Les vœux des rédacteurs de la Ména pour 2020 (010101/20) Version imprimable
mardi, 31 décembre 2019

 

© Metula News Agency

 

Stéphane Juffa à Métula, rédacteur en chef et analyste stratégique

 

Israël est un pays fort et structuré. C’est ma constatation essentielle au vu de sa capacité à traverser l’une des plus violentes crises politiques de son histoire sans perturbations majeures.

 

En dépit de la mise en accusation de son Premier ministre et des agressions verbales de ce dernier visant les magistrats qui le mettent en cause, allant jusqu’à les accuser d’avoir fomenté un "coup d’Etat" contre sa personne, Israël continue de vivre d’une manière relativement sereine.

 

La magistrature, privée pourtant de procureur général par la volonté de Netanyahu et de ses séides, qui retardent sa nomination pour de sombres raisons personnelles, continue de fonctionner et elle est considérée avec raison à l’étranger comme l’une des plus indépendantes et équitables de la Planète.

 

La high-tech, principalement dans le domaine médical, est en train de développer des remèdes contre le cancer. Elle se place également à la pointe du progrès dans une multitude d’autres domaines.  Son chiffre d’affaires ne cesse d’augmenter au rythme de ses avancées, jonglant avec les dizaines de milliards d’euros. Les publications scientifiques internationales sont remplies d’articles relatant ses découvertes.

 

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L’Armée israélienne, sous le commandement remarquable du Général Aviv Kokhavi, gère indépendamment du tumulte politique la sécurité du pays. La plupart des opérations qu’elle lance chaque semaine pourraient figurer dans les livres d’histoire et être enseignées dans les écoles militaires. Nul doute qu’elles le seront. Tsahal a fait en sorte qu’aucun projectile n’a traversé notre frontière septentrionale en 2019 sans être instantanément abattu, et ceux qui les avaient lancés, tout comme ceux qui leur avaient ordonné de le faire, ne se trouvent plus parmi nous pour en parler.

 

On en viendrait presque à penser qu’Israël se porte mieux sans gouvernement opérationnel et sans parlement depuis un an qu’auparavant.

 

Les préoccupations pourtant ne manquent pas, à commencer par la situation de guerre larvée avec l’Iran et par le déficit qui se creuse à cause de l’inaction prolongée dans la gestion des finances publiques.

 

2019 a été une bonne cuvée pour la qualité des analyses et la précision des breaking news de la Ména. L’appareil est bien rôdé sans qu’aucun de ses rouages n’ait jamais sombré dans la routine ou l’autosatisfaction. Je me permets de saluer particulièrement les équipes qui passent leurs nuits à vous informer sur les activités militaires en Syrie et en Irak, mais surtout, et ce sont en partie les mêmes, ceux qui ont assuré la couverture du conflit entre la Turquie et les Kurdes, parfois au péril de leurs vies. La Ména a été reconnue à cette occasion par nombre de ses pairs comme ayant été le media d’information et d’analyse principal de cette guerre.

 

Je termine mes vœux par une pensée émue, suite à la disparition douloureuse de deux grands amis de notre agence, à quelques jours d’intervalle, durant l’année écoulée ; Roger Bismuth, l’humaniste et le visionnaire qui avait réalisé la synthèse impossible entre les mondes arabe et juif, et Maurice de Paillette, grand officier de terrain de l’Armée française, homme de culture, de partage et de tradition. Je les avais d’ailleurs fait se rencontrer et leurs discussions nocturnes me laisseront un souvenir inexhaustible.

 

Pendant que je rédigeais ces vœux, j’ai appris le décès du Professeur Haïm Vidal Sephiha, le 17 décembre dernier à Boulogne-Billancourt. Haïm était l’âme de la langue et de la culture judéo-espagnoles, qu’il avait ressuscitées et réhabilitées dans la réalité moderne. C’était un grand homme passionné auquel je consacrerai un article distinct dans les semaines à venir. Il avait plusieurs fois publié des textes dans les colonnes de la Ména qui nous avaient tous enthousiasmés, et qui avaient largement étendu nos connaissances sur notre propre histoire. Il suivait assidument nos articles depuis les premiers jours. Que son âme repose en paix dans le sommeil des Justes.  

 

Je salue également la mémoire des trois camarades qui nous ont quittés depuis la création de la Ména, Luc Rosenzweig, l’une des plus fines plumes qu’ait connu le journalisme français, Laurent Murawiec, l’un des plus éminents analystes stratégiques de notre époque, qui a influencé plusieurs gouvernements américains, dont celui de Donald Trump, et Gérard Huber, écrivain et psychanalyste français, auteur notamment du livre de la Ména sur la Controverse de Nétzarim.

 

A cette liste de disparus depuis notre création, il convient d’ajouter le Capitaine de la marine marchande Khananya Peretz et le Général Benny Peled, ancien commandant du Khe’l Avir, l’Armée de l’Air israélienne. Nous n’oublions aucun d’entre eux, ils nous inspirent quotidiennement dans notre travail. Parce que personne n’a acquis sa capacité de comprendre le monde sans l’aide de ceux qui nous ont précédés, et parce qu’il n’existe pas de chemin que l’on puisse emprunter qui n’ait été tracé par quelqu’un d’autre avant nous.

