Israël : l’Amérique est de retour (info # 011202/17) Version imprimable
lundi, 13 février 2017

 

Par Guy Millière

 

La presse européenne a accueilli avec une forme de soulagement et d’espoir le fait que l’ambassade des Etats-Unis en Israël ne serait pas transférée immédiatement à Jérusalem. Elle y a vu un renoncement de l’Administration Trump.

 

La presse européenne découvrira dans les semaines et les mois à venir qu’il n’y a aucun renoncement. David Friedman sera l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, et c’est à Jérusalem qu’il le sera. Il considérera, comme Donald Trump, que Jérusalem est la capitale d’Israël. L’ambassade des Etats-Unis sera transférée à Jérusalem en concertation avec le gouvernement d’Israël, qui est et sera consulté sur le sujet. Trump n’est pas en quoi que ce soit un homme qui renonce.

 

De la même façon, la presse européenne a cru voir dans un récent communiqué de la Maison Blanche une volonté de l’Administration Trump de réprouver les constructions israéliennes en Judée-Samarie.

 

La presse européenne devrait relire d’urgence le communiqué. Celui-ci conseille à Israël de ne pas construire dans l’immédiat de nouveaux villages juifs en Judée-Samarie, mais y entérine sans le moindre problème l’expansion des villes et villages juifs existants. Cela n’est pas une réprobation mais un conseil sur un point et un feu vert essentiel sur un autre. Sean Spicer, porte-parole de la Maison Blanche, a d’ailleurs été très explicite à ce propos. Je cite : “Nous ne considérons pas que l’existence d’implantations constitue un obstacle à la paix”.

 

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C’est enfin fini

 

Si les journalistes européens consultaient leurs amis au sein de l’Autorité Palestinienne, ils discerneraient aisément qu’à Ramallah le communiqué a été lu et compris. Et ils percevraient aussi que chez Mahmoud Abbas et dans son entourage, c’est l’angoisse qui prédomine.

 

Pas un seul membre de l’Administration Trump n’a pris contact avec l’Autorité Palestinienne depuis le 20 janvier, et quand des membres de l’AP ont tenté de contacter la Maison Blanche, personne ne leur a répondu. Un certain Majed Faraj s’être rendu à Washington très récemment, mais il n’a rencontré que quelques subalternes.

 

L’explication de l’angoisse de l’Autorité Palestinienne est très simple en réalité. Elle tient dans le discours que Donald Trump a prononcé devant l’assemblée annuelle de l’AIPAC le 21 mars dernier.

 

Trump y déclarait notamment : “Dans la société palestinienne, les héros sont ceux qui assassinent les Juifs. Nous ne pouvons laisser cela continuer. Nous ne pouvons pas laisser cela arriver plus longtemps”.

 

Il ajoutait dans la foulée : “Dans les manuels scolaires et dans les mosquées palestiniennes, il existe une culture de la haine qui est implantée là depuis trop d’années. Et si l’on veut parvenir à la paix, cela doit cesser... Il faut mettre fin à l'enseignement de la haine. II faut y mettre fin dès maintenant”.

 

Ce sont des paroles claires. Donald Trump entend traiter l’Autorité Palestinienne comme ce qu’elle est : une entité infréquentable parce qu’incitant au meurtre et à la haine.

 

Il ajoutait encore : “Il n'y a pas d'équivalence morale. Israël ne donne pas aux places publiques le nom de terroristes. Israël ne paie pas ses enfants pour poignarder des Palestiniens pris au hasard”.

 

Donald Trump ne placera pas sur le même plan une société démocratique respectueuse du droit et une entité terroriste, et il ne considérera pas qu’il y a une équivalence morale entre l’une et l’autre, non.

 

Trump promettait : “Lorsque je serai Président, j’enverrai un signal clair montrant qu'il n'y a pas de mésentente entre nous, l'Amérique, et notre allié le plus fiable : l'Etat d'Israël”.

 

Il est président et les signaux qu’il envoie sont clairs.

 

La plateforme du Parti Républicain adoptée quelques mois plus tard s’inscrivait dans la continuation ; elle ne mentionnait pas l’Autorité Palestinienne et ne comportait aucune allusion au “processus de paix” et à la “solution à deux Etats”.

 

Les journalistes européens vont devoir s’adapter. Comme le dit une vieille expression américaine, il y a un nouveau shérif en ville. Le nouveau shérif sait faire la différence entre les criminels et les victimes de crimes, et entre une société de droit et une entité terroriste.

 

Il n’entend pas parler avec l’entité terroriste. Il n’entend pas considérer les Juifs comme des intrus en Judée-Samarie. Il sait que la capitale d’Israël est Jérusalem.

 

Il recevra Binyamin Netanyahu cette semaine avec les honneurs qui lui sont dus.

 

Il a fait envoyer par son Conseiller National de Sécurité, Michael Flynn, ces jours derniers, un message très ferme à la République Islamique d’Iran en forme d’une ligne rouge que le régime des mollahs aura tout intérêt à ne pas franchir.

 

Il n’y aura rien d’étonnant si, dans les quatre années à venir, l’Autorité Palestinienne se voit proposer, au mieux, un statut d’autonomie très surveillée qu’il lui sera très difficile de refuser, sauf si elle veut pleinement appartenir au passé et si Mahmoud Abbas choisit de finir sa vie ailleurs qu’en Judée-Samarie.

 

Il n’y aura rien d’étonnant non plus si le régime des mollahs, dans la même période, se trouvera confronté à de très profondes difficultés, voire à bien davantage.

 

C’est, au-delà d’Israël, une recomposition de toute la région qui prend forme, et Israël retrouve sa place, légitime, d’allié essentiel des Etats-Unis au Proche-Orient.

 

Comme le disait Ronald Reagan en 1984, America is back, l’Amérique est de retour. La page sur laquelle se sont écrites les années Obama sera bientôt tournée, et la nouvelle page sera très différente.

 

Ceux qui n’ont pas pris Donald Trump au sérieux il y a dix-huit mois se sont lourdement trompés. Ceux qui ne le prennent pas au sérieux aujourd’hui se trompent bien davantage encore.

 

Les entraves que gauchistes et Démocrates américains ne cessent de mettre sur le chemin de Donald Trump montrent qu’ils sont inquiets. Dès lors que gauchistes et Démocrates américains sont résolument “propalestiniens”, leur inquiétude est logique, tout autant que l’angoisse de l’Autorité Palestinienne.