Raid israélien à l’ouest de la Syrie [012511/20] Version imprimable
vendredi, 25 décembre 2020

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa et Jules Mazouz, ont participé à cette dépêche

 

Métula, vendredi matin

 

Très tôt ce vendredi, à minuit quarante précisément, des appareils survolant à basse altitude le nord du Liban ont lancé plusieurs missiles – sans doute des Dalila – sur des centres de commandement, des entrepôts et des ateliers de production de missiles balistiques iraniens de moyenne portée établis en Syrie.

 

Les installations visées et entièrement détruites se situent dans la périphérie de la ville de Masyaf (33 000 hab.) [carte].

 

Masyaf se trouve à 200km au nord de Métula, l’agglomération israélienne la plus proche, et à 160km de la capitale Damas, dans le même point cardinal.

 

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Masyaf, situation générale

Service cartographique © Metula News Agency

 

La zone de Masyaf constitue la plus importante concentration syrienne de centres de recherche pour le développement d’armements de destruction massive, leur production, leur assemblage et leur stockage.

 

Il existe plusieurs sites dans un rayon de 9km au nord de la ville, 2km au Sud, et 5km à l’Ouest, dédiés à ces activités.

 

Ils sont spécifiquement protégés par de multiples batteries de missiles S-300 russes [triangle bordeaux sur la carte] installés sur les reliefs au nord de Masyaf, servis par du personnel russe. Ils n’ont pas été utilisés cette nuit.

 

La zone bénéficie également de la protection des S-400 [triangle bordeaux sur la carte] disposés autour de la base aéronautique russe de Khmeimim (à 51km au nord-ouest de Masyaf), immédiatement au sud de Lattaquié, la plus importante position du corps expéditionnaire de Poutine en Syrie. Les S-400 n’ont pas non plus été activés.

 

A Métula, nous sommes à la fois convaincus que ces missiles sont technologiquement incapables d’intercepter les avions et les missiles israéliens, et que Moscou n’a pas l’intention d’essayer de les abattre, ce qui induirait une situation conflictuelle avec Jérusalem et laisserait le contingent russe et son matériel exposés sans défenses efficaces à d’éventuelles ripostes des Hébreux.

 

La nuit dernière, la Défense Contre Avions (DCA) syrienne, constituée de camions Pantsir et de batteries antiaériennes russes plus anciennes, a tiré des projectiles en direction des chasseurs-bombardiers frappés de l’étoile de David et des missiles air-sol qu’ils ont largués.

 

SANA, l’agence de propagande du régime al Assad a déclaré avoir intercepté "la plupart des missiles israéliens". C’est évidemment faux, ces engins ne disposant pas de la technologie nécessaire pour parvenir ne serait-ce qu’à les inquiéter. Le régime syrien n’est pas sérieux lorsqu’il émet ces prétentions lors de chaque raid du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, de même que les media qui reprennent ces fadaises.

 

Ce matin, la quasi-totalité des spécialistes en armement, y compris arabes, réfutent ces prétentions syriennes.

 

Nous ignorons quel(s) site(s) a été précisément ciblé cette nuit. Tous ont déjà fait l’objet, à plusieurs reprises, d’attaques et d’oblitérations par le Khe’l Avir.

 

Nous pensons, sur la base des informations partielles que nous avons recueillies, avec 80% de certitude, que le complexe qui a été principalement visé ce matin est celui situé à moins d’un kilomètre au nord-est de Masyaf [photo satellite].

 

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La base probablement visée la nuit dernière

Service cartographique © Metula News Agency

 

Il se peut également qu’un centre pour la préparation et le stockage d’ogives au gaz de combat, situé à 8km plus au Nord ait été également visé.

 

Le raid a causé la mort d’au moins 22 militaires et officiers, principalement iraniens appartenant au Corps des Gardien de la Révolution khomeyniste (Pasdaran), mais aussi de l’Armée régulière syrienne et parmi les supplétifs étrangers des Iraniens.

 

On dénombre également 31 blessés, dont 8 au moins sont dans un état critique..

 

Ce bilan a été recueilli à 02h17 par le chef de la Ména libanaise Michaël Béhé, qui est parvenu à s’entretenir avec un responsable de l’hôpital de Masyaf durant 30 secondes, avant que la conversation téléphonique ne soit coupée.

 

En route vers leurs objectifs, les appareils israéliens ont survolé Beyrouth à basse altitude ; ils y ont été vus et entendu par les habitants dont un certain nombre a été pris de panique.

 

La situation est calme ce matin à Métula et aux frontières d’Israël.