles "de précision", entreposés dans le même objectif.

 

La Théocratie a progressé dans le domaine des drones d’attaque, qu’elle avait utilisés pour la première fois contre les raffineries de pétrole en Arabie saoudite, à la mi-septembre 2019. La même technologie que celle employée afin d’attaquer des navires civils dans l’océan indien, supposés avoir des liens avec l’Etat hébreu.

 

Ces drones, de différentes tailles, semblent précis, mais il leur manque la vitesse – ils sont bien plus lents que les avions de ligne -, et la seule façon de s’en servir efficacement serait de les lancer en nombre.

 

Khameneï doit également éviter de se livrer à des représailles disproportionnées, car il n’a pas la capacité, et de loin, ni de détruire Israël, ni de lui infliger des dégâts cataclysmiques.

 

Or si l’opération israélienne est déclenchée, elle ne visera qu’à oblitérer les infrastructures déjà citées, de même que des systèmes antiaériens, des aéroports, des centrales électriques et des voies de transport et de communications. Et sans doute aussi les casernements de certaines unités d’élite des Gardiens de la Révolution khomeynistes [les Pasdaran].

 

Mais c’est tout. Une action de ce genre n’aurait pas pour finalité de causer le plus grand nombre de morts possible dans les rangs de l’Armée du régime, mais de détruire des installations, des machines, du matériel et des dépôts de minerai.

 

Dans ces conditions, et c’est pour cela que Khameneï doit se méfier, au cas où une riposte de son Armée ferait, presque par hasard, par négligence ou par malchance, des dizaines de victimes en Israël, voire plus, nous riposterions à notre tour en frappant plus fort, notamment les symboles de la dictature, ses chefs, ainsi que les concentrations abritant leurs partisans.

 

Et Tsahal dispose des moyens de détruire plusieurs fois l’entièreté de l’Iran, que ce soit en recourant à des armements conventionnels ou de destruction massive.

 

A un échelon moindre, c’est la réflexion que devrait aussi entretenir Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah libanais. Il pourrait répondre à la demande de ses mentors perses et ouvrir un second front face aux Hébreux. Tenter de tirer des dizaines voire des centaines de roquettes vers nos conurbations. Nasrallah connaît cependant parfaitement les trois éléments-clés d’un éventuel conflit : 1. Il n’a pas la capacité d’infliger des dégâts majeurs en Israël, assurément pas sur le plan tactique (à réduire le potentiel de combat de Tsahal). 2. Plus il tuerait d’Israéliens et plus les frappes de Tsahal seraient étendues et 3. Elles se termineraient imparablement par la disparition de sa milice ainsi que par son éradication physique.

 

Ce qui est sûr aussi est que la Théocratie persane est sur les dents. Le géant américain Microsoft vient de dévoiler que les Hackers du régime s’en sont pris aux ordinateurs de grandes sociétés d’armement américaines et israéliennes. Dans ce domaine également, comme pour ses drones, Khameneï dispose d’arguments non nuls. Quoiqu’éloignés à des années-lumière des moyens technologiques à la disposition de ses adversaires, à commencer par Israël. Sans l’ombre d’un doute sensé, nous ne jouons pas dans le même bac à sable. Du point de vue de l’armement, il a au moins cinquante ans de retard sur nous.

 

En cas d’attaque israélienne, l’Iran connaîtra de nombreux problèmes informatiques majeurs ; son trafic automobile, ferroviaire, militaire et aéronautique deviendra ingérable. Il sera impossible pour cette raison de sortir de Téhéran à bord d’un véhicule. L’électricité sera coupée dans toutes les zones où se dérouleront des raids du Khe’l Avir, l’Aviation Israélienne. Les radars seront brouillés ; leurs servants verront sur leurs écrans une multitude d’appareils qui n’existent pas dans la réalité et seront incapables de les différencier de vrais. Les voies pour l’acheminement d’éventuels renforts seront rendues impraticables par des bombardements aériens. De même que les bases aériennes actives et les systèmes antiaériens susceptibles de mettre en danger quelconque nos équipages.

