Londres décrète que le Hamas est une organisation terroriste (info # 012711/21)
samedi, 27 novembre 2021

 

Par Ilan Tsadik

                                                                             

Le gouvernement britannique a pris hier [vendredi] la décision de classer le Hamas - acronyme de harakat al-muqâwama al-'islâmiya [ara.: mouvement de la résistance islamique], qui signifie également "ferveur" en arabe – sur sa liste des organisations terroristes proscrites.

 

Désormais, c’est l’entièreté du Hamas qui est bannie, alors que, jusqu’à maintenant et depuis deux décennies, seule la branche armée de cette organisation était considérée comme terroriste.

 

A partir d’hier, tout membre du Hamas, selon la loi du Royaume-Uni, ainsi que chacun de ses soutiens et sympathisants est passible de quatorze ans d’emprisonnement. Cette règle concerne toute personne qui agiterait un drapeau de la milice islamique, tout individu qui justifierait publiquement les tirs de roquettes et les jets de bombes incendiaires sur les populations israéliennes, ainsi que tout employé d’une entité de presse qui qualifierait de ministre un responsable du Hamas, ou qui évoquerait des activités d’un prétendu ministère palestinien de la Santé parlant des préposés à la médecine de cette organisation terroriste. Une organisation terroriste ne saurait en effet être considérée comme une entité étatique.

 

Le document adopté hier par le gouvernement de M. Boris Johnson dénonce spécifiquement "la perpétration par le Hamas d'attaques aveugles contre des cibles israéliennes, notant en particulier les plus de 4 000 roquettes lancées pendant le conflit de mai 2021 et les ballons incendiaires tirés depuis Gaza pendant l'été" dernier.

 

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Terroristes..

 

Cet aspect de la décision anglaise est significatif, singulièrement parce qu’il caractérise sans nuance les lanceurs de ces engins tels des terroristes recevant des instructions d’une organisation terroriste, et non comme des "manifestants" légitimes, comme le font certaines agences officielles de gouvernements européens.

 

La décision prise à Londres renforce encore la définition du terrorisme proposée par la Ména en 2002, statuant qu’est "terroriste tout individu armé s’attaquant systémiquement à des civils", et toute organisation à laquelle cet individu est affilié et/ou pour laquelle il commet ces actes.

 

Cette définition s’appliquant sans considération pour la justesse éventuelle d’une cause, et sans relation relativement à la nationalité ou l’affirmation religieuse desdits individus et organisations.

 

La Secrétaire d’Etat [ministre de] à l’Intérieur, Madame Priti Patel, qui était la cheville ouvrière de cette décision importante, a déclaré : "Le Hamas est une organisation qui appelle à la création d'un Etat palestinien islamique en vertu de la charia et a appelé à plusieurs reprises à la destruction d'Israël. Il a longtemps été impliqué dans d'importantes violences terroristes", et aussi, "Cette action [la décision du gouvernement] soutiendra les efforts visant à protéger le public britannique et la communauté internationale dans la lutte mondiale contre le terrorisme".

 

Madame Patel a raison de considérer cette prise de position dans son cadre éminemment politique. C’est notamment un acte fort et courageux face à l’islam radical, dont les très nombreux partisans en Grande-Bretagne s’efforcent de s’approprier l’espace public, particulièrement en multipliant les manifestations de rues.

 

Dans la même veine, et le phénomène est également répandu en France, des sympathisants islamistes, avec beaucoup de jeunes parmi eux, ont tendance à s’identifier avec le Hamas et à le présenter tel un symbole unificateur de leur quête religieuse-identitaire.

 

Désormais, de l’autre côté de la Manche, cette démarche sera passible de prison. La décision d’hier affirmant, entre autres, la détermination de l’équipe de Boris Johnson d’imposer des limites à l’expression islamiste dans son pays. Lorsque l’on connaît la violence parfois affichée par ce courant et ses sympathisants dormants, on peut saluer la décision du gouvernement de Sa Majesté.

 

On peut aussi remarquer qu’elle a résisté aux considérations électoralistes.

 

Cette décision a également des répercussions à l’international. D’abord, parce qu’un Etat ou une entité tels l’Iran, le Qatar et la Turquie par exemple, qui ne font pas mystère de l’appui qu’ils fournissent au Hamas, se voient automatiquement marginaliser par le décret de Londres. Depuis hier, ces pays sont devenus les soutiens d’une formation terroriste et reconnue comme telle par un gouvernement souverain et modéré d’Europe occidentale.

 

Or toute entité soutenant une organisation terroriste appartient peu ou prou à la famille élargie du terrorisme.

