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Date: 2012-02-16 15:18:55
Procès A Dura : rien n’arrêtera la vérité [Analyse] - Ména -

 

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Procès A Dura : rien n’arrêtera la vérité (info # 011602/12) [Analyse]

Par Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

Le public et la justice français ont tout de même beaucoup de chance. Beaucoup de chance de posséder une agence de presse semi-officielle comme l’AFP, qui leur simplifie la vie : aux Français, elle explique où se trouve la vérité absolue, à longueur de journées ; aux tribunaux, elle évite des tonnes de cassements de tête et de procédures, en informant les juges de ce que sera leur décision finale, avant même qu’ils ne délibèrent.

 

Alors, au diable la correctionnelle, la Cour d’appel et même la Cour de cassation, quand on peut voir la vérité dans les dépêches de l’AFP ! A l’instar des procès entre les tenants des deux parties de la Controverse de Netzarim, dont deux audiences se sont tenues cette semaine.

 

Avec, dans le coin bleu du ring, France Télévisions, Charles Enderlin, et tous les journalistes main stream français, à l’exception récente d’Etienne Mougeotte ; et dans le coin rouge, la Ména, le physicien Nahum Sharaf, Philippe Karsenty, le chirurgien Yehuda David, la quasi-totalité du monde non francophone et non arabo-musulman, de même que l’écrasante majorité de la communauté israélite de France.

 

Ceux du coin bleu prétendent, que le 30 septembre 2000, quinze soldats israéliens ont tiré, sans discontinuer, 45 minutes durant, sur un enfant palestinien, et l’on finalement assassiné ; tandis que ceux du coin rouge, affirment, d’une part, depuis onze ans, que les reporters de France 2 ont réalisé une mise en scène d’assassinat, qu’aucun enfant n’est mort lors de cet incident, et, d’autre part, que France Télévisions, et l’ensemble des media français, activement soutenus par le Quai d’Orsay, font tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher l’expression de la vérité, qu’ils savent, comme tout le monde, se trouver dans le coin rouge.

 

Les juges d’appel et de cassation se triturent encore les méninges, alors que, dans sa dépêche d’hier, intitulée - un peu hâtivement peut-être - "Dernier épisode", les fonctionnaires de l’AFP volent le suspens en déclarant, je cite, que le petit Mohammed a été tué.

 

Et, pour être bien certains que leur verdict n’a échappé à personne, ils répètent, dès le troisième paragraphe, que "Mohammed Al-Dura, douze ans, a perdu la vie lors de cet échange de tir".

 

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La carte d’identité de Jamal Mohammad Ahmad DURA

A quoi cela les avance-t-il de l’appeler Al-Dura ?

 

Difficile de croire, ensuite, que cette dépêche de l’agence française se propose de relater objectivement ce qui s’est déroulé lors des deux procès, dont la finalité ultime consiste, justement, à définir, judiciairement, qui du coin bleu ou du coin rouge dit la vérité.

 

Dans la même dépêche, c’est du bout des lèvres, et donc enfermée entre d’épais guillemets, que l’agence d’Etat française évoque la conviction des parties à ces procès, l’homme public Philippe Karsenty et le chirurgien Yehuda David, qui prétendent tous deux, valises pleines de preuves à l’appui, que l’"assassinat du petit Mohammed" procède d’une mise en scène, et que les blessures du père, ostensiblement exhibées par le service public français de télévision, datent de 1992.

 

Ces mêmes parties, accusées dans les deux cas de diffamation par le coin bleu, clament haut, fort, et intelligiblement, que ces blessures ont été occasionnées en 92, par des objets tranchants palestiniens, et non en 2000 par des balles de fusils israéliennes.

 

Cette pathétique présentation partisane des évènements, par l’AFP, permet de mieux saisir l’importance des remarques exprimées, le 27 janvier dernier, par le rédacteur en chef du Figaro, à l’occasion d’une interview qu’il a accordée à la Chambre de Commerce France Israël.

 

Dans ses réponses, Etienne Mougeotte fait le point, et il a le courage d’avancer, qu’en France, au sujet de cette affaire, "on est dans la langue de bois complète".

 

Le boss du Fig’ ajoute, que règne, dans son pays, l’"impossibilité d’avoir ce débat", et que cela "témoigne d’une certaine attitude des media français et des journalistes sur ce sujet".