 

Toutes les communications hertziennes seront brouillées dans la partie centrale de l’Iran et au-delà de ses frontières, en Irak, en Syrie, au Liban, et, malheureusement, dans une partie d’Israël. La télévision ne fonctionnera pas non plus.

 

Une dizaine de sites liés aux activités nucléaires seront anéantis, dont celui de Natanz – le plus vaste – et celui de Fordo, construit à l’intérieur d’une montagne. Une petite dizaine de sites de fabrication et d’entreposage de missiles balistiques seront détruits en Iran, de même que plusieurs bases et magasins en Irak et en Syrie.

 

En deux heures d’opérations, la menace atomique iranienne aura cessé d’exister. Le reste consistera en des opérations de nettoyage, puis en des frappes d’entretien, pendant les semaines qui suivront.

 

A notre avis, l’offensive principale s’étendra sur deux jours. La plupart des raids seront conduits par des F-35 furtifs et par des missiles de précision. Les pertes israéliennes lors de ces attaques seront inexistantes ou extrêmement faibles.

 

Les Iraniens tenteront de riposter en suivant des plans préétablis, étant parfaitement conscients de ce qu’il va leur arriver. Les unités concernées pourront tenter de réaliser ces plans de façon indépendante, même coupées de leur commandement central, avec tous les dangers que fait courir l’action sans information.

 

A notre avis, le Renseignement hébreu est de plus au courant de ces plans "autonomes" et Tsahal prévoit de les anéantir avant qu’ils ne puissent être mis en œuvre.

 

En dépit de tout ce à quoi ils s’attendent, les Iraniens seront toutefois très surpris par la sophistication, l’ampleur et la virulence des frappes. Ils seront pratiquement incapables de toute réaction défensive.

 

Sur le plan offensif, les Pasdaran tenteront de tirer des missiles et des drones chargés d’explosifs en direction du territoire israélien. La quasi-totalité voire la totalité n’atteindra pas ses objectifs.

 

Téhéran demandera au Hezbollah d’ouvrir un second front contre l’Etat hébreu, mais à notre avis, Nasrallah ne s’exécutera pas. Tout au plus, il commettra quelques gestes d’agressions symboliques. Tsahal mesurera ses ripostes au Liban tant que les agressions du Hezb ne provoqueront pas de victimes ni de dégâts importants.

 

En cas d’offensive réelle du Hezbollah, tous les plans de Tsahal sont prêts et les cibles ont déjà été désignées par ordre de nocivité. La confrontation entre Tsahal et le Hezbollah, si ce dernier décidait d’ouvrir un second front, serait la plus violente jamais expérimentée entre Israël et le pays aux cèdres. Les frappes initiales des Israéliens seraient extrêmement violentes et mettraient en application la doctrine "Momentum" [héb.: Tnoufa] élaborée par le chef d’état-major de Tsahal, le Brigadier-Général Aviv Kokhavi.

 

Les activités offensives en Iran ne mobiliseraient qu’une partie restreinte et spécialisée du Khe’l Avir et des forces spéciales. La grande majorité des F-16 et des F-15 serait disponible pour d’éventuelles frappes au Liban, à Gaza, en Syrie et en Irak.

 

Sans être aisée ni inoffensive, une intervention d’Israël en Iran ne poserait pas de problèmes tactiques insurmontables ; et la riposte des Iraniens et de leurs supplétifs devrait être relativement discrète selon notre estimation. Le risque pour que l’opération envisagée se solde par un échec, c’est-à-dire l’impossibilité de retarder de plusieurs années le franchissement par la Théocratie iranienne du point de non-retour dans sa mise au point de l’arme atomique, ainsi que l’impuissance à mettre hors de combat la plupart de ses missiles balistiques, est très faible.

 

D’après nos informations et constatations sur le terrain, l’exécutif israélien penche en faveur d’une intervention. Mais la supériorité militaire ne suffit pas pour qu’il donne le feu vert à Tsahal. Pour cela, il faut obtenir au moins l’engagement de la part des Etats-Unis et de la Russie de ne pas s’opposer militairement à notre entreprise.

