La France de l’indécence (info # 011308/15) Version imprimable
jeudi, 13 août 2015

 

Par Stéphane Juffa

 

Cette journée de détente de Tel-Aviv sur Seine, qui se voulait festive, est rapidement devenue un sujet d’affrontement politique.

 

500 policiers sont mobilisés ce jeudi afin de protéger les "baigneurs", et c’est encore sans compter le personnel des divers services de renseignement, eux aussi sur le pied de guerre.

 

L’idée de faire bronzette sur le sable chaud, entouré par un cordon de CRS sur les dents est cocasse en soi. Il est d’ores et déjà évident que le fait de se mettre en maillot de bain sur les quais procède d’un acte risqué de solidarité avec l’Etat d’Israël et d’une certaine idée des relations amicales désormais révolues qui prévalaient, il y a quelques décennies, entre les deux pays.

 

Ceux qui s’opposent à l’évènement, tant au sein des formations politiques que sur les réseaux sociaux, sont-ils antisémites ? A première vue, on est tenté de répondre par la négative ; mais en écoutant les propos de Mme Danielle Simonnet, la représentante du Parti de Gauche à la mairie, ou d’Alexis Bachelay, député socialiste des Hauts-de-Seine (élu grâce au désistement du Front de Gauche au second tour), on trouve des arguments certes construits, mais d’une violence rhétorique inouïe.

 

Lorsque l’on consulte les commentaires de la majorité des internautes français sur les media électroniques, le doute n’est plus guère permis. On est en présence d’un déferlement de haine, baignant jusqu’au cou dans les amalgames rebattus. A moins d’être impliqué dans la propagande anti-israélienne, on devra constater que la majorité des commentaires est assurément antisémite.

 

La mairie résiste, et la manifestation se déroule pour l’instant comme prévu. Mais les arguments fournis par Mme Hidalgo et ses amis pour justifier de leur choix sont également urticants : on invoque la différence qu’il existerait entre la ville de Tel-Aviv et ses options progressistes, notamment à l’égard de la communauté LGBT, et la politique "détestable" conduite par le gouvernement de droite, notamment dans les territoires. La maire décrit Tel-Aviv comme la "1ère ville d’opposition" d’Israël pour justifier de son invitation à Paris, voilà de quoi motiver les loueurs de chaises longues et les marchands de fallafels.

 

Cette distinction entre Tel-Aviv et le reste d’Israël est évidemment politique, autant qu’elle est artificielle et grotesque. Non pas que nous soyons tous à la Ména des partisans de M. Netanyahou et de son soutien au courant edenniste, mais ce qui frappe le plus, dans cette espèce de débat, outre ses débordements indiscutablement racistes, c’est l’absence d’une notion que le quai d’Orsay revendique 24 heures sur 24 et sept jours sur sept : le sens de la proportionnalité.

 

Les premiers à en souffrir ne sont pas les Israéliens, évidemment, eux qui ignorent pour la plupart que la plage de Tel-Aviv s’est transférée à Paris, mais les Juifs français. Il leur apparaît, une fois de plus et en une multitude d’exemples, qu’ils sont marginalisés dans la société dans laquelle ils vivent.

 

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La (vraie) plage de Tel-Aviv ou le choix de la coexistence

 

Tout ce qui les concerne est "a priori péjoratif", alors qu’aucun d’eux ne critique jamais la France, qu’ils n’ont jamais menacé ou massacré de journalistes, qu’ils ne désirent la mort de personne, pas même des charognards qui beuglent "Mort aux Juifs !" sur les boulevards, et qu’ils chantent la Marseillaise à pleins poumons, pendant que d’autres la sifflent.

 

En se gardant farouchement d’entrer à notre tour dans le jeu des amalgames, il faut bien constater que l’un des maux dont souffre l’Hexagone procède de l’expansion et de la radicalisation de ses musulmans, et qu’il n’y a, en revanche, pas de problème juif en France. Pas de problème pour la France, s’entend, mais un problème pour les Juifs.

 

La confrontation qui fait rage autour de Tel-Aviv sur Seine outrepasse largement la manifestation de ce jour ; il est clair, notamment, pour chaque Juif de Paris, qu’il assistera sans doute à la dernière tentative de la part des autorités de sa ville et de son pays de commémorer l’amitié - ou ce qu’il en reste - qui réunissait, en d’autres temps, la France et l’Etat d’Israël, Etat dont la plupart des Israélites de la planète partage les valeurs juives et démocratiques.

