Orly Ben-Ari Ginsberg refuse sa nomination au poste de Procureur de l’Etat (012112/19) Version imprimable
samedi, 21 décembre 2019

 

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 Par Ilan Tsadik

 

 

Alors que la Ména publiait l’analyse de Stéphane Juffa concernant la crise politique que traverse actuellement l’Etat d’Israël, dans laquelle il jugeait notamment la désignation de Madame Orly Ben-Ari Ginsberg au poste de Procureur de l’Etat par le ministre intérimaire de la Justice "à la lisière du délit pénal" et digne d’une "république bananière", l’intéressée annonçait qu’elle renonçait à sa nomination.

 

Mercredi, la Haute Cour de justice avait déjà gelé sa nomination controversée, en marge d’une audience qui se penchait sur une accusation visant le ministre intérimaire de la Justice pour avoir utilisé cette désignation dans le but d’entraver les procédures pénales intentées contre le Premier ministre par intérim Binyamin Netanyahu.

 

Consciente sans doute qu’elle était l’instrument d’une manœuvre de ce dernier et de son sectateur, le ministre Ohana, Madame Orly Ben-Ari Ginsberg a sagement décidé de jeter l’éponge.

 

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Amir Ohana et Orly Ben-Ari Ginsberg, mardi dernier

 

Les qualités de cette magistrate ne sont pas en cause, mais elle ne possède actuellement pas l’expérience requise pour assumer cette fonction. Cela avait induit l’Avocat Général Avikhaï Mandelblit à décrire le choix du ministre comme se situant "au-delà des critères raisonnables" et de le déclarer nul et non avenu du point de vue juridique.

 

Cette volte-face constitue un véritable camouflet pour Messieurs Netanyahu et Ohana, qui avaient grossièrement ignoré le candidat qualifié proposé par l’Avocat Général pour imposer Madame Orly Ben-Ari Ginsberg, une procureur adjointe de district.

 

Suite à ce coup de théâtre, Amir Ohana se voit contraint de rechercher avec l’Avocat Général une candidature de remplacement de consensus. Une rencontre entre les deux hommes est prévue dans ce dessein dimanche prochain.

 

D’autre part, la direction du ministère public devrait se réunir ce même dimanche dans les bureaux de l’Avocat Général afin de répartir temporairement les tâches du Procureur de l’Etat entre les chefs de départements et M. Mandelblit.

 

Constitutionnellement, l’Avocat Général est également chargé de "protéger l'Etat de droit et, à ce titre, l'intérêt public contre tout préjudice éventuel de la part des autorités gouvernementales". Une tâche dont il s’acquitte avec lucidité et maîtrise en dépit des attaques incessantes de M. Netanyahu contre sa personne et les institutions de l’Etat, ainsi que des nombreuses menaces de mort dont il est l’objet de la part des partisans du Premier ministre.    

 

Une protection policière permanente autour de M. Mandelblit et de sa famille a dû être mise en place afin d’assurer leur sécurité. La tombe du père de l’Avocat Général a notamment été profanée. Avikhaï Mandelblit est un Juif pratiquant proche du courant sioniste religieux. Il avait été Avocat Général en chef de Tsahal de 2004 à 2011, puis secrétaire de cabinet de Binyamin Netanyahu de 2013 à 2016.