 

A cette fin, le gouvernement hébreu a lancé une intense campagne diplomatique. Yaïr Lapid, notre ministre des Affaires Etrangères et futur Premier ministre par alternance, est à Washington où cela ne se passe pas très bien. Il est antichambré par le président Biden, qui l’a mis en contact avec Jake Sullivan.

 

Sullivan n’est pas n’importe qui, c’est le Conseiller de Sécurité Nationale du pensionnaire de la Maison Blanche. Mais c’est un exécutant, non un décisionnaire.

 

Lapid lui a dit qu’il était venu à Washington parce que "l’Iran est sur le point de devenir un pays au seuil du nucléaire". Il a répété la même antienne aux oreilles de la délégation de leaders du Congrès venus à sa rencontre, avec à leur tête Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des Représentants (assemblée nationale).

 

Notre ministre a exprimé à Jake Sullivan "la nécessité d'un plan alternatif" au Plan d'Action Global Conjoint, l’accord entre la Théocratie persane et les 5+1 négocié sous Barack Obama en 2015 et abandonné par Trump en 2018.

 

Lapid a expliqué que la chose était ultra-urgente mais le message est semble-t-il tombé dans l’oreille d’un sourd. M. Sullivan faisant valoir que son pays persiste à explorer la voie diplomatique pour bloquer les ambitions nucléaires de l'Iran. Et se contentant de rappeler que Joe Biden avait dit à Naftali Bennett en août que si cette dernière tentative échouait, il était prêt à "envisager d’autres options".

 

Lapid a tenté d’expliquer que la tentative avait déjà échoué puisque l’Iran était en train de devenir, ces jours-ci, un pays au seuil de la bombe atomique ; et que même si les négociations reprenaient – ce qui n’est pas arrivé à cause des maintes manœuvres retardantes de la délégation iranienne à Vienne – elles ne pouvaient pas aboutir avant que Téhéran ne dépasse le point de non-retour.

 

Sullivan a tenté de calmer les préoccupations de Lapid en réitérant l’engagement du Président de "ne jamais permettre que l’Iran ne détienne la bombe atomique". Mais cela ne l’a pas satisfait. Car la Théocratie est en passe de devenir ces jours une puissance atomique.

 

Plus tard ce mercredi, Yaïr Lapid s’est retrouvé en présence de du Secrétaire d’Etat U.S. [ministre des Affaires Etrangères] Tony Blinken et de leur homologue émirati Abdullah bin Zayed Al Nahyan afin de commémorer le premier anniversaire des accords d’Abraham.

 

A l’occasion de la conférence de presse qui s’en est suivie, Blinken, qui est un Israélite issu d’une famille sioniste, a tenté maladroitement d’aplanir les angles dans le différend entre l’Etat d’Israël et le Président des Etats-Unis. Il a ainsi déclaré : "le temps presse pour un retour iranien au plein respect de l'accord nucléaire de 2015", mais, sentant sans doute qu’il s’éloignait trop de la position officielle de son gouvernement, Blinken a précisé : "la voie diplomatique est le moyen le plus efficace de s'assurer que Téhéran n'acquiert pas d'armes nucléaires".

 

N’étant visiblement pas à une contradiction près, il a reconnu que Téhéran n’était pas disposé à revenir à l’accord de 2015, et que, de toutes façons, cet accord ne garantissait plus l’abandon par la Théocratie de son projet de bombe atomique.

 

Face à ce cocktail aigre-doux, le ministre israélien a eu quant à lui le mérite de la cohérence, affirmant :  "Chaque jour qui passe, chaque retard dans les négociations, rapproche l'Iran d'une bombe nucléaire. Si un régime terroriste veut acquérir une arme nucléaire, nous devons agir. Nous devons préciser que le monde civilisé ne le permettra pas". C’est une déclaration d’intention. Il semble, le cas échéant, que malencontreusement le monde civilisé se réduit à Israël.

 

On nage en plein dans les tactiques obamesques. Manœuvres de dupes faisant le jeu des ayatollahs. Multiplication des promesses contredites par la réalité, ou perte du discernement du Président des Etats-Unis ?