 

Tous ont été nos maîtres et nos amis, sans lesquels nous ne serions pas ceux que, modestement, nous sommes.

 

Sur cette note de mémoire, recueillie mais pas triste, je vous souhaite à tous, chers abonnés, camarades et au personnel administratif et technique de la Ména une très belle année 2020 de santé, de qualité et d’amour. L’amour, sans lequel tout le reste de l’existence n’a pas de raison d’être.

 

 

Michaël Béhé à Beyrouth (analyste politique, chef du bureau libanais de la Ména)

 

Le Liban vit depuis quelques semaines dans une atmosphère de révolte populaire permanente. Hassan Diab a été nommé Premier ministre, mais il ne jouit pas de la confiance de la rue ni même des formations politiques sunnites, notamment à cause de sa proximité avec le Hezbollah. Selon la plupart des analystes politiques libanais, Diab, bien que sunnite, serait l’homme du Hezbollah chiite, ce qui modifierait fondamentalement l’équilibre des pouvoirs entre les communautés religieuses dans notre pays.

 

Le Hezbollah, milice supplétive de l’Iran, menace en permanence d’intervenir militairement au Liban au cas où la protestation menacerait les institutions libanaises, qu’il noyaute et qui lui permettent de constituer un Etat dans l’Etat. Il envoie régulièrement des casseurs agresser les manifestants pacifiques dans la rue.

 

De plus en plus de Libanais, notamment lors de débats organisés pendant les manifestations, réclament la normalisation des relations avec Israël.

 

L’économie et les banques sont en faillite, le gouvernement ne remplit pas son rôle, les chefs de l’Armée sont inquiets et divisés, le président de l’Etat, Michel Aoun est totalement impotent. Tout cela rend la situation extrêmement fragile et explosive. Une guerre civile n’est pas à exclure en 2020.

 

Je souhaite aux lecteurs libanais de la Ména un pays libre pour le réveillon 2020 et la fin de l’occupation rampante iranienne. Ce, même au prix d’une nouvelle guerre meurtrière entre le Hezb et Israël sur notre territoire. Mieux vaut risquer sa vie pour redevenir libre que passer sa vie sous une occupation étrangère. La Ména constitue un poumon d’information indépendante pour des milliers de mes compatriotes. Nous lui souhaitons longue vie, de même qu’à tous ses abonnés et à mes chers confrères.

 

 

Sylvie Tobelem en Israël (1ère assistante de rédaction)

 

Peu de pannes (2, très brèves) en 2019, mais une intense activité continue de nos informaticiens afin de préserver nos installations face aux attaques permanentes de nos ennemis, souvent identifiables à des pays.

 

La gestion administrative est dans l’ensemble satisfaisante. J’ai obtenu l’aide d’une seconde assistante à mi-temps, uniquement occupée à enregistrer les pièces comptables. Cela me libère un peu.

 

Nous sommes toujours aussi fiers de participer au travail de la Ména et avons l’impression de côtoyer les meilleurs spécialistes de la presse. C’est extrêmement gratifiant.

 

Le nombre des abonnements a augmenté de 4.69% en 2019, en dépit de l’annulation de quelques milliers d’autres, en défaut de paiement de plus de 12 mois. Cet effort d’assainissement se poursuivra l’an prochain afin de ne pas léser les lecteurs qui s’acquittent régulièrement du prix de leur abonnement.

 

Des discussions vont avoir lieu afin d’envisager une hausse raisonnable des prix des abonnements, qui n’ont jamais évolué depuis notre création en mai 2000. Depuis, la hausse des coûts, des salaires et les pertes de change sont importantes et freinent nos projets.

 

Le projet de TV Ména n’a progressé que de 3% en 2019, et sa capitalisation, de moins d’1%. Il ne semble pas que le public francophone soit suffisamment intéressé à se doter d’une chaîne de télévision digne de ce nom. A mon avis, nous avons réalisé un peu moins de la moitié du projet depuis 2009.

 

Je suis au courant de nos retards dans certains domaines de services à la clientèle et promets de m’y atteler après de courtes vacances en famille prévues début janvier. Entre-temps, je vous souhaite à tous, chers lecteurs, chers administratifs et chers rédacteurs, de bonnes fêtes de fin d’année et une nouvelle année 2020 heureuse et en pleine santé.

 

 

Perwer Emmal (correspondant dans le Kurdistan syrien)

 

Une guerre contre la Turquie nous a partiellement privés de notre indépendance dans la région du Rojava, dans le nord de la Syrie. Trahis et abandonnés par Donald Trump pour des raisons qu’il ne serait pas même capable d’expliquer, nous avons bien résisté à la seconde plus puissante armée de l’OTAN.

 

Nous avons également été capables de circonscrire l’Armée de Bashar al Assad, un ramassis de saltimbanques d’une lâcheté difficilement descriptible, et contrôlons toujours, de façon démocratique, une vaste majorité du Rojava.

 

Je suis installé dans la ville de Kobané, sous protection russe, et je parcours sans arrêt la province pour me faire une idée du rapport de forces. Nous jouissons toujours de l’aide indispensable d’Israël et d’un certain nombre de pays européens, et nous avons pu échapper en 2019 à un génocide programmé par l’Hitler du Moyen-Orient, Recep Erdogan. Principalement grâce à la résilience de nos combattants et de nos combattantes.

