La persécution des chrétiens (info # 010802/19) Version imprimable
vendredi, 08 février 2019

 

Par Raphaël Delpard

 

Les chrétiens constituent actuellement dans le monde la communauté la plus persécutée.

 

Les soulèvements populaires qui eurent lieu au Proche-Orient à compter de 2010 et que la presse européenne baptisa "Printemps arabes" furent un désastre pour les populations, qu’elles soient Arabes musulmanes ou Arabes chrétiennes.

 

L’effondrement de ces sociétés eut au moins le mérite, si l’on veut bien accepter l’expression, de mettre en lumière la situation des chrétiens. Et l’on put alors constater à quel point ces populations étaient - et le sont toujours - dans une situation d’extrême survie.

 

Les chrétiens d'Orient, habitant dans des pays à majorité musulmane, sont considérés par les Occidentaux comme des pièces rapportées. L’histoire ne s’est pas écrite de cette façon ; ce fut l’inverse qui a prévalu. Les coulées musulmanes conquérantes contraignirent les populations à l’adoption de la langue arabe, et il y eut des autochtones qui, pour survivre, se convertirent. Rappelons que les chrétiens d’Orient, qui sont évoqués ici, sont les peuples souches des pays que l’islam a envahis.

 

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En Iran : un régime que l’Union Européenne s’efforce de préserver

 

Si nous évoquons en permanence la situation des chrétiens d’Orient, ceci s’explique par la proximité culturelle et spirituelle qui nous lie avec les peuples d'origine. Les premiers évangélisateurs qui débarquèrent en Europe, et plus particulièrement en France, vers 132 après l’avènement du Christ, étaient des Grecs. C’est à cause de cela que les Européens, et parmi eux les Français, tournent plus volontiers leur regard dans la direction du Proche-Orient, oubliant le reste du monde. La France a été durant des années protectrice des chrétiens d’Orient.

 

On compte environ 2 milliards 200 millions de chrétiens sur la planète. Peut-être le chiffre est-il plus élevé. Il faut savoir que, par souci de sécurité, des chrétiens préfèrent de ne pas se déclarer en tant que tels.

 

On comptait, il y a dix ans, 50 pays où la persécution était visible et constante. Le recensement de 2019 accuse le chiffre de 73. L’augmentation est considérable. Les 23 Etats supplémentaires se tenaient auparavant devant le portillon. Constatons qu’ils l’ont franchi.

 

Au moment où vous lisez le texte, dites-vous que 245 millions de femmes, d’hommes et d’enfants dans le monde sont persécutées en raison de leur foi chrétienne. Ce qui est contraire à l’article 18 de la Charte universelle des droits de l’homme, initiée par Eléonore Roosevelt en 1948.

 

Revenons une année en arrière, et constatons qu’en 2017 et 2018, pour être le plus précis possible, les chrétiens persécutés s’élevaient à 215 millions. Voyez la différence en deux ans.

 

Si nous voulons évaluer l’ampleur du désastre au niveau européen, imaginons que les populations de France, d’Allemagne, d’Italie, de Belgique, d’Autriche et de Hollande seraient chaque jour en bute aux pires maltraitances : bastonnades, lapidations, tortures en tous genres, viols, emprisonnements, discriminations, assassinats. Sur simple dénonciation, chaque individu peut être à tout moment accusé de blasphème, comme ce fut le cas de cette chrétienne pakistanaise, Asia Bibi, qui fut emprisonnée durant neuf ans et condamnée à la pendaison pour avoir bu par mégarde un verre d’eau provenant d’un puits qui était réservé à des ouvrières musulmanes. En le faisant, elle avait blasphémé le prophète.

 

Pour nous résumer, 1 chrétien sur 9 dans le monde est persécuté :

 

1 chrétien sur 6 est fortement persécuté en Afrique.

1 chrétien sur 3 est fortement persécuté en Asie y compris au Moyen-Orient.

1 chrétien sur 21 est fortement persécuté en Amérique latine.

 

Arrêtons-nous un instant sur Cuba, tant choyé par la gauche européenne, qui occupe la 9ème place dans la liste des pays persécuteurs. Voici ce que nous en dit l’Index mondial de la persécution des chrétiens de 2019, éditée par l’ONG Portes Ouvertes :

 

Le contrôle totalitaire du régime sur les citoyens et leurs droits individuels n’a pas changé, notamment en ce qui concerne les activités de l’Eglise. Les chrétiens continuent d’être particulièrement vulnérables.

 

L’évocation de "persécution des chrétiens" ne livre pas ce que recouvre la réalité. De quelles persécutions les chrétiens sont-ils les victimes ?

 

Tracasseries administratives. Discrimination concernant l’attribution d’un emploi ou l’entrée dans une université. Discrimination dans l’administration. En Egypte, les Coptes ne peuvent pas postuler à un emploi dans une administration ou faire carrière dans l’Armée. Viol des femmes, enlèvement des adolescentes ensuite mariées de force à un musulman. Prison, violence. Eglises fermées ou incendiées.

 

Bientôt, il ne restera plus de chrétiens dans les pays persécuteurs. En Syrie, la guerre les a contraints à un exil forcé. Depuis les événements ils sont passés de 25% de la population à 2%.

 

Lors d’un procès, quel qu’en soit le motif, le chrétien en face d’un musulman ne sera jamais acquitté, mais de facto reconnu coupable.

 

La liste serait incomplète si n’y figurait pas l’extrémisme islamique.

 

Pourquoi, au XXIème siècle, tue-t-on des chrétiens ? La question nous entraîne sur le chemin cahoteux de la faillite des Etats, la disparition de la liberté religieuse, la découverte de la charia comme référence au sein des organisations internationales, à l’exemple de l’ONU et de la Cour européenne des droits de l'homme.


Comprenons qu’une éradication sournoise et violente est en marche. Si rien n’est fait pour endiguer le flot destructeur, plus tard, que restera-t-il des chrétiens et de la chrétienté en dehors des lieux sanctuarisés ? Si un tel malheur arrivait, pas un seul d’entre nous ne pourrait dire, en conscience, qu’il ne savait pas.