 

Qui donc, à l’avenir, prendra à nouveau le risque de mettre sur pied un évènement dans lequel l’Etat hébreu, sa culture, sa vie et tout ce qui s’y déroule ne sont pas présentés de façon négative ?

 

Quelle raison les autorités françaises auraient-elles de remettre l’ouvrage sur le métier, en s’exposant à la fois à des risques sécuritaires, à des manifestations de musulmans et de gauchistes enragés, et, plus prosaïquement encore, à celui de perdre des voix lors des prochaines consultations électorales ?

 

On va donc, et pour longtemps, ne plus assister en France qu’à des rassemblements appelant au boycott d’Israël, à forcer le soi-disant blocus de Gaza, à dénoncer la politique d’ "épuration raciale" voir d’ "apartheid", que les ennemis d’Israël et des Juifs attribuent aux Israéliens.

 

La perspective n’est pas engageante, certes, et elle poussera quelques milliers d’Israélites français supplémentaires à préparer, avec encore plus d’actualité, leur migration vers un pays dans lequel les Juifs ne sont pas montrés du doigt du matin au soir.

 

C’est dur de vivre et d’élever ses enfants dans une atmosphère ou l’on est traité en paria, alors que l’on n’a jamais tué des enfants dans une école musulmane, assassiné les clients d’une épicerie halal, sulfaté un caricaturiste, exécuté des militaires ou des policiers français, ni même brûlé le drapeau tricolore.

 

Les observateurs qui ne comprennent pas ce sentiment insupportable d’injustice, ne comprendront décidemment jamais rien des sentiments humains.

 

Restons dans la question de la proportionnalité, car elle est ici essentielle, au point de modifier les données fondamentales de la réflexion. De la faire passer cul par-dessus tête. Il y a treize jours, des terroristes juifs israéliens ont tué le petit Ali, âgé d’un an et demi, de même que son père, décédé des suites de ses blessures, en boutant le feu à leur maison, dans le village de Douma, à 25 km au sud-est de Naplouse.

 

Il n’y aura pas de "mais" ni de "si" dans les colonnes de la Ména pour relativiser cette tragédie. Des terroristes edennistes existent en Israël et ce sont des criminels. Ils ont déjà brûlé vif le jeune Mohammed Abou Kh’deir, en juillet de l’an dernier, à Jérusalem, et ce ne sont pas les seuls cas d’assassinats d’Arabes paisibles par des extrémistes juifs.

 

Ayant dit cela, et condamnant ces actes de la plus absolue des façons, en demandant la punition maximale prévue par la loi pour leurs auteurs, assortie de l’incompressibilité des peines, il me faut également écrire – les media tricolores le faisant si mal – que les actes des terroristes juifs ayant entraîné des blessures ou la mort, ne représentent pas un demi pour cent des actes de même nature commis ces dix dernières années par des terroristes arabes. Ceux-ci comptent des attaques à l’arme blanche, des agressions à la pelle mécanique, à la voiture écrasante, la pose de bombes dans des restaurants, dans des véhicules de transport en commun, des abribus et des hôtels, des jets de cocktails Molotov sur des automobiles déplaçant des Israéliens, des tentatives de lapidation, des attaques à l’arme automatique contre des implantations, des meurtres d’autostoppeurs, des kidnappings suivis d’exécutions capitales et des attaques à l’arme à feu contre des fidèles en prière dans une synagogue.

 

Je pose une question simple : face à autant de violence, quelle population n’aurait pas réagi en produisant son propre terrorisme ? Dans quel pays, une frange plus ou moins importante de la société civile n’aurait pas sombré dans la violence extrême en réponse à la violence extrême ?

 

Il existe une réponse à cette interrogation et elle s’articule en pleine connaissance de l’histoire : il n’est jamais advenu qu’une population subissant une agression terroriste systémique et constante n’ait pas engendré ses propres terroristes. S’attendre à voir Israël faire exception à cet axiome ou se sur-émouvoir de l’émergence d’un terrorisme juif constitue également un traceur d’antisémitisme par décontextation de sa réflexion.

 

Encore qu’en Israël, le terrorisme juif soit pour l’instant réduit à une centaine d’individus organisés, soutenus par cinq à sept mille militants edennistes et deux cents à trois cent-mille sympathisants non violents, appartenant, pour la plupart, à une branche extrême du judaïsme halakhique. Sur une population de huit millions et demi d’Israéliens, on ne se situe pas dans l’anecdote, mais toute tentation de réduire l’Etat hébreu aux thèses de cette archi-minorité n’est pas sérieuse et refoule effectivement d’une tendance alarmante.      