 

Tout ceci posé, personne n’a aucune idée de ce que nous réserve l’avenir, totalement incertain pour le peuple kurde. J’exprime toute mon admiration pour la Ména, qui fut distinctement la principale source d’informations vérifiables durant l’affrontement avec la Turquie, sur le plan mondial. Son rédacteur en chef m’a même rendu visite en plein conflit à Kobané afin de me remettre les effets et les devises qui m’ont permis de tenir le coup. Ici aussi, la Ména est devenue indispensable. Mes meilleurs vœux à ses lecteurs pour 2020.

 

 

Olivier Katz à Jérusalem (rédacteur-relecteur)

 

Au cours de 2019, les gilets jaunes et les grèves ont fait prendre conscience aux Français que la situation économique était fragile. Pendant ce temps, le Brexit risque de faire exploser l’Europe, les errances de la Turquie et le bellicisme iranien menacent d’avoir raison de l’OTAN et des suprastructures mondiales. La variable kurde, elle, est passée en pertes et profits.

 

Israël a vécu une période étonnante, entre roquettes au sud, opérations au Nord et élections à rallonges en bruit de fond. Tsahal a montré les dents et s’efforce d’installer à nouveau une dissuasion salutaire.

 

Pour 2020, je souhaite un Premier Ministre stable pour le pays, ce qui favoriserait les réformes économiques, notamment en faveur des plus fragiles. Je souhaite aussi le recul de l’arrogance iranienne, grâce aux sanctions américaines et à leurs conséquences économiques locales. Et je souhaite avant tout une bonne année et une bonne santé en 2020 à tous les lecteurs et amis de la Ména.           

 

 

Roger Bismuth à Tunis

 

Décédé le 1er octobre 2019.

 

 

Ilan Tsadik à Sdérot (journaliste, reporter, journaliste sportif)

 

Aviv Kokhavi, le commandant en chef de Tsahal, a révélé cette semaine que les discussions avec le Hamas, par l’intermédiaire des Egyptiens, progressaient de manière satisfaisante. Il a dit que l’organisation terroriste islamique avait opté pour l’amélioration des conditions de vie dans la bande côtière ainsi que pour une accalmie sur le long terme avec Israël.

 

Il a également déclaré que 99% des récentes agressions contre l’Etat hébreu étaient le fait du Djihad Islamique et non du Hamas, qui s’efforce d’empêcher les affrontements.

 

Plus important encore, Kokhavi a exprimé que l’organisation islamique s’était réorganisée et qu’elle avait mis fin au morcellement clanique auquel elle faisait face.

 

Cela répond aux informations exclusives exactes de Sami el Soudi depuis plus d’un an, qui avait démontré que le Hamas s’était fractionné en plusieurs groupes de miliciens qui n’obéissaient plus à un commandement centralisé.

 

On envisage sérieusement au Caire [où les discussions se déroulent. Ndlr.] d’autoriser quelques milliers de Gazaouis à revenir travailler en Israël. Et on reparle d’un port en eaux profondes, d’une nouvelle centrale électrique, et de diverses mesures de normalisation des relations avec l’enclave palestinienne.

 

Il convient certes d’avancer prudemment dans ces pourparlers, mais ils constituent une option intéressante. Car, au bout du compte, on ne pourra pas continuer à survivre comme on le fait maintenant, ni dans le pourtour de Gaza, ni à Gaza même. Si vous avez des doutes, venez passer vos prochaines vacances à la maison.

 

Il est nécessaire de faire des choix clairs : soit on anéantit le Hamas et on prend la responsabilité de Gaza et de son million et demi d’habitants, soit on tente de trouver un modus vivendi avec eux. Et s’ils envisagent un changement de cap, c’est sans doute parce qu’ils sont éreintés des coups de nos représailles, qu’ils sont en train de comprendre qu’ils ne nous vaincront jamais militairement et, sans doute, que nous ne sommes pas les pires ennemis sur lesquels ils auraient pu tomber. Un autre ennemi que nous, avec la puissance dont nous disposons, les aurait déjà massacrés depuis longtemps.

 

C’est également grâce à l’Egypte que ces changements s’esquissent, sans elle ces nouvelles options n’existeraient pas. Bonne année à tous de Sdérot.

 

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Claude Berger à Paris (essayiste, romancier, poète et musicien)

 

2020, une année cruciale ! Le besoin de démocratie et d’équité sociale se fait sentir en Irak, au Liban, en Iran… et en France, mais aussi en Israël.

 

Qualifier la crainte des migrations en Europe de « populiste » ne rend pas compte de la déperdition culturelle qui menace notre continent, ni de la menace bien réelle du terrorisme islamiste.

 

La réactivation de l’antisémitisme, sous un habit antisioniste, réclamerait une analyse de l’inconscient culturel des droites et des gauches, héritières d’un antijudaïsme chrétien sécularisé.

 

Et puis, il y a un aveuglement propre à nos sociétés fondées sur la marchandisation du travail salarié. Mais il y a aussi des signes d’espoir y compris au Moyen Orient ! Transformer la réalité ? Mais les vœux ne suffisent plus. Il y a lieu de les muter en volontés. Vive la Ména !