 

Il explique encore cette posture médiévale, de manière très lucide, par "un mélange de préférences partisanes anti-israéliennes", doublé d’un "phénomène extravagant de solidarité corporatiste [parmi les journalistes français]", triplé d’un soutien aveugle "derrière Charles Enderlin, dont le reportage posait problème".

 

Etienne Mougeotte accuse aussi le comportement ethnocentrique dont fait preuve la France ainsi que les media français. En d’autres termes, à en croire Mougeotte, qui est bien placé pour savoir de quoi il en retourne, la presse française s’octroierait, depuis Paris, le droit absolu de décider de ce qui est réel et de ce qui ne l’est pas dans le monde, et s’active à pourfendre unanimement ceux qui osent mettre en doute ses décrets, même et surtout, s’ils corroborent leurs dires d’un nombre conséquent de preuves et d’évidences.

 

Dans le cas précis, et vous l’aurez compris, c’est bien la Ména et ses amis que les journalistes de l’Hexagone s’emploient à stigmatiser, durant les onze ans que dure déjà l’Affaire A Dura.

 

Fort heureusement pour la démocratie française, certains juges d’appel et de cassation ne s’en laissent pas compter par l’atmosphère étouffante qui règne à Paris autour de cette affaire. Ces magistrats méritent, à notre humble avis, pour leur indépendance et leur professionnalisme, la reconnaissance et le respect du peuple français.

 

Dans le premier procès, dont une audience s’est déroulée il y a deux jours, celui dans lequel Fr2 et Enderlin accusent Karsenty d’avoir repris et diffusé les conclusions de l’enquête de la Ména, on est en cassation.

 

Mardi, le procureur de la République a, une fois de plus, donné raison à Karsenty, en explicitant que la défenderesse, au vu des faits et des références qu’elle avait utilisés, est parfaitement fondée à mettre en doute le reportage de la chaîne publique. Le Parquet confirme la décision de la Cour d’appel en faveur de Karsenty, et démontre, en droit, que les juges d’appel ont correctement utilisé leurs privilèges, sans jamais les outrepasser.

 

Dans ce premier dossier, nous en sommes à espérer que les juges, dans leur arrêt, attendu le 28 février prochain, auront la sagesse de suivre le réquisitoire éloquent du procureur.

 

Dans le deuxième procès, celui intenté "par Jamal A Dura depuis Gaza" au chirurgien Yehuda David et au journaliste Clément Weill-Raynal, la Cour d’appel a rendu sa décision hier.

 

Elle avait à trancher sur le contenu de deux articles publiés en septembre 2008, dans lesquels le confrère et le praticien affirmaient que les blessures de Jamal, exhibées par France 2 en conférence de presse, et par l’intéressé devant les caméras de la chaîne, dataient de 1992 et non de 2000.

 

La Cour d’appel examinait en cela le jugement antérieur rendu par la 17ème chambre correctionnelle, qui avait reconnu les deux hommes coupables.

 

Du haut de notre rocher de Metula, actuellement battu par les vents, les orages et les pluies, nous sommes d’abord ébahis par le fait qu’aucun media français ne s’émeuve de ce que ce soit Jamal A Dura, le "père", dans la mise en scène, qui ait saisi les tribunaux français.

 

Cela signifierait qu’Actualité Juive est librement distribuée dans la Bande de Gaza, et que les connaissances en français de Jamal lui ont permis de s’apercevoir qu’on le diffamait dans un journal de la communauté israélite tricolore, disposant d’un tirage modéré.

 

Cela signifierait aussi qu’il faudrait croire que, dans sa chaumière au fin fond du camp de réfugiés d’El Bourej, cet infirme à peine lettré a disposé des ressources financières et de l’entregent nécessaire afin de porter son cas devant les cours de justice de la capitale française.

 

Il faut évidemment être complètement Bourej pour croire à ce scénario de conte de fées.

 

Il faut aussi être proche du coma éthylique, lorsqu’on est journaliste, pour ne pas relever, avant toute autre chose, cette phénoménale incongruité. Mougeotte avait raison dans tout ce qu’il a dit.

