Israël refrappe un objectif iranien à proximité du palais de Bashar al Assad (info # 010702/18) Version imprimable
mercredi, 07 février 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula 12h15, mercredi, 11h15 à Paris

 

Plus tôt ce mercredi matin, le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, a à nouveau frappé le mal nommé "Centre de Recherche et d’Information de Jamraya", situé à 6km au nord-ouest de Damas, à proximité de la banlieue de Qudssaya. Le centre en question se trouve par ailleurs à moins de 5km du palais présidentiel de Bashar al Assad [en noir sur la carte], et à 68km au nord-est de Métula.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base Google Earth Pro

 

Le Centre de Jamraya [ou Jomraya et aussi Joumraya] avait déjà fait l’objet par le passé de deux raids du Khe’l Avir, le dernier, il y a de cela deux mois. Selon des agences de Renseignement occidentales, il abrite des unités de développement, de fabrication et de stockage de missiles, de roquettes et d’armes non-conventionnelles, à l’instar de gaz de combat.

 

Outre des Syriens, du personnel et des Gardiens de la Révolution iraniens, de même que des miliciens libanais du Hezbollah participent aux activités et à la protection de cette plateforme.

 

Les images satellites récentes ont montré qu’à la suite de la destruction quasi-totale des infrastructures de Jamraya lors du raid du 4 décembre dernier,  l’ennemi, probablement des Perses, avait commencé à édifier de nouvelles constructions.

 

Le haut commandement des Forces armées syriennes a officiellement admis qu’un raid israélien s’était déroulé ce mercredi matin "contre des positions militaires syriennes à proximité de Damas".

 

Le communiqué en question affirme que "les défenses [anti] aériennes de l’Armée ont intercepté les missiles et détruit la plupart d’entre eux".

 

Une déclaration très douteuse, et ce, pour deux raisons : la première étant que Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, a déjà eu le temps de questionner deux témoins oculaires de l’attaque – l’un d’eux vivant dans le quartier d’al Fardous (le paradis) dans le bourg de Jamraya, à moins de 200m de l’installation militaire -, qui lui ont rapporté qu’après l’explosion des missiles israéliens, il ne reste pratiquement rien de la base de Jamraya.

 

La seconde raison étant que l’Armée syrienne ne dispose d’aucun moyen militaire possédant la capacité d’intercepter en vol des missiles des types utilisés par les Israéliens.

 

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Le complexe de Jamraya avant les deux dernières attaques

Source Google Earth Pro

 

Il existe bien deux systèmes antimissiles performants S-400 installés sur le sol syrien, avec lesquels il serait loisible de tenter d’abattre des missiles air-sol. L’un est déployé autour de l’aéroport militaire d’Humaymim, à côté de Lattaquié, l’autre, depuis le milieu de l’été dernier, à 13km au nord-ouest de Masyaf, dans le gouvernorat de Hama.

 

Mais les deux systèmes sont russes et opérés par des soldats russes, sans interférence syrienne. Lors, après la réunion de Messieurs Poutine et Netanyahu à Moscou il y a à peine plus d’une semaine, pour parler précisément du danger d’enracinement iranien en Syrie, il est plus qu’improbable que l’Armée russe ait tiré sur des objectifs israéliens.

 

Un réseau sophistiqué de communications a été établi entre Tsahal et le contingent de Poutine en Syrie afin, précisément, d’éviter des incidents entre les deux aviations. Si les hommes du Kremlin tiraient sur des appareils frappés de l’étoile de David ou sur leurs projectiles, la coordination en question risquerait évidemment d’être interrompue, ce qui n’est pas du tout dans l’intérêt actuel du Tsarévitch.

 

D’autre part, des experts en armement, à l’instar de Jean Tsadik, doutent que, dans leur configuration en Syrie les S-400 soient capables d’intercepter des missiles largués par des chasseurs-bombardiers israéliens sur la région de Damas. Premièrement, ce n’est pas pour ce genre de mission qu’ils ont été programmés, et deuxièmement, la plupart des experts ont acquis la conviction absolue que les Israéliens ont développé et mis en œuvre les contremesures nécessaires à neutraliser le système S-400.

 

Le communiqué de l’Armée syrienne affirme aussi que les missiles ont été tirés à partir d’appareils survolant le territoire libanais. Cette assertion est pour sa part plausible ; des missiles de ce genre, dont la précision consiste en un point d’impact à moins de 30cm de l’objectif visé à 100km de distance, auraient aussi bien pu être largués depuis des avions survolant le Golan ou même à partir de batteries au sol sur le plateau septentrional, mais le ciel libanais offre des avantages de risque-proximité-topographie-surprise intéressants pour un raid de ce type.

 

Ceci mis à part, la rédaction de Métula signale depuis quelques jours une très intense activité du Khe’l Avir au-dessus de ses bâtiments (y compris au moment de mettre cet article en ligne). Au point que les analystes de l’agence seraient surpris qu’il n’y ait pas eu d’autres frappes que personne, ceux qui les ont assénées comme ceux qui les ont subies, n’a intérêt à révéler.

 

A noter enfin que M. Binyamin Netanyahu a procédé hier (mardi) à une visite des positions de Tsahal sur la frontière avec la Syrie dans le Golan. Il a déclaré à cette occasion : "Israël recherche la paix mais elle est prête à tous les scénarios, et je ne suggère à personne de nous mettre à l’épreuve".