Raid sur des objectifs iraniens à la frontière syro-irakienne (011509/21) Version imprimable
mercredi, 15 septembre 2021

 

Mercredi, 12:23 à Métula, 11:23 à Arvier, dans le val d’Aoste, où l’on parle aussi [une sorte de] français. Arvier est célèbre pour l’excellent vin d’altitude (800m) qu’on y produit, l’ "Enfer d’Arvier", qui contient pour 80% de grappes du très ancien cépage "Petit Rouge". La bourgeoisie de Turin et de Milan s’arrache ce nectar proposé à un prix raisonnable. Lorsqu’on en trouve.

 

Hier mardi, des chasseurs-bombardiers F-15 ont attaqué trois objectifs dans la zone frontalière de Boukamal, entre la Syrie et l’Irak. Deux de ces cibles sont situées en Syrie et une en Irak.

 

bukamal_map.jpg

Service cartographique © Metula News Agency

 

La Ména est en mesure de confirmer avec cent pour cent de certitude la véracité de ces raids et engage sa responsabilité rédactionnelle sur le contenu de cette dépêche.

 

L'agence de presse officielle du régime syrien SANA, citant des "responsables militaires" de la province irakienne d'Anbar, a déclaré : "Des avions de guerre et des drones ont lancé quatre missiles vers le quartier général des Régiments de la Mobilisation Populaire qui "sécurisent" la bande frontalière syro-irakienne".

 

En fait, ce sont les Phalanges du Hezbollah [irakien, sans lien direct avec le Hezbollah libanais. Ndlr.] ainsi que les Phalanges également irakiennes des Sayyid al-Shuhada' [ara.: Maîtres des Martyrs], toutes deux effectivement affiliées aux Brigades de la Mobilisation Populaire, qui ont fait les frais de ces frappes.

 

Les PMU, en anglais Popular Mobilization Units, constituent l’essentiel des forces supplétives de l’Iran dans la région et ailleurs au pays de Bashar al Assad. Les PMU contrôlent le point de passage de Boukamal pour la Théocratie perse.

 

Cette ville se trouve en Syrie sur l’autoroute chiite utilisée afin de convoyer armes, munitions et renforts par la voie terrestre au Liban, et en Syrie à proximité du territoire israélien.

 

Au vu des très fréquentes attaques du Khe’l Avir, l’Armée de l’Air israélienne, ainsi que de la coalition internationale dans ce secteur, Téhéran fait appel à ses supplétifs chiites pour garder les entrepôts d’armes et y acheminer par camions la marchandise militaire en provenance d’Iran afin de limiter ses propres pertes.

 

Le Pentagone a déclaré dans un communiqué que les cibles attaquées hier étaient précisément des installations opérationnelles et des sites de stockage d'armes.

 

Nos sources ajoutent que l’une des installations opérationnelles concernées était un quartier-général iranien de majeure importance établi en Irak. Des entrepôts, des camions et des véhicules de commandement en mouvement ont été aussi visés et détruits par les raids. Ils venaient de traverser la frontière dans le sens Irak-Syrie lorsqu’ils ont été oblitérés.

 

vehicburns.jpg

Des véhicules perses terminant de se consumer

 

Dans un premier temps, les media iraniens, gouvernementaux syriens, ceux des Brigades de la Mobilisation Populaire, et de très nombreux supports informationnels arabes qui reprenaient leurs informations avaient attribué l’opération à l’Armée Américaine.

 

Mais le Colonel U.S. Wayne Marotto s’est empressé de déclarer dans un tweet que les Etats-Unis "n'avaient pas mené de frappes aériennes à Boukamal le 14 septembre 2021". Un responsable de la Coalition Internationale a précisé que ses forces n’avaient pas non plus participé à l’attaque.

 

L'attaché de presse du Pentagone, John Kirby, a déclaré qu’il s’était agi de "frappes aériennes de précision".

 

Les militaires U.S. ne mentent jamais dans leurs communiqués. Ils considèrent qu’étant, et de très loin [leur arsenal est égal à plus de deux fois celui de toutes les autres armées du globe réunies. Ndlr.] la plus grande puissance militaire mondiale, ils ne craignent personne et peuvent se permettre de dire toujours la vérité lorsqu’ils choisissent de communiquer.

 

En agissant de la sorte, à la façon de Monsieur Propre – Monsieur Transparent, il arrive fréquemment que les Américains mettent dans l’embarras certains de leurs amis qui ne possèdent pas la plus grande puissance militaire mondiale.

 

Selon certaines sources que nous n’avons pas été en mesure de vérifier, des drones d’assaut auraient également pris part à la cognée.

 

En agissant uniquement par déduction, il est loisible de déterminer que la seule armée en dehors des Américains et de leurs alliés de la Coalition Internationale qui était capable de réaliser ces attaques, avait intérêt à le faire, et qui disposait des armes mentionnées dans les rapports était l’Armée israélienne. A nos yeux, et simplement par recoupement, il n’existe pas le moindre doute quant à l’identité des appareils ayant réalisé ces raids.

 

Perwer Emmal, le correspondant permanent de la Ména dans le Rojava, le Kurdistan syrien, qui contrôle un territoire proche de Boukamal, rapporte que l’opération a causé la mort d’en tout cas 12 combattants affidés à l’Iran, et du double de blessés, dans leur grande majorité des vacataires des organisations chiites irakiennes.

 

Emmal ajoute que les camions anéantis transportaient des centaines de GPS destinés au projet irano-hezbollani de doter des roquettes al Fateh en possession du Hezb [par dizaines de milliers. Ndlr.] de GPS afin de les transformer en missiles. Cette cargaison comportait aussi des équipements sophistiqués et coûteux, et des systèmes de vision nocturne. Tout le chargement ainsi que les véhicules qui le transportaient ont été carbonisés.

 

Perwer Emmal nous indique également que le 5 courant, les Iraniens et les miliciens à leur service ont fait traverser la frontière irako-syrienne à 30 camions-citernes et à 7 véhicules armés d’accompagnement. Une partie d’entre eux est passée par Boukamal, l’autre par une piste en sable située plus au Sud. Ces chargements de pétrole étaient destinés au Hezbollah au Liban, alors que les excédents seront vendus au marché noir.

 

Entre le 1er et le 5 septembre, 40 autres camions-citernes et 10 véhicules d’accompagnement avaient déjà passé la frontière se dirigeant vers la même destination, en employant la route qui passe par Deir ez-Zor avant de traverser le désert syrien.

 

La guerre par intermittence que se livrent Jérusalem et Téhéran a débuté depuis longtemps.