 

Lorsque l’on met ces chiffres en perspective des quelques quarante pour cent de Français qui se revendiquent ouvertement antisémites, cela remet le principe de la proportionnalité à sa place.

 

Et sans prendre la défense de Binyamin Netanyahu pour la politique duquel je n’éprouve aucune sympathie, Israël est un Etat démocratique, qui n’a, sur ce point non plus, aucune leçon à recevoir de la France. Netanyahu a obtenu la majorité des suffrages lors des dernières élections et est parvenu à former une coalition gouvernementale. Une coalition reposant sur un seul siège d’avantage fragile sur l’opposition –, mais une coalition tout de même, qu’il convient d’accepter dans un système qui permet l’alternance.

 

Les Français, à cause de la déformation haineuse que leurs media font d’Israël et de l’indolence coupable de leurs pouvoirs publics, ont de l’Etat hébreu une image caricaturale, à mille lieues de la réalité. On les a convaincus, à force de contrevérités à répétition, qu’il existait jadis un pays (ou une entité étatique) appelé Palestine, que les Israélien ont conquis, en 1967, à l’occasion de la Guerre des Six Jours dans le but d’élargir leur pays.

 

Cette description confine à l’analphabétisme historique. Il n’est besoin que de lire l’un des nombreux discours1 du Général Gamal Abdel Nasser mentionnant Israël – plus de 1 500 entre 1952 et 1970 -, d’avant l’éclatement de ce conflit, pour s’apercevoir de la supercherie. 

 

L’extrait de l’allocution du chef incontesté de la nation arabe à l’époque, prononcée à la radio nationale égyptienne le 16 mai 1967, soit quelques jours avant le déclenchement de la guerre, suffit à témoigner de la falsification de l’histoire. Dans cette harangue intitulée "Détruire Israël", Nasser déclare : "L’existence d’Israël a trop duré. (…) Nous accueillons la bataille que nous attendons depuis longtemps. (…) la bataille vient durant laquelle nous allons détruire Israël".

 

Or, le 16 mai 1967, tous les territoires désormais revendiqués par les propalestiniens les plus modérés (les autres œuvrant pour l’éradication pure et simple d’Israël et de ses habitants) pour y établir la Palestine se trouvent sous contrôle arabe, y compris la totalité de la Cisjordanie, qui, comme son nom l’indique, faisait partie de la Jordanie, à l’instar de la partie orientale de Jérusalem, du Mur des Lamentations, et la Bande de Gaza, qui était rattachée à l’Egypte. Israël, pour sa part, n’avait émis aucune prétention revendiquant ces territoires.

 

Le hic – et c’est un gros hic - est que les Arabes, alors que la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem leur appartenaient, n’avaient jamais envisagé d’y construire un Etat palestinien indépendant, leurs dirigeants désirant uniquement anéantir l’Etat hébreu et génocider ses habitants, comme l’annonçait explicitement M. Nasser.

 

Mais qui, dans la France d’aujourd’hui, parmi les internautes qui déchirent Israël sur la Toile, parmi les journalistes du Monde, qui propose au milieu d’un article2 une pétition pour annuler la "fête", d’entre les manifestants qui vont baver leur haine des Juifs sur les pavés de Paris, a connaissance ou conscience de la réalité ? Qui, même s’il la connaissait, en aurait cure et modifierait son point de vue ?

 

On ne peut pas attendre de réflexion de la part d’une masse aussi inculte que raciste, incapable, dans son écrasante majorité, de situer Gaza sur une carte de géographie.

 

Un détail de l’histoire ? Une péripétie annulée par des évènements ultérieurs ? Pas sûr. Les attaques, parfois justifiées, ayant trait à la politique de M. Netanyahu en Cisjordanie, pèseraient d’un poids quelconque si l’attitude des critiques, des media et des gouvernements avait été différente lorsque des gens comme Itzkhak Rabin, Shimon Pérès ou Ehud Barak dirigeaient l’exécutif israélien et cherchaient, au milieu des assassinats collectifs perpétrés par les terroristes palestiniens de Yasser Arafat contre leurs administrés, la voie de la paix de toutes leurs forces.