 

En étant un rien plus perspicace, on procède à l’analyse, encore assez triviale, somme toute, démontrant que si France Télévisions dispose d’assez d’influence sur Monsieur A Dura pour qu’il se mette à nu devant ses caméras et dévoile ses cicatrices, et pour qu’il signe les documents juridiques propres à intenter un procès à David et Weill-Raynal, l’organe de télévision publique en a également suffisamment pour le faire venir à Paris, afin qu’il y soit brièvement examiné par des médecins légistes : des docteurs qui, en quelques minutes, seraient en situation de déterminer scientifiquement si les cicatrices qui marquent le corps de Jamal ont été occasionnées par des lames ou par des balles. On serait alors fixé quant à ce point fondamental de la Controverse.

 

Dans un accord que l’ancien président de France Télévisons avait passé avec celui du Crif, l’organe de télévision d’Etat s’était d’ailleurs engagé, à l’initiative de la Ména, à transporter Jamal à Paris à cet effet.

 

Reste que, depuis cet accord, France Télévisions a absolument tout fait pour qu’il ne se réalise pas, allant jusqu’à invoquer des difficultés imaginaires qu’auraient provoquées les Israéliens, pour empêcher l’intéressé de voyager. Et même, en dépit des échanges épistolaires limpides à ce sujet, la direction des chaînes publiques a affirmé que cet accord n’existait pas.

 

Avec encore un tout petit peu plus de perspicacité, on peut se risquer à imaginer que, si la vérité se trouvait dans le coin bleu, le service public de télévision n’aurait pas hésité à remettre un Concorde en état de vol, à restaurer l’aéroport de Gaza, et à affréter spécialement le supersonique afin de permettre à Jamal de démontrer, à la face de ses détracteurs, la véracité des positions de France Télévisions.

 

Mais, dans l’incapacité d’effectuer cette démonstration, les protagonistes français du coin bleu ont préféré entamer des procédures judiciaires, recherchant des aspects de détail, ainsi que des maladresses dénuées de toute importance au fond, dans l’expression de leur détermination par les gens du coin rouge.

 

C’est à l’un de ces débats ergoteurs que l’on assiste dans la procédure intentée à David et Weill-Raynal.

 

Yehuda David, dont les principaux atouts sont d’avoir opéré Jamal, en 94, en Israël, et partiellement rétabli son usage de la main droite, ainsi que son courage, avait imputé, dans l’interview mise en cause, à Jamal A Dura "d’avoir délibérément menti sur l’origine de ses blessures aux fins de se prêter à une manipulation de l’opinion internationale".

 

Sur le fond, le chirurgien a absolument raison. Pour preuve, cette vidéo sur laquelle Jamal A Dura exhibe sa main droite, endommagée par les séquelles des coups de hache de 1992, et portant toujours les stigmates de l’intervention qu’avait pratiquée Yehuda David. Le "père" dans la mise en scène agitait simultanément un certificat médical en langue arabe, sur lequel il était pourtant stipulé que ladite blessure lui avait été occasionnée lors d’un évènement antérieur à l’an 2000.

 

Mais, dans sa naïveté et celle des mentors de ce coup de bluff, ceux-ci n’avaient pas imaginé qu’il serait loisible à Clément Weill-Raynal d’agrandir le certificat en question, de le faire traduire, et de rendre public son contenu, décrivant le contraire diamétral de ce que prétend Jamal oralement.

 

A noter que, sur ce petit film, A Dura fait de la blessure apparaissant sur son bras droit la blessure principale que lui auraient infligée les balles des soldats de Tsahal.

 

C’est précisément ce qui a induit en erreur le docteur David, qui, dans ses réponses à l’interview, s’est contenté de démontrer l’inanité des affirmations de Jamal quant à son bras droit, pour en déduire, fort à propos, que cet individu mentait.

 

L’erreur de David consista à penser, que s’il démontrait de manière circonstanciée les contrevérités quant à l’avant-bras et à la main de Jamal, cela suffirait à établir que toutes les autres cicatrices provenaient aussi de 1992. Menteur un jour, menteur toujours !

 

C’est plus que probable, encore fallait-il que Yehuda David, soit s’abstienne d’étendre ses constations aux autres cicatrices, soit qu’il prenne la peine de les inclure dans son commentaire médical.

 

Or, dans l’interprétation juridique des allégations du praticien, ces dernières ne répondent pas à l’un des critères exigés par la loi française afin d’échapper à la condamnation pour diffamation : celui dit de la "corrélation". La loi exige, en effet, que toutes les accusations portées soient démontrées dans les faits, une à une, et donc, qu’il n’y ait pas de disparités entre l’accusation et la démonstration.