 

 

Jules Mazouz entre Jaffa et Dunkerque (grandes oreilles)

 

Chers amis, comme vous le savez, la lumière du temple brilla durant 8 jours après la victoire des Hasmonéens. Ce fut un miracle parmi tant d'autres qui ont fait d’Israël ce qu’il est aujourd'hui, gardien de nos frontières et de notre peuple.

 

Puisse la même lumière apporter la paix, la sérénité et surtout la santé à vous et à vos proches pour cette nouvelle année 2020.

 

Merci pour votre fidélité à la Ména.

 

 

Fayçal H. à Amman (informateur-relais)

 

La coopération entre le monde arabe et l’Etat d’Israël est devenue une routine. Les rencontres opérationnelles se suivent à un rythme soutenu, principalement entre chefs militaires, responsables du Renseignement, experts en armement et hommes d’affaires.

 

Il y a de nombreux Israéliens, du matériel israélien et même des usines israéliennes en Arabie Saoudite, y compris sur des sites militaires et des aéroports.

 

On trouve aussi des Saoudiens et d’autres officiels arabes fréquemment en Israël. Dans la plupart des Etats du Golfe, la présence des Israéliens est normalisée. A la Ména, nous avions été les premiers à décrire les contacts initiaux entre Ryad et Jérusalem, il y a de cela presque vingt ans.

 

Les temps ont bien changé : les Arabes ne font plus du tout confiance aux Américains, particulièrement après la non-réaction de leur armée suite aux attaques iraniennes contre les raffineries de l’Est de l’Arabie Saoudite. L’une des raisons en est que l’Amérique est désormais auto-suffisante en pétrole et même exportatrice. La dépendance du monde occidental envers le pétrole arabe a fortement diminué.

 

Dans la situation qui prévaut désormais, le principal pilier des Arabes dans leur stratégie de défense face à Téhéran est Israël. Cette évolution est encore renforcée par la faible capacité militaire des Etats sunnites, incapable même de mater la révolte des Houthis au Yémen malgré une supériorité insolente en armement et un niveau presque illimité de leurs moyens financiers.

 

Le problème palestinien n’a plus qu’une influence symbolique. Les Etats arabes n’ont plus rien à faire de cette cause qu’ils avaient contribué à placer sur le devant de la scène, sauf sur un point : ils connaissent la sympathie dont elle jouit dans la rue arabe et les dirigeants ne veulent pas, en cette période délicate, se mettre les peuples à dos. Mais pour le reste, j’ai de la peine à me souvenir quand les organisations arabes ont lancé leur dernière campagne diplomatique sérieuse à l’encontre d’Israël.

 

L’Egypte et Israël sont quasiment des alliés stratégiques. Ils organisent des campagnes militaires communes, particulièrement dans le Sinaï. Les relations entre les dirigeants sont chaleureuses, coordonnées et basées sur la confiance et les intérêts communs.

 

L’Etat hébreu gagne des milliards de dollars, probablement des dizaines de milliards de dollars en exportant ses armes, sa technologie et ses conseils dans le monde arabe.

 

En cas de conflit avec les ayatollahs, et même dans les exercices réalisés en préparation de celui-ci, les Hébreux savent qu’ils peuvent utiliser le ciel arabe, notamment celui de Jordanie et d’Arabie Saoudite, à leur guise. Cela comprend les infrastructures militaires au sol.

 

Plus la menace iranienne sera tangible, plus l’alliance sacrée Israël-pays arabes sera visible.

 

Dans toutes nos capitales, on attend avec un grand intérêt les rapports de la Ména concernant les activités militaires en Syrie et en Irak. Notre agence possède la meilleure réputation parmi tous les media auprès des responsables sécuritaires et du renseignement. Notre rôle et notre fiabilité à ce titre sont particulièrement importants.

 

Je souhaite une excellente nouvelle année à mes chers confrères de l’agence ainsi qu’à tous ses lecteurs, dans le monde arabe et partout ailleurs.

 

 

Ferit Ergil (Correspondant de la Ména à Istanbul)

 

« Paix dans le pays, paix dans le monde » était la devise de Kemal Atatürk, fondateur de la République de Turquie. Et pourtant, au cours de l’année écoulée, les guerres « chaudes » et « froides » ont fait rage dans le monde et dans nos régions.

 

Nous entamerons dans quelques jours le nouvel an 2020 avec, pour ma part, un goût amer dans la bouche, en faisant le constat de la persistance des conflits et des interventions étrangères dans le pourtour méditerranéen. Les successeurs d’Atatürk dans l’administration de l’Etat n’ont pas suivi ses préceptes sur le refus d’intervenir dans les affaires des voisins.

 

La laïcité reste inscrite comme un principe intangible dans la constitution turque, mais elle s’est effritée depuis des décennies et cohabite, de nos jours, avec les dogmes officialisés de l’Islam. L’exode des populations issues des zones de conflits dans le voisinage, notamment en Syrie et en Irak, suscitent une xénophobie exacerbée par les difficultés économiques du pays, le chômage massif et la stagnation.

 

Une lueur d’espoir est née à l’issue des élections municipales, avec l’avancée de l’opposition laïque dans l’ensemble du pays et la conquête de la capitale, Ankara, et de la municipalité métropolitaine d’Istanbul par le Parti Républicain du Peuple (laïc). Mais la tâche des nouveaux maires sera difficile, avec l’épée de Damoclès d’une éventuelle destitution et d’une mise sous tutelle suspendue au-dessus de leur tête, accompagnée de pressions d’ordre financier.