 

Yaïr Lapid n’obtiendra pas l’engagement de non-intervention qu’il était venu chercher. Les militaires n’ont rien à ajouter : ils sont d’accord avec Kokhavi pour qui ils entretiennent un profond respect. Mais ce sont des soldats dans une démocratie, et ils exécutent les ordres du Président. Grâce à leur sympathie, on peut uniquement s’attendre à ce qu’ils ne tirent pas sur nos F-35. Mais pas qu’ils continuent à nous livrer les pièces de rechange nécessaires à les maintenir en vol.

 

A Jérusalem, il faudra prendre la décision avec cette inconnue, et c’est une grosse inconnue. Et dans l’Administration américaine, on crève de trouille de voir les Iraniens ouvrir un feu de riposte sur les nombreuses forces U.S stationnées dans le Golfe arabo-persique, et d’être ainsi entraînés dans un conflit à son corps défendant. "A cause d’Israël".

 

"Vision Obama du monde" : pas fiables à l’endroit des alliés de l’Amérique et mépris pour les militaires fussent-ils américains.

 

Ces tout prochains jours, le Premier ministre Bennet se rendra en Russie pour rencontrer Poutine en quête du même engagement de non-ingérence.

 

Avec le Tsarévitch ce sera différent. Il répondra : c’est votre affaire, faites comme vous l’entendez et assumez les conséquences de vos actes ! Tout ce que je demande, parce que j’ai des forces déployées dans la région, est que vous me révéliez précisément ce que vous comptez faire et quand vous comptez le faire..

 

Faire des confidences au Diable ? A un joueur de poker prêt à vendre toute sa famille si cela en vaut la peine. Bennett va sûrement se demander s’il ne préfère pas la réponse de Sullivan.

 

Il ne pourra pas mentir à Poutine, ce serait la pire des choses. Bennett va lui dire que c’est trop tôt, qu’il sera informé quelques heures avant l’attaque, comme d’habitude.

 

Vladi va faire les gros yeux, et la discussion va être transférée aux militaires des deux armées, qui ne s'apprécient pas beaucoup.

 

Ni Lapid ni Bennett ne reviendront avec une réponse utile de leurs voyages. Washington et Moscou réagiront en fonction de leurs intérêts et des conditions du moment.

 

Plus le travail de Tsahal sera propre et rapide, plus la riposte des Iraniens sera contrôlée, plus les risques seront maîtrisés.

 

Poutine ne réagira pas militairement, il n’en a pas les moyens, mais il peut nous pourrir la vie. En aidant les Iraniens, Assad, ou en apportant son soutien à toutes les initiatives anti-nous dans le cadre de l’ONU.

 

Biden non plus ne donnerait pas l’ordre à son Armée de s’interposer entre les Iraniens et nous. Il est déjà au plus bas dans les sondages, et les Américains qui s’intéressent à la santé du monde – il y en a – connaissent la venimosité du régime iranien et ne pardonneraient pas à leur Président de le privilégier au détriment de leur plus fidèle allié.

 

Mais il suffirait à Biden de nous intimer de cesser les opérations pour que nous n’ayons pas d’autre choix que celui d’obtempérer. En traînant les pieds, certes, prenant le soin de terminer les missions en cours, mais d’obtempérer.

 

D’où la nécessité de réaliser l’essentiel des objectifs – à savoir priver Khameneï de sa capacité à fabriquer une bombe – dans les toutes premières heures de l’opération. Deux ou trois heures, le reste serait du bonus.

 

Et les Européens, les plus menacés par la bombe iranienne ? Inutile de les mentionner, il n’y a rien à attendre d’eux, des lâches et des tire-au-flan.

 

On va devoir décider seuls, en consultation avec nos militaires et nos stratèges. Ne compter que sur nous. Dans un environnement hostile.

 

Et prendre une terrible décision. Ce qui est sûr est que le monde sera beaucoup plus sûr dix minutes après le retour de notre première vague de bombardiers qu’actuellement.

 

Terrible décision. Jours terribles. Yamim noraïm.

 

 
By YinonSys