Israël dévoile le nec plus ultra : il abat les avions ennemis grâce à un faisceau électromagnétique
samedi, 13 novembre 2021

 

(011311/21) 

 

Par Jean Tsadik


Depuis la tenue en Israël de l’exercice aérien international Blue Flag [ang.: drapeau bleu] durant la dernière semaine du mois d’octobre, nous trépignions d’impatience de vous présenter une nouvelle découverte israélienne déterminante dans le domaine militaire.

 

Ce, parce qu’elle a été dévoilée à nos invités-participants durant le dernier Blue Flag. Un évènement qui se tient tous les deux ans, et qui, cette année, collectionnait les superlatifs : il était à la fois le plus ambitieux depuis la première édition en 2013, vu le nombre et la qualité des participants ainsi que son programme d’entrainement. C’était aussi la première fois que les vols avaient lieu au-dessus du territoire israélien. La première fois que le Royaume-Uni et les Emirats Arabes Unis y participaient, et surtout, l’occasion pour Israël de dévoiler son système Scorpius [ang.: scorpion]. Qui est à nos yeux sans doute l’invention dans le domaine de l’armement la plus significative depuis l’arc et la flèche.

 

Nous étions au courant de l’introduction du nouveau système, tout comme les 1 500 participants, dont des Américains, des Allemands, des Italiens, des Grecs, des Indiens, sans oublier des Français, qui avaient envoyé 70 avions à Blue Flag, principalement des F-35, des F-16, des Mirages et des Rafales.

 

Sans que personne n’en parle ouvertement, il s’est agi d’une grande mise au point de synchronisation opérationnelle en vue d’un éventuel affrontement avec la Théocratie iranienne.

 

Lors, la présentation en situation réelle et fonctionnelle du Scorpius ne pouvait pas mieux tomber. Puisqu’elle va modifier la perception de la guerre moderne dans la vie de chaque militaire, et également, parce qu’elle a servi en octobre de vitrine à la technologie israélienne, qui épate la planète avec des applications fondamentales confinées jusqu’alors à la seule science-fiction.

 

Regarder la vidéo : https://youtu.be/FW0lpKgXP20

 

Les lecteurs de la Ména se rappellent probablement des vieux films de guerre contre les extraterrestres, quand les Martiens ou autres envahisseurs protégeaient leurs vaisseaux et leurs positions avec un dôme invisible, infranchissable par l’ensemble des projectiles à disposition des armées humaines.

 

Eh bien le Scorpius, système de guerre électronique [EW], c’est exactement cela.

 

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Croquis d’un navire de guerre générant le dôme du Scorpius autour de lui

Source : Israel Aerospace Industries

 

Grâce à la capacité multifaisceaux d'AESA [ang.: radar à antenne active], le Scorpius peut scanner simultanément toute la région environnante à la recherche de cibles et déployer des faisceaux étroitement focalisés pour interférer avec de multiples menaces à travers le spectre électromagnétique.

 

Le système est capable de cibler une vaste gamme de menaces, notamment les drones, les navires, les missiles, les systèmes de communication, tous les avions évidemment, etc.

 

Scorpius perturbe efficacement le fonctionnement de leurs systèmes électromagnétiques, y compris les capteurs radar et électroniques, la navigation et les communications de données.

 

Or un avion, par exemple, dont la communication des données de pilotage ne fonctionne plus, s’écrase irrémédiablement.

 

La version simplifiée de l’explication maintenant : le Scorpius est un système composé de plusieurs éléments, qui fait trois choses. Il scrute (avec une sensibilité et une précision extrêmes) le ciel, les océans et les routes autour de la bulle qu’il a la fonction de défendre. Il discerne les véhicules amis des ennemis. Et il aveugle et rend à la fois inoffensifs et non-pilotables tous les véhicules ennemis situés à sa portée, tout en épargnant ses propres éléments.

 

En fait, ce sont les trois principes de tout affrontement armé : Protection. Discernement. Attaque.

 

IAI, Israel Aerospace Industries, qui fabrique le Scorpius, a annoncé officiellement son existence jeudi  (c’est ce que la Ména attendait pour proposer son analyse) se montre discrète relativement à la surface des zones que le système est capable de protéger ainsi qu’aux rayons (faisceaux) qu’il emploie pour paralyser l’adversaire. C’est compréhensible.