 

J’envoie de la ville d’Istanbul, de nouveau ornée des portraits d’Atatürk, mes vœux les plus sincères aux lecteurs de la Ména, en espérant que la nouvelle décennie sera celle de la paix entre les peuples de la région – une paix dictée par la raison, la sagesse et le bon sens, contre les menées des forces obscurantistes.

 

 

Philippe Bercovici à Bruxelles (dessinateur de BD, auteur des illustrations de ces vœux)

 

Indisponible en cette fin d’année 2019.

 

 

Raphaël Delpard en France (cinéaste, historien, écrivain)

 

L’exercice prophétique est rendu difficile par la complexité des mouvements du monde, qui ne semblent refléter ni les résultats, ni les ambitions.

 

Ainsi, l’amélioration de la situation sociale des classes les plus démunies aux Etats-Unis depuis l’élection du Président Trump devrait être l’occasion d’un vivat général.  Or, nous assistons au contraire à la curée contre le président en exercice, pour le jeter au sol.

 

Israël vit une crise structurelle qui plonge le pays, pourtant classé 5ème parmi les pays les innovants de la Planète, dans la tourmente économique.

 

Certes, les Israéliens finissent toujours par trouver la solution. Mais était-ce bien utile de plonger le pays dans une telle situation ?

 

Je termine ici, car le patron a bien précisé : "pas plus de dix lignes", en disant qu’en France, le pays est ouvert à toutes les crises. Le personnel politique de tous les bords ne réglera rien, car trop empêtré dans son incapacité à gouverner. Je crains 2020.

 

 

Patricia La Mosca à Paris (journaliste généraliste, enquêtrice, chroniqueuse juridique)

 

J’en ai assez d’écrire chaque année à l’occasion des vœux que la situation en France n’est pas bonne. En réalité, elle est désastreuse et elle s’est encore nettement détériorée en 2019.

 

Sur le plan politique et journalistique, on n’a pas suffisamment pris en compte que l’expression anti-israélienne s’est désormais totalement décomplexée. On en est presque à un alignement automatique, non sur les capitales arabes, qui se sont rapprochées de Jérusalem, mais sur les narratifs caricaturaux et infantiles des organisations et des Etats terroristes.

 

Le pouvoir et la presse dissimulent en permanence la vérité sur ce qui se passe en Turquie et en Iran. Ils continuent à soutenir ces régimes bien qu’Ankara et Téhéran cassent du sucre sur le dos de la France, le plus souvent de manière extrêmement grossière et non-diplomatique, plusieurs fois par mois.

 

Le gouvernement et les confrères sont à la fois motivés par le souci de ne pas froisser la banlieue, dont ils craignent plus que jamais – et avec raison – un embrasement général, de par les séquelles de la politique arabe de la France et les sentiments antisémites qui persistent dans ces milieux.

 

Quant auxdites banlieues, elles sont de moins en moins contrôlables et contrôlées. Les effectifs des forces de maintien de l’ordre et les moyens financiers et en équipement dont elles disposent ne couvrent pas dix pour cent des besoins réels.

 

Cela cantonne la police et le renseignement exclusivement à des fonctions défensives. J’ai rendu en 2019 mon appartement en banlieue, mais je m’y rends encore souvent. La haine de la France augmente proportionnellement aux largesses distribuées par les politiques et à leurs déclarations anti-israéliennes. En banlieue, on ne considère pas ces gestes comme des ouvertures en direction des musulmans, mais comme des preuves de la faiblesse des institutions françaises, de la montée en force de l’Islam et de sa prochaine prise de contrôle de la France. C’est encore loin de la réalité, mais c’est le sentiment qui prédomine et qui se lit sur les graffitis des murs.

 

Selon un spécialiste de la police avec lequel j’entretiens des relations régulières, les "zones perdues de la République" se sont encore étendues d’environ huit pour cent en 2019. Selon tous les responsables, cela sera pire en 2020, parce qu’il n’y a pas d’argent dans les caisses de l’Etat et parce qu’il n’existe aucun plan pour reconquérir le terrain perdu ou le circonscrire.

 

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Selon les mêmes sources, il faut s’attendre à une recrudescence des actes antichrétiens et antijuifs en 2020. En 2019, les media « mainstream » n’ont parlé que des violences qu’il était impossible de dissimuler, et encore, de manière très fragmentaire. Lorsqu’il y a le plus petit doute quant à la mise à sac d’une église ou d’un bâtiment officiel, on privilégie automatiquement l’hypothèse de l’accident.

 

Nous en sommes arrivés à un stade où les confrères qui évoquent l’hypothèse d’un acte islamique "lorsque cela ne s’impose pas absolument avec toutes les preuves à l’appui", se font rabrouer très énergiquement, jusqu’à ce qu’ils n’aient plus envie de recommencer.

 

J’invite mes concitoyens à se risquer dans les "banlieues" et à constater de leurs propres yeux sur les murs que les terroristes qui ont massacré des Français sont dépeints comme des héros et que toutes les formules scatologiques et sexistes sont employées pour décrire ce qu’ils veulent faire à la France.

 

Dans ces conditions, il n’est pas sorcier de comprendre que si tous les musulmans ne soutiennent évidemment pas le terrorisme, les territoires perdus de la République sont devenus le terreau fertile du terrorisme islamique.

