La Haute Cour ordonne l’élection d’un nouveau président permanent de la Knesset ce jeudi à midi Version imprimable
jeudi, 26 mars 2020

Nouvelle no.012603/20

 

Yuli Edelstein, le président sortant de la Knesset, a présenté mercredi matin sa démission dès l’ouverture de la séance plénière, qu’il a clôturée immédiatement après sa "communication extraordinaire". Il avait également convenu de la date de lundi prochain en vue d’une nouvelle réunion du Parlement. Mais ledit Parlement n’avait pas de président pour diriger la prochaine séance, aucune disposition légale ne précisant la marche à suivre en cas de démission d’un président sortant (issu d’une législation précédente).

 

De plus, Edelstein disposait légalement d’un délai de rétractation de 48h, à l’image de tous les députés et ministres en Israël. Ce délai devait se terminer vendredi matin et aucune initiative parlementaire ne pouvait théoriquement être prise avant cette échéance.

 

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La Présidente de la Cour Suprême, la juge Esther Hayut

et l’ex-Président de la Knesset, Yuli Edelstein

Source : Adina Wallman, porte-parole de la Knesset

 

En agissant de la sorte, Yuli Edelstein a contrevenu en toute connaissance de cause à l’injonction de la Haute Cour qui lui intimait de réunir le plenum pour procéder à l’élection de son remplaçant avant la fin de la journée de mercredi.

 

Edelstein a choisi au contraire d’adresser depuis le perchoir des critiques virulentes à l’encontre du tribunal, et comptait générer une crise institutionnelle procurant du temps et des arguments à Binyamin Netanyahu afin d’échapper à son procès, ou, à tout le moins, pour en reculer l’échéance.

 

Dans son discours de démission, Edelstein a notamment prétendu que "la décision de la Haute Cour sapait les fondements de la démocratie".

 

Des hauts responsables du Likoud et du cabinet intérimaire ont saisi l’occasion pour saluer l’acte de défiance d’Edelstein contre l’institution juridique, et ses attaques verbales contre la Haute Cour. Ces appels à l’insurrection ont enflammé la base fanatique des bibistes, invités à croire que la plus haute cour du pays agissait au nom d'un vaste complot de gauche visant à renverser Netanyahu. Les expressions de haine et de menaces de violence ont immédiatement fleuri sur les réseaux sociaux.

 

La Haute Cour, saisie par la Commission régulatoire de la Knesset récemment élue, a ordonné le transfert de l'autorité du président de la Knesset au vétéran de la chambre Amir Peretz, du parti travailliste, pour convoquer un plénum, ainsi que de démettre Yuli Edelstein de toute autorité. Le mandat décerné à Amir Peretz par le tribunal se limite à lui permettre de convoquer une séance plénière au cours de laquelle il sera procédé à l’élection d’un président permanent de la Knesset ce jeudi à la mi-journée. Le candidat le plus en vue à ce poste est le député Meïr Cohen de Kakhol-Lavan.

 

Dans sa décision, la Présidente de la Cour Suprême, la juge Esther Hayut, a stigmatisé Edelstein, affirmant qu'il avait commis "une violation sans précédent de l’Etat de droit". Hayut a vivement critiqué la décision d'Edelstein de verrouiller la session plénière contrairement à la décision du tribunal.

 

La décision, adoptée à l'unanimité par Esther Hayut et les juges Meltzer, Handel, Vogelman et Amit, a déterminé que le refus de Yuli Edelstein "affecte clairement le statut de la Knesset en tant qu'autorité indépendante, ainsi que le processus de transition gouvernementale".

 

La proposition de nommer Amir Peretz pour une seule session avait été suggérée à la Cour par le Conseiller juridique de la Knesset Eyal Ynon et affinée par le Conseiller juridique du gouvernement Avikhaï Mandelblit, qui représentait en l’occurrence "l'Etat de droit et l'intérêt public".

 

Quant à Yuli Edelstein, qui pouvait briguer la succession de Netanyahu à la tête du Likoud, ou même la présidence de l’Etat à la suite du Président Ruby Rivlin, sa carrière va probablement s’achever par l’acte d’infamie qu’il a commis hier.