Nouvelle base iranienne détruite en Irak (012008/19) Version imprimable
mardi, 20 août 2019

 

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© Metula News Agency

 

Mardi, 0h00 à Métula, 23h00 à Paris

 

En début de cette soirée de mardi, un dépôt d’armes et de munitions iranien a été attaqué et détruit dans le périmètre élargi de la base aérienne de Samarra-Est, dans la province de Salah ad-Din en Irak. L’entrepôt était gardé par des miliciens chiites irakiens des Forces de la Mobilisation Populaire (FMP), une organisation supplétive de l’Iran, que la "République" Islamique commande, arme et stipendie. [Voir une vidéo des déflagrations].

 

Samarra-Est est située à 82km au nord de Bagdad, à 19km au nord-est de la ville de Balad et à 32km en plein est de celle de Samarra [carte].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

Des soldats américains sont également installés sur cet aéroport mais à distance respectable de l’objectif visé ce mardi. La surface clôturée de la base en question fait 4.5km sur 2.9 [carte de la base].

 

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La base aérienne de Samarra-Est également appelée aéroport de Balad

Service cartographique © Metula News Agency

 

Selon des sources arabes et irakiennes, des F-35 auraient tiré trois missiles de haute précision sur la position gardée par les FMP [ara. : Hachad al-Chaabi] qui ont fait mouche. La plupart des media arabes, à l’instar du saoudien al Arabiya  [ara. : l’Arabe], font état de nombreux morts et blessés dans les rangs de la milice.

 

Il s’en est suivi une série d’explosions audibles et visibles à Balad et à des dizaines de kilomètres à la ronde. Comme la semaine dernière, lors du raid sur la base iranienne dans le quartier d’Abou Sadir à Bagdad, l’incendie et les détonations ont donné lieu à des départs spontanés de roquettes et/ou de missiles. Une cinquantaine de ceux-ci ont atterri dans des vergers avoisinants et dans d’autres secteurs de l’aéroport.

 

Le ministère irakien de l’Intérieur a annoncé avoir envoyé dix équipes de secours de Bagdad afin de maîtriser l’incendie qui sévit sur place. Le même ministère relate des explosions "gigantesques".

 

Le journal libanais Al Mayadeen [ara. : les places], proche du Hezbollah et du régime syrien, affirme une nouvelle fois, comme à Abou Sadir, que les explosions sont dues à un incendie accidentel et qu’il n’y a pas de blessés.

 

Un membre des FMP, coupant l’herbe sous les pieds de ses alliés libanais et syriens, a cependant concédé que "des magasins abritant des munitions, des armes et des missiles avaient été attaqués depuis les airs".

 

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Une photo prise par des voisins de la base

 

Il est plus que vraisemblable que la partie la plus sensible des ressources détruites avait été amenée d’Iran à Samarra-Est par avions cargos.

 

Il est intéressant d’observer que les autorités irakiennes n’ont dénoncé personne, pas plus ce soir que la semaine dernière ou à l’issue d’autres opérations généralement attribuées à Israël. A lire les réactions de nombreux Irakiens sur les réseaux sociaux, ils ont l’air plutôt satisfaits que les Israéliens "les débarrassent des Iraniens". Certains messages sont carrément favorables à l’Etat hébreux.

 

Le Premier ministre irakien Adel Abdoul Mahdi avait ordonné la semaine dernière juste après le raid sur Abou Sadir que "tous les dépôts de munitions des forces armées ou des groupes paramilitaires soient transportés hors des villes".

 

Les frappes qui se multiplient en Irak nous inspirent quelques réflexions. D’abord, que les Israéliens paraissent s’en prendre systématiquement à tous les entrepôts contenant des missiles iraniens en Irak.

 

Deuxièmement, que ces entrepôts ne sont pas protégés par d’éventuels missiles antiaériens iraniens, et que si les Gardiens de la Révolution khomeyniste (Pasdaran) en possédaient d’efficaces, ils les déploieraient sans aucun doute afin de protéger leur précieux et coûteux matériel.

 

Cela nous renseigne sur les capacités antiaériennes et antimissiles réelles (au-delà de la propagande) de l’Armée perse en général. Ces relevés intéressent certainement au plus haut degré les Américains et les autres armées occidentales en relation avec un éventuel affrontement militaire avec Téhéran.

 

Nous constatons aussi que ni la DCA irakienne ni son aviation ne sont entrées en action pour tenter d’empêcher les opérations israéliennes. En dehors du fait que cela ne servirait de toute façon à rien, Bagdad n’a pas non plus, et c’est particulièrement intéressant, menacé d’en faire usage.

 

Nous notons à ce propos que les auteurs des récents raids ont pris le plus grand soin de ne pas attaquer de forces gouvernementales irakiennes. Ce qui n’est pas le cas en Syrie.

 

Ce soir, le Premier ministre Binyamin Netanyahu a quasiment reconnu la participation israélienne au raid contre Samarra-Est. Juste avant de prendre l’avion à Kiev au terme d’une visite officielle en Ukraine, M. Netanyahu a ainsi déclaré : "On fait face à de grands défis sécuritaires, le rapport du Renseignement que j’ai reçu il y a quelques minutes va probablement m’en dire davantage".

 

Il est probable qu’à moins d’un mois des élections qui s’annoncent très serrées, M. Netanyahu ait tenté de se faire de la publicité en faisant cette déclaration inhabituelle.