 

Il paraît aussi que le nombre des armes de guerre a doublé. D’ailleurs, elles sont de plus en plus utilisées contre les policiers et les services d’urgence. Pourquoi ? Pour rien. Parce que ces corps représentent l’Etat français et que c’est l’Etat français qu’on hait le plus. Et on le hait non pas parce qu’il serait hostile, mais parce qu’il est faible.

 

Vous repenserez malheureusement à ces vœux en 2020. Je vous souhaite cependant une nouvelle année la moins mauvaise possible. Et vous engage à réfléchir à votre sécurité, car la sécurité personnelle est devenue un enjeu principal du Grand Dérèglement. 

 

 

Jean-Claude Zerbib, en France, (ingénieur atomiste, spécialiste des questions nucléaires)

 

L'année 2019 n'a pas été une année favorable pour le nucléaire civil français. Elle a été marquée par :

 

-          la découverte ou l'aveu officiel de défauts importants affectant des composants majeurs installés sur plusieurs des 58 réacteurs en fonctionnement,

 

-          les graves défauts de soudures réalisées dans l'imposant réacteur nucléaire de Flamanville.

 

Démarrée en 2007, la construction de l'EPR de Flamanville, le plus puissant réacteur de troisième génération (1 650 MW) était évaluée à 3,5 milliards d'euros et devait permettre une mise en service en 2012. Le coût a plus que triplé (12,4 milliards d'euros) et la divergence prévue pour fin 2022 (10 ans de retard).

 

La construction de ce réacteur a été ponctuée de malfaçons et d'anomalies métallurgiques affectant le couvercle et le fond de cuve du réacteur, et susceptibles d’amoindrir sa résistance à la pression et aux chocs thermiques.

 

Depuis une vingtaine d'années, la France n'a pas construit de nouveaux réacteurs nucléaires et l'on constate que si le savoir nucléaire progresse, le savoir-faire se perd s'il n'est pas entretenu.

 

Nous aurons l'occasion d'en reparler dans l'année qui vient avec les lecteurs de la Ména, à qui nous souhaitons une belle année 2020.

 

 

Jean Tsadik en Israël (analyste stratégique, expert militaire)

 

Israël a bien un chef de gouvernement, mais ce n’est pas celui que nous croyions. En l’absence de Binyamin Netanyahou, exclusivement occupé à courir après une improbable immunité – il va d’ailleurs la demander à la Knesset dans les deux prochaines semaines -, celui qui assume la fonction de Premier ministre, c’est le chef de notre armée, Aviv Kokhavi.

 

Il le fait d’ailleurs très bien ; cela l’oblige à se mêler, en plus de la défense du pays et des affaires stratégiques, des questions économiques et de la politique étrangère d’Israël.

 

A propos de défense, le contraste entre la qualité exceptionnelle des interventions de Tsahal ces derniers temps et les bavardages de nos politiciens est remarquable. Jamais l’Armée israélienne n’avait été aussi efficace et active dans la protection à grande distance de notre pays. La quantité d’efforts requis afin d’y parvenir, au niveau de la préparation des opérations, de leur exécution, de la gestion de notre technologie, des impératifs stratégiques et tactiques, de l’intégration de nouvelles armes et du renseignement, situe Tsahal à l’échelon le plus élevé qu’elle ait jamais atteint.

 

Ce, tandis que le niveau de nos politiciens n’a jamais été aussi médiocre et irresponsable.

 

Cette semaine, le Général Kokhavi a multiplié les déclarations fondamentales dans le domaine de la projection de nos relations à venir avec la plupart de nos voisins. Ce qui a attiré mon attention est sa déclaration selon laquelle une confrontation généralisée avec la République Islamique d’Iran était pratiquement inévitable. Or, le chef d’état-major n’émet pas ce genre de constatations à la légère. Il est parfaitement au courant de leur impact au Moyen-Orient et ailleurs.

 

Kokhavi a perçu que Téhéran, en proie à une situation économique inextricable et à la révolte de sa population, s’est engagé dans une fuite en avant qui comprend le renforcement de sa présence face à Israël et au Liban, au prix d’immenses sacrifices, ainsi que la remise en route de son programme nucléaire militaire.

 

Ce sont ces deux éléments conjugués, associés au fait que l’Amérique et l’Europe ont renoncé à gérer la menace iranienne, qui ont amené le chef de Tsahal à sa constatation. Elle est lourde de conséquences pour nous et pour tous les peuples de la région. En comparaison de ce qui se prépare, on peut considérer la dangerosité du Hamas et du Hezbollah comme des piqûres d’abeilles.

 

Je n’ai pour ma part aucun doute que c’est ce problème qui marquera l’année nouvelle. Je ne doute pas non plus que l’Armée israélienne saura le gérer de manière adéquate, qu’il ne met pas en question la survie de notre pays et qu’il se soldera, malgré des moments douloureux, par l’affaiblissement, voire par la défaite de la junte théocratique qui dirige l’Iran.