 

L’on sait que le Scorpius utilise le système "multifaisceaux" développé par la filiale d’IAI ELTA. Ce système est capable de scruter l'espace aérien désigné et, selon les informations qu'il recueille, de lancer un faisceau d'attaque adapté sur la cible.

 

Les responsables du développement du Scorpius n’hésitent pas à affirmer que leur système est efficace contre les missiles ennemis avancés des réseaux antiaériens tels que les S-300 et S-400 russes déployés en Syrie.

 

Cette révélation permet de saisir pourquoi à la Ména nous affirmons péremptoirement et depuis un certain temps que les S-300 et S-400 sont inefficaces contre les avions et les missiles du Khe’l Avir – l’Aviation israélienne. A fortiori les S-200 confiés par le Tsarévitch à ses protégés gouvernementaux syriens.

 

Sur la base de l’adage "Rome ne s'est pas construite en un jour", on peut en déduire que le Scorpius a été "probablement" testé des mois durant avec succès sur le théâtre d’opérations syrien, avant que d’annoncer au monde le mois dernier qu’il était pleinement opérationnel.

 

On comprend de même que cette avancée technologique ne fasse pas particulièrement plaisir au ministère russe de la Défense – qui multiplie ces derniers mois les tartarinades au sujet de l’efficacité mirobolante de ses missiles - ni aux chefs de l’industrie de l’armement russe.

 

L’annonce d’IAI explique aussi la raison pour laquelle nous évoquions répétitivement dans ces colonnes le rôle prépondérant que tiendraient les armes électromagnétiques à l’occasion d’une éventuelle confrontation avec l’Iran.

 

On ne peut évidemment révéler tout ce que l’on sait, mais on peut en tenir compte dans nos analyses, ce que nous faisons. Et la coupe n’est pas encore pleine, loin s’en faut, les ingénieurs hébreux étant occupés à nous préparer de nombreuses autres surprises.

 

IAI précise dans son communiqué que le système existe en cinq déclinaisons : G [ang.: ground], fonctionnant à partir du sol. N, pour naval, installé sur les navires. SP, la version aéronautique, consistant en une cosse contenant un module d'autoprotection [voir photo] pour les avions de combat ; et le Scorpius SJ, un brouilleur à distance qui perturbe les opérations électromagnétiques aériennes et terrestres de l'ennemi dans un vaste secteur.

 

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La cosse du Scorpius sous la carlingue d’un avion de combat israélien

Source : Israel Aerospace Industries

 

Sans oublier le Scorpius type T [Training ang.: entraînement] capable d’émuler simultanément une large variété de systèmes de défense aérienne modernes à partir d'une seule plateforme. Ses capacités d'émulation avancées prennent en charge la formation des pilotes sur les avions de cinquième génération [F-35]. C’est le type T qui a été présenté aux délégations-hôtes lors du dernier Blue Flag.

 

Au niveau de la concurrence, il est de notoriété publique que les Américains et les Russes travaillent sur des systèmes comparables. Au sujet du système U.S., on sait qu’il est en retard sur le Scorpius et que le Pentagone pourrait être intéressé à acquérir le bouclier israélien afin de gagner en rapidité et de faire de substantielles économies.

 

Quant à l’offre russe, ce que nous en savons est que les ingénieurs de Vladimir Poutine peinent dans la phase de discernement entre les cibles amies et ennemies. Ce qui fait que lors de la phase d’interception, leur équipement abattrait leurs propres avions aussi bien que ceux de l’ennemi en l’état de leur avancement.

 

L’avantage déclaré du système israélien étant, en la matière, qu’il ne gêne absolument pas les activités électriques et électroniques de ses utilisateurs.

 

Je laisse le mot de la fin à Adi Dulberg, le directeur général, responsable de la Division du renseignement chez IAI, parce que je pense qu’il résume bien la situation et l’impact de l’ingression du Scorpius dans la guerre moderne : "Le champ de bataille moderne", décline Dulberg, "dépend du domaine électromagnétique pour la détection, les communications et la navigation. Protéger l'utilisation du domaine électromagnétique pour nos forces, tout en interdisant son utilisation par l'ennemi, est devenu critique pour assurer le succès au combat et pour assurer la supériorité de nos forces sur le terrain. La nouvelle technologie, développée par les ingénieurs talentueux de l'IAI, fait pencher la balance de la guerre électronique, offrant des capacités révolutionnaires de première mondiale pour la défense électronique et perturbant les systèmes ennemis".


 
By YinonSys