Raid israélien à Damas la nuit dernière. La Pax Poutina interrompue par les Iraniens et les Syriens Version imprimable
jeudi, 08 avril 2021

 

(010804/21) [Breaking news]

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa et Jules Mazouz out participé à cette breaking news.

 

Métula, jeudi, 12h15 à Métula, 11h35 à Paris.

 

La nuit dernière – celle de mercredi à jeudi – à 0h57 du matin heure locale – une pluie de missiles air-air et air-sol s’est abattue sur la zone de Damas, principalement dans le sud de la capitale syrienne, aux abords de l’aéroport international.

 

Les chasseur-bombardiers frappés de l’étoile de David sont arrivés simultanément de plusieurs directions différentes, entre le Golan et le Liban.

 

Ils ont largué des missiles (probablement des) Dalila de dernière génération au passage des crètes des montagnes, à des distances allant de 50 à 60km des objectifs.

 

Des positions militaires gouvernementales syriennes ont été visées, la plupart accueillant des Pasdaran, des Gardiens de la Révolution khomeyniste iranienne ainsi que des miliciens libanais du Hezbollah et d’autres nationalités.

 

A la Ména, nous pensons que l’objectif principal visé et entièrement oblitéré a été un dépôt d’armes sous contrôle iranien situé dans le périmètre étendu de l’aéroport international de Damas.

 

Ces armes, principalement des missiles, étaient arrivés à Damas à 16h23, le mardi 6 avril courant, par un vol spécial QFZ9950 de la compagnie iranienne QESHM AIR [Fars Air Qeshm] au service des Pasdaran.

 

param_qeshm_flight.jpg

Les paramètres radar du vol ayant amené les armes de Téhéran à Damas

On remarque que l’aéroport de destination a été dissimulé à la connaissance du radar

et que l’identificateur radar [SQUAWK] [fr. : transpondeur] n’a pas été activé,

il montre 0000, ajoutant à l’insécurité du trafic aérien civil dans la région

 

Comme on peut le constater sur le relevé radar ci-dessous, le vieux 747 (29 ans d’âge !) de QESHM, immatriculé EP-FAB est reparti à destination de l’aéroport Imam Khomeini (vol QFZ9951) à 18h50, après avoir déchargé sa marchandise.

 

Il était déjà venu à Damas le 3 avril, et il est possible que le dépôt anéanti contenait les chargements des deux vols.

 

relev_des_vols.jpg

Le relevé du vol aller [ligne du bas] n’indique aucune destination non plus

 

En affrétant ces vols, la Théocratie persane ainsi que le régime alaouite des al Assad au pouvoir à Damas ont grossièrement rompu les conditions de la trêve arrangée par Vladimir Poutine. La Pax Poutina durait sans violation majeure depuis le 16 mars dernier.

 

Les media gouvernementaux syriens font état de 4 blessés dans les rangs de son armée. Des informations non vérifiées que nous avons reçues directement de l’opposition armée à Assad évoquent 11 morts dans l’Armée syrienne et une vingtaine de blessés.

 

Michaël Béhé n’a pas été en mesure de converser par téléphone avec ses amis médecins à Damas, non plus qu’avec des témoins oculaires des explosions, car les lignes téléphoniques avaient été coupées 5 minutes après l’attaque. Elles le sont restées jusqu’à la moitié de la matinée de ce jeudi, et les correspondants de Béhé ont refusé de le renseigner après avoir été mis en garde par des agents du régime.

 

Les media de la dictature alaouite ne mentionnent jamais les bilans de ses alliés iraniens et libanais. D’après la source de la Résistance en contact avec le chef de la Ména libanaise, Michaël Béhé, le nombre des décès dans la Force Qods [ara. : Jérusalem] des Pasdaran ainsi que parmi ses supplétifs se monte à 20 ou 21, dont 8 Iraniens.

 

Damas reconnaît quatre blessés ainsi que des dégâts matériels. Il prétend également, comme à son habitude, "avoir abattu la plupart des missiles israéliens", ce qu’aucun spécialiste ne croît, l’Armée syrienne ne disposant pas de la technologie requise pour abattre un appareil ou un missile israélien.

 

Les media reprenant ces fakes news se livrent intentionnellement à de la désinformation caractérisée et itérative.

 

Vers 1h07 du matin, un missile syrien sol-air égaré a explosé dans le ciel du Doigt de la Galilée, pendant que deux rédacteurs de la Ména se trouvaient à leurs tables de travail à la rédaction.

 

Stéphane Juffa témoigne avoir entendu le bruit d’une explosion. Immédiatement après et pendant une seconde, le ciel est devenu orange. Juffa et Levinsky ont d’abord imaginé qu’un obus de char avait été tiré à partir de la position de Tsahal qui surplombe notre rédaction. Notre rédacteur en chef s’est rendu sur ladite position où les soldats lui ont raconté ce qu’il s’était réellement passé.

 

L’état d’alerte n’a pas été décrété.

 

Le media libanais aux mains du Hezbollah al Manar [ara. : le phare] a annoncé que le missile syrien était à la poursuite d’un appareil du Khe’l Avir, l’aviation israélienne. C’est délirant : il ne se trouvait aucun avion dans un périmètre de 50km du missile en question.

 

Les restes de ce dernier [photo] ont atterri en territoire libanais à proximité du village de Khoula, à 2km à l’ouest de la frontière israélienne et 4 de la ville de Kiryat Shmona [25 000 hab.]. Et à 8km au sud-ouest de la rédaction à Métula.

 

dbris_khoula.jpg

Les débris du missile syrien au sol dans le village libanais de Khoula

 

La situation est calme dans le Doigt de la Galilée et sur le plateau du Golan. A 10h locales, la sirène marquant le souvenir du génocide par les nazis de six millions d’Israélites a retenti à Métula comme dans le reste d’Israël et la vie s’est arrêtée durant deux minutes. Lors d’un bref recueillement, le drapeau de la Ména a été mis en berne. Il le restera jusqu’à la tombée de la nuit.

 

batmna.jpg

Les deux bâtiments abritant les installations de la Ména, ce matin à Métula