 

Rabin, que j’ai bien connu, et que tout le monde feint de regretter aujourd’hui, était au moins aussi isolé sur la scène internationale, et Israël autant agressée que l’est aujourd’hui Binyamin Netanyahu. Ici, ce n’est pas un problème d’ignorance de l’histoire, juste un manque de mémoire. Un problème de mémoire aggravé par une carence immunitaire face au proto-antisémitisme.

 

Les contempteurs d’Israël parlent maintenant de l’ "indécence" qu’il y aurait à fêter Tel-Aviv à Paris, à peine un an après les "massacres perpétrés par l’Etat d’Israël et son armée" à Gaza.

 

Indécence ? Vous parlez d’indécence ? C’est à croire que Netanyahu s’est réveillé un beau matin de 2014 en décidant d’éradiquer deux mille Palestiniens dans la bande côtière, ce qui correspondrait à la définition d’un massacre. C’est omettre les trois jeunes gens massacrés préalablement sur l’ordre de ceux qui gouvernent Gaza, ainsi que  les 4 500 roquettes qu’ils ont tirées sur les agglomérations israéliennes, y compris Tel-Aviv, Haïfa et Jérusalem, à l’exception de toute cible militaire.

 

Du terrorisme par excellence – des individus armés s’attaquant systématiquement à des civils – dans des proportions jamais égalées auparavant dans l’histoire de la guerre. Les authentiques experts internationaux parlent de la riposte la plus légitime de tous les temps. La plus proportionnée aussi, car si Tsahal avait effectivement déchaîné sa puissance de feu contre l’enclave palestinienne, le bilan des victimes serait à la mesure des conflits se déroulant dans les régions avoisinant Israël : 450 000 morts en Irak et en Syrie, dont au moins 17 000 Palestiniens, dont des milliers ont été affamés jusqu’à ce que mort s’ensuive. Deux millions et demi de blessés.

 

C’est cela, l’indécence, c’est dans cette accoutumance au deux poids deux mesures, toujours au détriment d’Israël, dans l’inaction des gouvernements, et dans le silence coupable face à ces désastres des Simonnet, des Bachelay et de leurs milliers d’amis politiques, que ce mot retrouverait un sens.

 

L’indécence, c’est fermer sa gueule lorsque Recep Erdogan décide, un beau matin, d’agresser les Kurdes qui respectaient strictement l’accord de cessez-le-feu qu’ils avaient conclu avec lui. C’est agresser le territoire autonome des Kurdes d’Irak pour y bombarder, sous les bravos de Mogherini et de Kerry, les bases du PKK, en débordant très intentionnellement sur les villages voisins pour y faire des milliers de victimes civiles.

 

C’est lorsqu’il déclare la guerre à l’Etat Islamique et à Al Qaeda dans une zone tampon qu’il a délimitée, et s’arrange avec eux pour qu’ils s’en retirent temporairement afin de pouvoir commettre une agression contre les Kurdes de Syrie, qui n’ont jamais tiré un seul coup de feu contre la Turquie en dépit de son soutien aux djihadistes.

 

Des analystes impartiaux qui n’ont, comme la Ména, que très rarement accès aux pages des quotidiens français, affirment, preuves irréfutables à l’appui, que DAESH n’existerait pas s’il ne bénéficiait pas du soutien d’Ankara.

 

L’indécence, encore, ce sont les centaines de chefs d’entreprises français actuellement à Téhéran, dans le sillage de Laurent Fabius, pour y négocier des contrats, passant en taxi à proximité des places publiques où l’on pend les homosexuels, les femmes adultères et les poètes réfractaires.

 

 

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Téhéran-beach

 

L’indécence, c’est abandonner 77 millions d’Iraniens à un régime théocratique maboule contre quelques poignées de dollars.

 

L’indécence, ce sont les votes de la France contre Israël au Conseil des Droits de l’Homme, où 90% des condamnations visent le seul Etat d’Israël.

 

L’indécence, c’est continuer de nier la participation active avérée de l’Armée française dans le génocide d’un million de Tutsis en quatre mois au Rwanda.

 

L’indécence, c’est qu’aucune publication tricolore main stream n’a reconnu la mise en scène de France 2 de l’ "assassinat de Mohamed Dura", 15 ans après les faits, alors que tous les confrères et tous les dirigeant politiques français admettent en privé que la Ména avait raison.

 

L’indécence, c’est l’absence de la moindre manifestation pour protester contre l’invasion militaire de la Crimée et de l’est de l’Ukraine par Poutine.

