La base américaine à Tanf en Syrie attaquée par des supplétifs de l’Iran (012110/21)
jeudi, 21 octobre 2021

 

© Metula News Agency


Jeudi après-midi à Métula et à Noves en Provence

 

Hier (mercredi) des éléments armés ont attaqué la base de l’Armée américaine (qui accueille également des membres de la Coalition internationale) dans leur zone de présence, d’occupation et d’influence d’an-Tanf au sud-est de la Syrie [cartes].

 

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Carte des occupations étrangères en Syrie, y compris la bulle de Tanf

Service cartographique © Metula News Agency

 

L’attaque a consisté en quelques roquettes et mortiers, et surtout deux passages de bombardement réalisés par deux drones.

 

L’un a pris pour cible l’installation principale au sud de l’autoroute no.2, occupée par des soldats américains, l’autre a visé le camp situé immédiatement de l’autre côté de l’autoroute réservé aux combattants rebelles au service des Américains, formés et armés par leurs soins.

 

Les attaques n’ont pas fait de victimes dans les rangs U.S.

 

Quelques minutes après l’attaque, quatre chasseur-bombardiers des Etats-Unis ont bombardé les positions d’où l’agression semblait avoir été menée.

 

Les quatre appareils n’ont pas décollé de la base d’an-Tanf, qui ne dispose pas de piste d’atterrissage mais uniquement d’un terrain pouvant recevoir des hélicoptères.

 

Cette base est pratiquement l’unique base de l’Armée américaine en dehors du territoire du Rojava contrôlée par leurs alliés Kurdes des Forces Démocratiques Syriennes, indiquée par le chiffre 3 et en jaune sur la première carte.

 

Dans le Rojava, les Américains et leurs alliés occidentaux, dont des forces spéciales françaises, disposent de bases ainsi que de terrains d’aviation.

 

La zone de Tanf, en forme de demi-sphère [numérotée 1 et en vert sur la première carte] s’étend sur une profondeur d’environ 80km dans le sens nord-ouest de la Syrie, couvrant à sa base à peu près 120km de la frontière syro-irakienne.

 

Le point le plus avancé de la bulle est à 120km au nord-est de Damas et à 190km, dans la même direction, de la ville israélienne druze de Majdal Shams [ara.: l’étoile du soleil] dans le Golan, le point le plus proche sur le territoire israélien.

 

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La situation locale, à l’intérieur de la demi-sphère de Tanf

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

La base de la demi-sphère recouvre la région de la triple frontière Syrie-Jordanie-Irak. Et la limite de l’Arabie Saoudite n’en est distante que de 140km plus au Sud.

 

La base principale de l’Armée américaine dans la demi-sphère – celle qui a été attaquée - est relativement modeste. Elle mesure 500 mètres sur 400 pour le camp américain, et 110m sur 120 pour celui des complémentaires rebelles. Les deux camps sont entourés de la même double fortification de protection. Nous estimons à la Ména, en considération des équipements répartis sur la base et des capacités de couchage, qu’elle accueille environ deux cents soldats de l’Oncle Sam.

 

Cette base revêt une importance stratégique majeure car elle entoure littéralement l’autoroute syrienne no.2, ce qui permet à la coalition internationale de contrôler totalement le trafic sur cet axe routier, et d’empêcher les renforts et les armes iraniennes de passer d’Irak au Liban et à la frontière israélienne par cette voie.

 

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La base U.S. ciblée par l’attaque, qui verrouille l’autoroute no.2

Service cartographique © Metula News Agency

 

La base est entourée par des centaines de kilomètres du désert syrien. La demi-sphère comprend également des points d’appui – certains permanents, d’autres occupés de façon intermittente – au service des militaires de la Coalition et de leurs auxiliaires syriens.

 

Ce qui leur permet d’effectuer des patrouilles, notamment pour surveiller un éventuel redéploiement des combattants de l’Etat Islamique (Daesh).

 

Il n’existe pas d’agglomérations autochtones dans la demi-bulle de Tanf, à peine quelques campements de bédoins concentrés autour des oasis.

 

Nous ne possédons aucune information précise quant à l’identité des agresseurs de mercredi, mais les seuls qui sont capables de lancer une opération de ce genre sont les Pasdaran iraniens entourés d’une majorité de miliciens chair-à-canon chiites irakiens et libanais.

 

Cet incident intervient alors que règne une vive tension régionale autour du nucléaire iranien, avec, en filigrane, l’éventualité d’une vaste opération israélienne, ainsi que la possibilité de plus en plus souvent évoquée que les 5+1 quittent la table des négociations à Vienne. Et qu’ils imposent de très lourdes nouvelles sanctions à la Théocratie persane. Laquelle fait actuellement le forcing afin d’atteindre le plus rapidement possible le point de non-retour dans le programme de fabrication de sa bombe atomique.

 

S’ils abandonnaient la solution négociée avec Téhéran, de même que l’option du retour aux termes (complètement dépassés) de l’accord de 2015, et si les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité plus l’Allemagne décidaient de coordonner leur position sur la question avec Jérusalem, cela pourrait dissuader le gouvernement hébreu de mener une attaque en solo contre l’infrastructure nucléaire iranienne.

 

Demain doit avoir lieu en Russie une réunion capitale à ce propos entre le Président Vladimir Poutine et le Premier ministre israélien Naftali Bennett.

 

M. Poutine, qui a obtenu de ses alliés syriens que le contingent perse constitué des Gardiens de la Révolution khomeyniste [les Pasdaran] délaissent la région de Damas, de son aéroport et de la frontière avec Israël pour se replier vers le désert syrien, T4, Palmyre et la zone frontalière (Syrie-Irak) de Boukamal, à 200km au nord-est de la demi-bulle de Tanf.

 

Nous apprenons par notre correspondant permanent dans le Rojava, notre camarade Perwer Emmal, que le moral des troupes iraniennes et de leurs supplétifs le long de l’Euphrate est au plus bas suite aux incessants bombardements de précision attribués aux Israéliens dans cette zone.

 

On observe des désertions par dizaines de miliciens chiites irakiens préférant regagner leur pays.

 

Quant aux Pasdaran, ils ont sans doute commandité l’opération contre la base américaine afin de hâter le mouvement de désengagement des troupes américaines commencé en Afghanistan et qui se poursuit désormais en Irak et en Syrie.   

 

Les ayatollahs perses adoreraient pouvoir utiliser l’axe Tanf-Damas pour acheminer des combattants et du matériel en vue d’une possible confrontation majeure avec Israël.

 

 
By YinonSys