 

Reste que ce questionnement aboutira à des situations nouvelles et difficilement prévisibles, qu’il y aura lieu de traiter dans l’urgence avec intelligence. C’est donc lucide, mais confiant, que j’aborde 2020. Dans ces vœux, je tenais simplement à souligner ce qui est réellement significatif pour les mois qui viennent. Et cela ne m’empêchera pas de souhaiter à nos lecteurs et à mes camarades de la Ména une nouvelle année de santé, de sécurité et de bonheur.

 

 

Sami El Soudi en Palestine (chef du bureau palestinien de la Ména)

 

La situation des Palestiniens stagne.

 

Nous sommes coincés entre Binyamin Netanyahu, qui n’a strictement aucune intention de négocier quoi que ce soit avec nous et qui risque même d’annexer la Cisjordanie, ou une partie de celle-ci, afin de réaliser un coup électoral, et Mahmoud Abbas, profiteur cacochyme entouré de barons véreux.

 

Ces derniers s’accommodent fort bien du statu quo et passent leur temps à s’enrichir de façon impudente, principalement en détournant l’aide internationale destinée à mes nombreux compatriotes indigents, qui ne la perçoivent jamais.

 

La construction des infrastructures d’un pays à naître est inexistante, mais la confrontation avec l’Armée israélienne n’est pas non plus à l’ordre du jour. La force de police palestinienne collabore plein pot avec Tsahal, l’un et l’autre étant animés par le souci commun de limiter l’extension des islamistes en Cisjordanie.

 

La vie en Palestine est triste et monotone, sans aucune ouverture à l’horizon. Les Etats arabes se sont désintéressés de notre sort au profit de la confrontation avec l’Iran, aux côtés d’Israël.

 

De Cisjordanie, on observe avec horreur le Hamas et le Djihad islamique instrumentaliser les civils à Gaza en les sacrifiant sur la frontière avec l’Etat hébreu.

 

Je suis certain que nous avons manqué le coche de notre émancipation. Plusieurs fois dans l’histoire, mais surtout, lors des négociations avec Ehud Olmert et Tzipi Livni en 2008, début 2009. Nous pourrions avoir aujourd’hui un Etat si nous avions été moins bêtes et jusqu’au-boutistes. La question est : qu’en aurions-nous fait ? Pas mal d’intellectuels nationalistes palestiniens que je fréquente n’hésitent plus à affirmer ouvertement qu’ils préféraient la période de l’occupation israélienne.

 

 

Amram Castellion à Métula, (analyste politique, expert en économie) :

 

A l’échelle de la planète, l’année 2020 s’annonce comme celle d’une amélioration significative de la situation géopolitique et morale. Les deux institutions les plus hostiles aux valeurs occidentales – celles de l’égalité des individus, de la méritocratie, de la transparence de l’information, du respect de l’histoire et de la règle de droit – sont toutes les deux confrontées à une impasse.

 

La première, la République Islamique d’Iran, sait désormais, même si elle ne l’admet pas, qu’elle ne parviendra jamais à détruire Israël. Ruinée par les sanctions, haïe par sa population, elle continue à perdre des milliards de dollars de ressources militaires, qu’elle n’envoie en Syrie que pour les voir transformées en fumée par Tsahal. Le seul héritage durable du régime des mollahs sera d’avoir vu, avant son effondrement, une grande alliance arabo-israélienne se former contre lui et le caractère définitif du retour des Juifs chez eux enfin reconnu par toutes les puissances qui comptent.

 

Le deuxième grand ennemi de la civilisation est le parti Démocrate américain, qui rêve de remplacer une société du droit – égalitaire, méritocratique et transparente – par une société des races, de l’arbitraire et de la propagande. George Orwell décrivait dans 1984 le risque d’une évolution future du régime soviétique ; les Démocrates en ont fait un modèle à imiter. Ils y ont trouvé leur inspiration pour la dénaturation délibérée du langage, l’effacement de l’histoire au profit de directives quotidiennes toujours changeantes, et même la « minute de la haine » à l’encontre de la personne de leur principal ennemi.

 

Eux aussi, cependant, sont en train d’échouer. La procédure d’impeachment du Président Trump, qui a ouvertement méprisé le droit et les faits, va échouer devant le Sénat – à moins que les Démocrates fuient la queue entre les pattes et renoncent même à saisir le Sénat. Les sondages montrent que l’opinion américaine se détourne de l’obsession maladive et sans succès des Démocrates pour abattre un homme au lieu de faire leur travail de législateurs.

 

Le régime des mollahs tombera, peut-être même dès 2020. Trump, si D- préserve sa santé, sera réélu. Un autre Trump vient de prendre le pouvoir au Royaume-Uni et dirige son pays vers la liberté économique et l’acceptation sans complexe de son identité. Israël sera pour toujours un Etat central au Moyen-Orient, entretenant de bonnes relations avec la plupart de ses voisins.

 

Au milieu de ces bonnes nouvelles, certains pays restent coincés dans le mode de pensée qui échoue partout et ne peut qu’échouer. C’est le cas de la France, dont les dirigeants en sont encore à s’excuser de leur identité, à se coucher devant leurs ennemis, à avoir désigné leur propre population comme une menace et à considérer comme une priorité absolue de cacher la vérité au peuple. L’avenir dira si d’autres dirigeants parviennent, plus tard, à prendre le train d’un monde en amélioration. Ce n’est pas impossible. Mais si cela ne se fait pas, eh bien, le monde progressera sans elle.