 

L’indécence, toujours, c’est la lâcheté des journalistes français, qui ont totalement cessé de critiquer l’islamisme et son prophète après le massacre de Charlie, se pliant à la loi du terrorisme et de la violence, comme un troupeau de chèvres dociles que l’on mène à l’abattoir.

 

L’antisémitisme c’est le produit de ces indécences, c’est déchaîner un tollé contre la vente de fallafels, une journée durant, sur les bords la Seine, en se nettoyant les semelles sur l’un des pays les plus décents de la planète, en fermant les yeux et la bouche sur les injustices et les massacres de plus en plus nombreux qui se répandent sur la Terre.

 

La somme de ces indécences donne lieu à une relation de cause à effet qui dépasse visiblement les capacités d’analyse de nos amis Français : ils ont tort de protester contre la radicalisation et la droitisation de l’opinion publique israélienne, parce qu’elle ne procède pas d’une cause, mais d’un effet, dans lequel ils ont une responsabilité prépondérante.

 

Car les Israéliens, qui ne sont pas aveugles et qui bénéficient de media autrement plus contrastés et ouverts que ceux de nos amis français, ont constaté le déséquilibre des indécences que j’effleure du dos de la cuillère dans les paragraphes précédents. Remarquant que, quoi qu’ils fassent et quel que soit le gouvernement qu’ils se choisissent, ils demeurent perpétuellement les cibles favorites de ces "amis", et distinguant, que cet antagonisme vire désormais à la haine débridée, qui commence à menacer leur survie par des boycotts et des embargos, c’est assez normalement qu’ils se recroquevillent autour des positions nationalistes voire populistes, religieuses ou identitaires, représentées par des partis des dernières coalitions Netanyahu.

 

C’est le contraire qui eût été surprenant. Comment devraient-ils réagir en voyant les milliers de businessmen occidentaux lécher les bottes des ayatollahs iraniens, alors que ces derniers réitèrent chaque semaine leur intention de génocider Israël et se dotent des moyens d’exécuter ce projet ?

 

En votant à gauche ? En cédant des positions qu’ils occupent pour se rendre encore plus vulnérables ? Foutaise.

 

La situation irrespirable qui prévaut actuellement en France découle directement du déséquilibre éditorial anti-israélien intentionnel et des contorsions sémantiques – colons, activistes, etc. – qui tapissent l’ensemble des media français depuis plus d’une vingtaine d’années. Aujourd’hui, l’indécence tient le haut du pavé et elle est devenue "normale". A force d’incitations à la haine de l’Etat hébreu, son image est effectivement déformée, et ce gauchissement entraîne l’altération de la vision des réalités nationale française et mondiale.

 

Les gouvernements français successifs sont complètement passés au travers des rapports qu’ils avaient eux-mêmes commandés touchant les sujets de l’antisémitisme et d’Israël – le rapport établi par le Docteur Jean-Christophe Rufin3, en 2005, à la demande de Villepin, et celui demandé par le 1er ministre Manuel Valls à Malek Boutih, rendu public en juin dernier.

 

 

 

Notes :  

 

1Recueil des principaux discours de Gamal Abdel Nasser en arabe

2Voir les réactions des internautes au bas de l’article  

3"Paroles de ministre. Le rapport Rufin : pour rien"

  

Ce sont des erreurs regrettables, car ces documents comportaient, outre des analyses documentées de la situation, des propositions courageuses de nature à infléchir les tendances suffocantes. Or tant que des décisions politiques rétablissant efficacement le traitement d’Israël dans les exigences de la vérité démontrable, du devoir de réserve, et du respect de la réalité sémantique n’auront pas été mises en œuvre dans la presse et au niveau des administrations, la situation des Juifs français et celle des relations entre Paris et Jérusalem continueront à se détériorer.

 

La pire des choses du point de vue français est que cette détérioration affecte et continuera d’affecter lourdement plusieurs de ses autres intérêts essentiels, notamment dans les domaines économique, de la sécurité, de la recherche, et de la canalisation de l’islamisme radical ainsi que de la délinquance sur son territoire.

 

Manuel Valls a dénoncé hier sur Twitter un "déferlement de bêtise", à propos des critiques visant Tel-Aviv sur Seine. C’est vrai et c’est bien. Mais un 1er ministre est un acteur et non un commentateur. Au lieu de donner son opinion, c’est son boulot de disqualifier l’indécence. C’est son boulot de sauver la France.