 

A l’occasion des activités diplomatiques internationales, il n’existe aucun doute sur le fait que la décision britannique ternira l’image des mentors et des financiers du Hamas.

 

Et refroidira ceux qui étaient tentés d’apporter leur soutien au Califat de Gaza, y compris les ONG et les organisateurs des diverses flottilles "pour la paix" qui lui accordaient leur sympathie.

 

La décision – qui n’avait l’air de rien de prime abord – renforce pareillement les Etats arabes dans leur mouvement consistant à singulariser le Hamas en prenant leurs distances avec lui.

 

Cette dynamique va plus loin encore, car elle affaiblit en passant l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas. Cela, parce que si les modes opératoires entre le Fatah et le Hamas divergeaient depuis la disparition de Yasser Arafat, la plupart des finalités des deux organisations restaient similaires. Désormais, beaucoup de ces objectifs sont identifiés "terroristes".

 

Cela va entre autres choses encourager l’Autorité à abandonner une partie de son discours et à le policer. Au risque, si elle ne le fait pas, de perdre des amitiés importantes, beaucoup de gouvernements étant traditionnellement – ex-plus grand empire colonial du globe exige - influencés par les décisions des Anglais.

 

On note à Métula un effet plus prosaïque encore de l’initiative du cabinet de Boris Johnson : personne ne saurait forcer l’Etat hébreu à conclure un accord de paix avec une organisation terroriste et, partant, avec le territoire qu’elle gouverne.

 

Cela a des ramifications inattendues : l’Etat de Palestine, déjà resserré géographiquement, ne s’entend pas sans Gaza. Or le Hamas n’abandonnera pas son os dans la bande côtière de son propre gré, et personne ne veut se risquer à réoccuper l’enclave infernale gazaouie, surtout si c’est pour sauver de la noyade la "cause palestinienne". Cela repousse ainsi aux calendre grecques la création de plus en plus hypothétique d’un Etat de Palestine. Ce qui fait l’affaire non seulement des Israéliens mais de tous les Etats arabes de la région.

 

Il est vrai que le Hamas figurait déjà sur les listes des organisations terroristes de plusieurs autres Etats et unions d’Etats, à l’instar des USA, de l’Union Européenne, de la Jordanie et de l’Egypte.

 

Mais les Etats-Unis sont les alliés historiques d’Israël. Les pays arabes suivent leur propre agenda et ont leurs raisons propres de s’opposer au Hamas. Les autres Etats que je n’ai pas mentionnés ne jouent pratiquement aucun rôle au Moyen-Orient. Et l’Union Européenne, malheureusement pour ses membres, n’est pas un Etat. Ce qui fait que son classement du Hamas porte largement moins à conséquence que celui de Londres, laissant chaque pays de l’Union appliquer à sa façon les décisions de Bruxelles. Cela fait par exemple longtemps que Paris et ses media ne considèrent pas le Hamas tel une organisation terroriste ; la France possède même une représentation à Gaza avec un diplomate permanent. Une rareté.

 

La dernière conséquence de la décision britannique qui me vienne à l’esprit est qu’elle sonne le glas d’une éventuelle alliance entre la Fatah et le Hamas, rien de moins !

 

Car une Autorité Palestinienne dirigée par un gouvernement commun entre les deux organisations en ferait une organisation terroriste de facto.

 

C’est un risque que Mahmoud Abbas ne peut pas se permettre de prendre ; lui, son mouvement et sa cause sont déjà marginalisés pars les accords d’Abraham et la lame de fond qu’ils génèrent au niveau des relations entre les Arabes et Israël. On ne compte plus les contrats et les accords que l’on signe. Cette semaine, ce sont Rabat et Jérusalem qui ont paraphé un traité militaire, qui fait objectivement d’eux non plus des amis mais carrément des alliés stratégiques.

 

Dans ces conditions, un gouvernement Hamas-Fatah ferait office de dernier clou dans le cercueil de la cause palestinienne. Les autres étant déjà bien enfoncés.

 

Autre bonne nouvelle dans le même registre, l’Australie a effacé mercredi dernier la distinction qu’elle faisait jusqu’à maintenant entre la branche politique et la branche armée du Hezbollah libanais.

 

La ministre australienne de l’Intérieur, Karen Andrews, a déclaré à cette occasion que "le puissant mouvement chiite continue de menacer d’attentats terroristes et de soutenir les organisations terroristes et constitue une menace réelle et crédible pour l’Australie.

 

L’appartenance à l’organisation ou son financement seront désormais interdits en Australie, qui connaît également un important problème avec sa population immigrée originaire des pays arabes. Dont une part non négligeable verse dans l’islamisme et s’oppose fréquemment, parfois très violemment, aux forces de l’ordre.