 

Dans l’intervalle, je souhaite à tous nos lecteurs une excellente année et une joyeuse décennie 2020.

 

 

Bernardo Stenhof à Genève (ambassadeur auprès des Nations Unies et de l’Unesco, écrivain et éditeur)

 

Cela fait bientôt une douzaine d’années que je fréquente le siège des Nations Unies à Genève. Pour la première fois, en septembre, des escalators et des ascenseurs étaient hors service dans les bâtiments pour cause de restrictions budgétaires.

 

Le Président Trump, considéré par de nombreux membres de cette auguste assemblée comme un détraqué mental, a, en réduisant sa participation financière, mis en place de petites nuisances.

 

Qu’en sera-t-il s’il réduit de façon substantielle les budgets alloués à l’OTAN ? Je pense que l’année 2020 sera celle d’une reprise de conscience, qui, du moins je l’espère, permettra de remettre les pendules à l’heure. Car nos dirigeants ont besoin d’un réveil brutal pour les sortir de leur médiocrité.

 

2020 sera une année exceptionnelle, du moins je nous le souhaite.

 

 

Llewellyn Brown en France (traducteur officiel de la Ména, rédacteur, écrivain)

 

La France va très mal. Le pays est profondément divisé, un effet recherché par son banquier président lui-même. D’un côté, les « élites » : le 1% de grosses fortunes, soutenues par les journalistes et les Bobos qui, bénéficiant de l’économie mondialisée, baignent dans le confort et dans le narcissisme de se ranger du côté du Bien. De l’autre côté, la populace, jugée coupable de tous les mauvais sentiments : les Français qui vivent dans la précarité et voient leur niveau de vie baisser, ou doivent apprendre que plus personne ne promettra de réduire le chômage.

 

Cette situation est devenue patente depuis les manifestations spontanées et inattendues des Gilets jaunes et, à présent, à la suite des grèves où les salariés se révoltent contre la contre-réforme du système des retraites : les organisations syndicales craignent de se trouver débordées par leur base.

 

Pour les retraites, les autorités prétendent que l’Etat n’en a plus les moyens. C’est faux, bien sûr : les fonds sont illimités quand il s’agit de remplir les poches de nos dirigeants, de financer la fumisterie du « développement durable » ou de favoriser les populations d’assistés islamiques : « migrants » ou habitants des « quartiers ». Ces populations, on le sait, ont été amenées expressément pour réduire le coût des salaires et mettre au pas les autochtones.

 

Nous assistons au démantèlement de tout ce qui fait une nation. Les supposés responsables nationaux passent sous silence l’augmentation exponentielle de la violence dans le pays et rejettent d’emblée toute suggestion que les incendies d’églises et d’usines puissent être d’origine criminelle : l’exécution du djihad par le feu. Des groupes financiers – avec l’aide de la magistrature – ayant mis en place notre président, celui-ci, par ses actions, met au grand jour le mécanisme à l’œuvre. Certes, l’Etat existe toujours, mais le pays est donné en fermage aux marchés privés et la seule fonction du gouvernement paraît être désormais de taxer toujours davantage les Français, sans pour autant que l’argent recueilli ne serve à améliorer leur qualité de vie. Les entreprises rentables (Aéroports de Paris, la Française des Jeux) sont vendues. On laisse péricliter les corps intermédiaires – police, justice, santé, enseignement –, en les privant des moyens nécessaires.

 

On veut faire croire que les salariés de ces secteurs sont des « privilégiés » (rappelons que le salaire des professeurs débutants en France s’élève à peine au-dessus du SMIC). L’objectif du pouvoir consiste à pousser les Français à se retourner contre les « profiteurs » de ces régimes spéciaux qui, pourtant, furent institués par le patronat. Surtout, il s’agit de faire oublier que la prédation se situe, en réalité, au niveau de l’Etat, celui-ci étant gangréné par la corruption et livré au capitalisme de connivence. Le pays n’appartient plus au peuple.

 

Toutefois, ce qui nous reste est la possibilité d’entretenir des échanges chaleureux et vivifiants, aptes à rendre ce monde habitable et à préparer le changement dont les contours commencent à s’esquisser. A tous, je souhaite une excellente année 2020.

 

 

Yoshua Ohana à Kiryat Shmona (fixeur militaire, photographe, région nord-est)

 

Non encore remis d’un "accident domestique" survenu il y a un an et demi, je m’apprête à subir une nouvelle opération correctrice à la jambe durant la première semaine de janvier.

 

Je suis cantonné par mon état à suivre les mouvements de troupes, particulièrement les activités aériennes, à partir de mon balcon à Kiryat Shmona et à en référer à la rédaction de Métula.

 

Je suis également en charge des contacts avec nos différentes sources d’information pour recueillir les images et les vidéos que nous publions souvent après les frappes du Khe’l Avir en Syrie et en Irak.

 

Mais il me tarde beaucoup de reprendre mes appareils photos et de participer à nouveau aux enquêtes de terrain, sur le front syrien et le long de la frontière libanaise. Je ne suis décidément pas un homme d’intérieur. J’espère reprendre mon vrai travail en mars ou en avril.

 

Jusqu’alors, je vous souhaite à tous et à toutes une excellente nouvelle année 2020. Et faites attention lorsque vous montez sur une échelle.  C’est comme pour l’information : mieux vaut laisser faire les pros.