L’anti-israélisme européen commence à refluer (info # 012110/18) Version imprimable
dimanche, 21 octobre 2018

 

Par Guy Millière

 

Des enquêtes menées en Europe par le ministère israélien des Affaires Etrangères ont montré un reflux de l’hostilité à l’encontre d’Israël au sein des populations. Le reflux est certes léger : les sentiments anti-israéliens sont tombés en un an de un pour cent, et sont passés de trente pour cent à vingt-neuf pour cent. Les sentiments pro-israéliens se sont quant à eux accrus de manière plus nette passant, dans le même laps de temps, de trente-huit à quarante-trois pour cent.

 

Ces chiffres peuvent sembler accablants malgré tout : que près de trente pour cent des Européens soient hostiles à une démocratie pluraliste exemplaire et que seulement un peu plus de quarante pour cent aient de la sympathie pour la même démocratie pluraliste exemplaire est en soi consternant.

 

Les enquêtes, de surcroit, ne prenaient pas en compte la “question palestinienne”. Si cela avait été le cas, les chiffres auraient sans doute été plus négatifs encore.

 

On peut néanmoins voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Malgré la désinformation, le parti pris anti-israélien constant des grands media dans toute l’Europe, malgré les positions assez nettement (et parfois très nettement) anti-israéliennes des principaux dirigeants politiques de l’UE, malgré une population musulmane en nombre croissant dans toute l’Europe occidentale et l’action d’organisations propalestiniennes souvent subventionnées par les gouvernements, la population ne glisse pas vers un anti-israélisme de plus en plus accentué.

 

Ceux qui ont analysé les enquêtes voient là le résultat du travail d’explication des dirigeants israéliens et l’importance croissante prise par les réseaux sociaux et les media alternatifs dans l’information des populations. Celles-ci sont dès lors un peu plus immunisées contre ce que diffusent les grands media et contre ce que disent les dirigeants politiques. Je pense que ces constats sont pertinents : les dirigeants israéliens, et au premier chef Binyamin Netanyahou, font un travail d’explication remarquable, et les réseaux sociaux et media alternatifs permettent à ces informations de ne pas se trouver occultées ou censurées dans l’œuf par les grandes plateformes médiatiques.

 

J’entrevois, pour ce qui me concerne, une cause supplémentaire à ces esquisses de rééquilibrage : une part croissante des populations européennes discerne que les grands media et les principaux dirigeants politiques du Vieux continent se placent au service d’un projet d’abolition des identités culturelles européennes et de la démocratie, ainsi que d’une islamisation graduelle de l’Europe, et ressent un malaise face à ces choix, qui la conduit peu à peu vers une révolte.

 

Cette part croissante des populations européennes se tourne vers des dirigeants que la presse mainstream et les principaux dirigeants politiques européens qualifient dédaigneusement de “populistes” parce qu’ils sont à l’écoute de la révolte.

 

Cette part croissante des populations européennes constate que les dirigeants “populistes” ne se trompent pas d’adversaires et sont de plus en plus souvent pro-israéliens, parce qu’ils perçoivent qu’Israël est un Etat nation qui affirme et préserve son identité et ses institutions démocratiques et combat les forces islamiques qui l’agressent. Cette partie de la population européenne perçoit Israël de la même manière que les tribuns populistes, ce qui la rend elle-même pro-israélienne.

 

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Une nouvelle race de magasins ?

 

Ce qui se passe en Europe sur ce plan doit être observé de près. C’est une mutation profonde qui a trouvé son catalyseur dans l’irruption de Donald Trump sur la scène politique américaine et dans l’accession de celui-ci à la présidence. La gauche américaine est imprégnée d’éléments similaires à ceux que portent les grands media d’Europe et ses principaux politiciens et a fait glisser les Etats Unis dans une direction semblable à celle vers laquelle l’Union Européenne est en train de migrer. Elle a suscité la même révolte.


Donald Trump incarne une défense de l’identité culturelle américaine, de la démocratie américaine et le refus de l’islamisation. Il voit en Israël un Etat nation qui affirme et préserve son identité et ses institutions démocratiques et qui se bat face aux forces islamiques. Il est, je l’ai déjà dit, le plus grand ami qu’Israël ait eu à la Maison Blanche. Il est lui aussi traité en Europe de “populiste”.

 

Les plus grands amis d’Israël en Europe pourraient bien être ceux que les principaux supports d’information et les principaux dirigeants politiques de l’Union Européenne traitent de “populistes”.

 

Ce n’est donc sans doute pas un hasard s’ils traitent également Binyamin Netanyahou de “populiste”.