Le père de la bombe iranienne abattu ce vendredi à Téhéran [012711/20] Version imprimable
vendredi, 27 novembre 2020

 

Stéphane Juffa et Jules Mazouz ont participé à cette dépêche

 

Métula, vendredi, 17h45, 16h45 à Paris

 

Mohsen Fakhrizadeh-Mahabadi, le physicien considéré comme le père de la bombe atomique iranienne a été éliminé entre 14h30 et 14h45 ce vendredi, heure d’Israël, alors qu’il se trouvait à bord de sa voiture dans l’est de Téhéran.

 

Fakhrizadeh-Mahabadi possédait un grade d’officier au sein du corps des Gardiens de la Révolution islamique [fars. : Pasdaran] et était professeur de physique dans une université de la capitale perse.

 

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Fakhrizadeh-Mahabadi

 

Il était le chef du Projet 111, qui constitue, selon les pays occidentaux, le programme qui vise à doter l'Iran d'armes nucléaires. La victime était notamment en charge du développement de l’ogive de la future bombe atomique de la théocratie khomeyniste.

 

Elle supervisait également le programme de développement des missiles balistiques de la dictature chiite.

 

Fakhrizadeh se trouvait dans la banlieue d’Absard vers 16h locales (il y a 1h30 de différence entre l’heure de Téhéran et celle de Jérusalem), lorsque, selon les témoins, une explosion s’est produite, suivie d’un échange nourri d’armes automatiques entre les gardes du corps du physicien et les assaillants.

 

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La scène du guet-apens

 

Tous ont été emmenés à l’hôpital le plus proche, mais il n’a pas été possible de les ranimer. Quatre accompagnants de Fakhrizadeh ont trouvé la mort lors de l’attentat.

 

Le véhicule, comme on le voit sur l’image suivante, est criblé d’impacts de projectiles.

 

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L’état du véhicule

 

Absard regorge de villas réservées à l'élite du régime, avec vue sur le mont Damavand, le plus haut sommet du pays. Ce vendredi, dans le cadre du week-end iranien, les routes étaient plus vides que la normale en raison du confinement résultant de la pandémie de Coronavirus. Cette situation offrait aux assaillants de meilleures chances de réussite qu’à l’accoutumée.

 

Le gouvernement iranien attribue l’assassinat de Fakhrizadeh au Mossad, les media iraniens rappelant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait invité son auditoire, lors de l'une de ses conférences de presse, à "se souvenir du nom du scientifique".

 

Ce n’est pas la première fois que l’on attribue à l’Etat hébreu ainsi qu’à d’autres pays occidentaux l’élimination de savants iraniens liés au programme nucléaire militaire des ayatollahs.

 

Le commandement des Gardiens de la Révolution islamique a promis de venger la mort de l’atomicien.

 

Le ministre iranien des Affaires Etrangères, Mohammad Javad Zarif, a écrit sur son compte Twitter : "Il y a des signes clairs de l'implication israélienne dans la réalisation de cet acte lâche". Il a ensuite appelé la communauté internationale et l'Europe à "mettre un terme au double standard et à condamner l’assassinat".