 

La décision de Canberra s’explique principalement par la volonté du gouvernement d’imposer des limites à sa population islamisante, le Hezbollah jouant le même rôle symbolique que le Hamas au sein de ces communautés.

 

La France est à la traîne dans ce dossier aussi. Elle, qui compose avec une frontière illusoire entre les deux ailes de la milice chiite – armée et politique – qui n’en font qu’une en réalité ; les chefs de la branche "civile", à l’instar de son secrétaire général Hassan Nasrallah, étant également ceux de sa branche armée.

 

M. Emmanuel Macron n’hésite pas à rencontrer publiquement les chefs du Hezb lors de ses passages à Beyrouth, tant bien même cette milice est la supplétive de l’Armée iranienne, qu’elle dirige le Liban dans les faits en ayant un recours constant à la violence, au chantage à la guerre civile et à la menace.

 

Quant à l’AFP, l’agence de presse officielle de l’Etat français, elle critique implicitement la décision australienne. Dans l’une de ses dépêches, l’AFP accuse indirectement Canberra, par sa décision sans fondement [sans raison], d’attiser la crise économique :

 

"Aucune raison n’a été donnée pour expliquer cette décision, prise au moment où le Liban est plongé dans une profonde crise économique et politique. Les Libanais, dont près de 80 % vivent sous le seuil de pauvreté, se battent pour survivre avec des revenus limités, des coupures d’électricité sans fin, des pénuries diverses, dont de carburant, et une très forte inflation".

 

Ce, contrairement à l’avis de 75 % des Libanais cependant, qui voient dans le Hezbollah l’unique responsable de la crise économique noire dans laquelle ils sont plongés.

 

L’agence officielle d’information tricolore consacre même l’entièreté d’une autre dépêche "Le Hezbollah dénonce la décision de l'Australie de le classer "terroriste"" à présenter les doléances de la milice terroriste face à la décision australienne.

 

Mais à part le Hamas, le Hezbollah, l’AFP et l’Iran, tout le monde se réjouit des décisions mûrement pensées de Londres et de Canberra, qui réimposent la différenciation qui existe naturellement entre les personnes fréquentables et les terroristes.

 

Ci-après, je prends l’initiative, afin que chacun puisse librement se forger une opinion, de publier les réactions (non triées) des lecteurs du quotidien libanais francophone L’Orient-le-Jour à l’annonce de la décision du gouvernement australien :

 

"Cette organisation terroriste dénonce toutes les condamnations concernant ses actes de terreurs dans le monde en taxant les pays qui la condamnent de soumis au diktat américain. Ne pas oublier que la soumission au diktat d’un autre pays que le sien leur est exclusivement réservée et ils ont label exclusif désormais, qu’ils ne souhaitent céder à personne d’autre. Traîtres et fiers de l’être, ils le revendiquent à tout bout de champs et interdisent quiconque d’usurper leur identité de soumis au diktat qui est devenu leur symbole dont ils sont fiers".

[Sissi Zayyat]

 

La France et l'Union Européenne devraient suivre l'exemple de l'Allemagne et en faire de même

[Tabet Ibrahim]

 

A quand la france mR Macron ? Vos calculs sont faux (sic)

[Robert Moumdjian]

 

Ah bon ? Je croyais qu’ils étaient des enfants de chœur et distribuaient des bonbons à Noël. Mince, on ne m’a rien expliqué, comme d’habitude… lol …

[radiosatellite.online]

 

Bah oui... Ceux qui tabassent les familles pacifiques manifestant... Ceux qui leur brulent les tentes... Ceux qui les frappent avec des barres de fer et des battes en bois... Ceux qui sèment LA TERREUR.... On les appelle quoi au fait ?? Eh oui... Des TERRORISTES.... Rien que

[SPECIALE RUBRIQUE+NO CENSURE=REABONNEMENT+SOUTIEN.]

 

PLUSIEURS PAYS SAVENT ET CONFIRMENT QUE LE HEZBOLLAH EST UNE ORGANISATION TERRORISTE NOTAMMENT L'ALLEMAGNE, LES ÉTATS UNIS, L'AUSTRALIE. MAIS LA FRANCE LE SAIT AUSSI, MAIS LE CHOISIT COMME UN PARTENAIRE ET COLLABORE AVEC NOUS FORME LE GOUVERNEMENT ACTUEL. TOUT ÇA POUR AIDER LES LIBANAIS À QUITTER DÉFINITIVEMENT LEUR PAYS. MERCI

[Gebran Eid]

 

 
By YinonSys