 

Mais, et je me répète, David a fait porter son accusation sur toutes les cicatrices tout en n’en démontrant qu’une seule.

 

Il s’agit d’une maladresse. Il aurait pu, ça n’était pas difficile, à l’instar de la Ména, faire examiner par des confrères les autres cicatrices du corps de Jamal, observables sur les posters publiés par Arlette Chabot lors de sa "conférence de presse". Le verdict médical aurait été semblable, car, même sur photo, il est loisible, pour un médecin légiste, d’identifier les dites cicatrices comme ayant été causées par des lames et non par des balles de fusils.

 

Cette démonstration a échappé à David au cours de cette interview, ce qui lui a valu cette assignation devant la justice française. Reste, qu’en sa qualité de médecin, il est principalement tenu de dire la vérité, sans pouvoir être au courant de toutes les finasseries du Code pénal français. Un médecin n’est pas un homme de loi, ni un journaliste.

 

C’est, d’ailleurs, ce qu’ont retenu les juges de la Cour d’appel lorsqu’ils ont blanchi le chirurgien, reconnaissant qu’il s’est exprimé de bonne foi, de manière "parfaite" et "complète", sans répondre toutefois à la troisième exigence de "corrélation".

 

Dans le cadre plus large de la Controverse de Netzarim, la décision de la Cour d’appel fait aussi avancer le schmilblick. Ce, lorsqu’elle établit que le docteur David, en plus de sa bonne foi, s’est exprimé "sur une base factuelle suffisante". En clair, elle reconnait au médecin la légitimité, sur la base des éléments factuels connus, dans l’accusation qu’il porte contre Jamal A Dura.

 

Cela valait bien, hier soir, un coup de téléphone du Premier ministre Binyamin Netanyahou à Yehuda David, pour le féliciter de sa relaxe. Au temps pour les juges de la correctionnelle du procès Karsenty, qui avaient établi que les enquêtes de la Ména n’étaient pas sérieuses, car, si notre agence de presse était fiable, notre thèse aurait reçu le soutien du gouvernement israélien

 

Clément Weill-Raynal, quant à lui, a été condamné, en plus d’une amende avec sursis, à verser au plaignant 1000 euros de dommages et intérêts, ainsi que 6000 euros de frais de justice. La Cour a estimé que, s’il est envisageable qu’un médecin répondant aux questions d’un journaliste, ne soit pas forcément au courant des exigences prévues par la loi, on pouvait attendre, en revanche, de la part d’un journaliste expérimenté comme Weill-Raynal, qu’il modère son expression, s’adressant au public, et qu’il prenne les précautions nécessaires afin de ne pas tomber dans les critères caractérisant la diffamation.

 

Depuis hier, en France, mais aussi en Israël, aux Etats-Unis et ailleurs, les articles relatifs à la Controverse de Netzarim pullulent. Nombreux sont les media, principalement français, à ânonner benoîtement les contre-vérités scandaleuses incluses dans la dépêche de l’AFP.

 

Qu’importe ! L’objectif du coin bleu consistait à étouffer l’affaire, à la noyer dans un stérile débat de droit, plutôt qu’à œuvrer pour l’éclatement de la vérité.

 

Or, le regain d’attention des confrères, démontre que cette finalité n’a pas été atteinte et, qu’au contraire, le besoin de vérité dans l’affaire A Dura ne fait que croître, que le coin rouge accumule les victoires aux points devant les tribunaux français, et, qu’à force de multiplier ces petits succès, le cheminement vers la vérité se révèle inexorable.

 

Dans quelques mois ou quelques années, lorsque France Télévisions aura présenté ses excuses à la Ména, que les responsables de la plus grande imposture télévisuelle de tous les temps auront été punis, et qu’Enderlin et Talal Abou Rahma auront rendu tous les prix journalistiques qu’ils ont indûment récoltés, les media français seront bien obligés de faire leur autocritique et de reconnaître qu’Etienne Mougeotte, qui doit crouler sous la réprobation de ses confrères, avait non seulement raison, mais qu’il était, par politesse, encore en-deçà de la réalité sur l’état pathologique avancé de la presse française.

 

 

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