Les pays d’Europe sont minés par l’attraction du suicide (info # 010912/18) Version imprimable
dimanche, 09 décembre 2018

 

Par Guy Millière

 

Hanoucca renvoie à une rébellion menée au nom du judaïsme. Juste avant les fêtes de Hanoucca (est-ce un hasard ?), une agression caractéristique s’est produite aux Nations Unies contre Israël et contre le judaïsme lui-même.

 

Six résolutions anti-israéliennes ont été votées coup sur coup en assemblée générale. Certaines étaient “propalestiniennes” et demandaient la création d’un “Etat palestinien” sur la base des “frontières” de 1967, qui, comme chacun devrait le savoir et comme ceux qui me lisent ici le savent, ne sont pas des frontières et n’ont jamais été autre chose que les lignes d’armistice de 1949. D’autres falsifiaient carrément l’histoire sur un mode négationniste, et niaient tout lien entre le judaïsme et le Mont du Temple.

 

L’une des résolutions niait la souveraineté d’Israël sur le Mont du Temple et demandait que cette souveraineté soit abolie (au nom de l’allégation mensongère selon laquelle Israël entraverait la liberté d’exercice des religions en “occupant” la vieille ville de Jérusalem). Ladite résolution a été adoptée par 148 voix pour, et seuls 11 pays ont voté contre. Une autre, plus globale, soutenant l’essentiel des positions “palestiniennes”, accusant Israël de tous les maux et destinée à financer un “programme spécial d’information sur la question de Palestine (qu’il vaudrait mieux appeler programme de désinformation) a reçu 152 voix, et les votes opposés au texte ont été moins nombreux encore : 8 seulement.

 

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La prochaine résolution sur l’agenda de l’ONU :

La Terre est plate et c’est Israël qui l’a aplatie. Les Européens envisagent de s’abstenir

 

Les textes des résolutions où il était question de Jérusalem n’utilisaient pas les mots “Mont du Temple”, mais l’expression islamique, al-Haram al-Sharif (noble sanctuaire), ce qui donnait à leur négationnisme une dimension claire et explicite de soumission à une vision islamique du monde.

 

Israël a, bien sûr, voté contre toutes les résolutions, mais la majorité écrasante représentée par les votes favorables à celles-ci montre que, outre une falsification négationniste de l’histoire, inadmissible en soi, la vision islamique du monde avance et se propage.

 

Le fait que les votes opposés aux résolutions soient si minoritaires est d’autant plus consternant que seuls trois pays occidentaux ont voté de la même façon qu’Israël et ont osé s’opposer au négationnisme et à la vision islamique du monde : les Etats-Unis, le Canada et l’Australie.

 

Les pays européens n’ont pas voté en faveur des résolutions mais se sont abstenus, optant pour une attitude lâche et servile qui signifie qu’ils ne veulent pas pleinement se rallier au négationnisme et à la vision islamique du monde, mais ne veulent pas non plus risquer le courroux islamique ; si l’on utilise le terme islamique adéquat, c’est une attitude de dhimmi.

 

Noa Furman, représentant permanent adjoint d’Israël aux Nations Unies, a souligné en commentaire que l’attitude des Européens montrait non seulement que ceux-ci adoptaient des attitude antijuives en acceptant de nier le judaïsme, mais adoptaient aussi, sans peut-être s’en rendre compte, une attitude antichrétienne. En effet, en votant comme ils l’ont fait, les Européens nient les fondements de leur propre civilisation, puisque les descriptions islamiques qui vont de pair avec l’appellation al-Haram al-Sharif donnée au Mont du Temple sont contraires à la description chrétienne de Jérusalem et incompatibles avec elle. Cela n’a rien changé à l’attitude européenne.

 

Les résolutions ainsi votées ne modifieront pas la réalité sur place. Jérusalem unifiée restera Jérusalem et ne cessera pas d’être la capitale d’Israël. L’histoire restera ce qu’elle est, et les Nations Unies resteront ce qu’elles sont : un lieu de propagande délétère où, comme le disait un ministre israélien des Affaires Etrangères il y a plusieurs décennies déjà, il serait possible de faire voter en assemblée générale un texte disant que la terre est plate et que c’est Israël qui l’a aplatie.

 

Mais les votes sur ces résolutions constituent une confirmation supplémentaire, après tant d’autres (doit-on évoquer les positions prises par les pays européens à l’UNESCO ou au Conseil des droits de l’homme ?), de ce que les pays d’Europe sont minés par l’attraction du suicide et sont prêts, s’il s’agit des Juifs et du judaïsme, et même s’il s’agit aussi du christianisme, à accepter la voix du plus fort, du plus menaçant, du plus intimidant. Ce renoncement à être ne peut que susciter la consternation et le dégoût.


Les votes sur ces résolutions confirment aussi le clivage qui sépare au sein du monde occidental les Etats-Unis et leurs plus proches alliés au sein de la sphère anglophone des pays d’Europe.

 

Les Etats-Unis sous Donald Trump ne cessent de montrer leur attachement aux valeurs occidentales et leur soutien aux Juifs et au judaïsme ; l’Australie adopte fondamentalement les mêmes positions, le Canada sous Justin Trudeau ne rompt pas avec ces positions, pour l’heure à tout le moins.

 

Les votes sur ces résolutions constituent enfin une confirmation, au-delà de la légitimité absolue de l’existence d’Israël, de l’importance de cette existence pour que le judaïsme ne soit plus jamais nié ou menacé dans un monde où négationnisme et menaces à l’encontre des Juifs et du judaïsme restent très présents, voire plus présents que jamais.