Sud-Liban : un entrepôt de munitions du Hezbollah explose. L’AFP implose (012209/20) Version imprimable
mardi, 22 septembre 2020

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa et Jules Mazouz ont participé à cette dépêche

 

Métula, mardi, 20h40 à Métula, 19h40 à Paris

 

Cette après-midi, un entrepôt d’armes et de munitions de la milice chiite terroriste libanaise du Hezbollah, supplétive armée de la "République" Islamique d’Iran, a explosé dans le village d’Aïn Qana [carte].

 

Cette agglomération de 6 000 habitants est située à 20km au nord de Métula, 13km au sud-est de Sidon et 35km en plein sud de Beyrouth.

 

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Aïn Qana, Liban-Sud

Service cartographique © Metula News Agency

 

Agrippée à la montagne à 700 mètres d’altitude (comme notre rédaction), Aïn Qana domine le littoral méditerranéen.

 

La déflagration était importante. Des gens de la région ont rapporté que la terre tremblait sous leurs pieds. Elle a été très nettement entendue à Métula et a engendré un vaste incendie autour du site de l’explosion.

 

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L’explosion

 

Des miliciens en armes ont entouré Aïn Qana et sa région d’un cordon de sécurité, interdisant l’accès à tout le monde, y compris à l’Armée et à la Police libanaises.

 

Deux vidéos de l’explosion :

https://twitter.com/i/status/1308389040350203904

https://twitter.com/i/status/1308395870363119616

 

Il y a plusieurs blessés et sans doute également des morts. Il est difficile d’en savoir plus, les miliciens protégeant les convois et les ambulances. Une source sur place a parlé de "16 morts dont des militaires iraniens", mais nous n’avons pour le moment aucune confirmation de cette affirmation.

 

La direction du Hezbollah a jusqu’à présent refusé de commenter l’événement. Un discours du Sayyed Hassan Nasrallah, le chef de l’organisation terroriste, est prévu en soirée mais on ignore s’il sera maintenu.

 

Selon toutes les sources libanaises, l’explosion est due à un "accident de travail" des miliciens, advenu alors qu’ils manipulaient des munitions. Le stockage et le transport des munitions constituent un exercice délicat et périlleux – même pour les armées régulières - qui réclame de l’organisation et du savoir-faire.

 

Le recours à des armes et des munitions vendues en tant que surplus par certaines armées, ainsi qu’à des explosifs à la provenance douteuse augmente sensiblement les dangers encourus par les opérateurs et la population.

 

Il est certain que l’accident de cette après-midi va encore attiser les tensions au pays des cèdres, où la population n’est pas encore remise de l’explosion du 4 août dernier, qui a fait plus de 200 morts et 6 500 blessés, et dont la responsabilité est clairement attribuée au Hezbollah.

 

La déflagration d’Aïn Qana survient alors que la majorité des Libanais exige le désarmement de la milice terroriste, et que les discussions en vue de former un gouvernement sont bloquées par l’exigence du Hezb d’obtenir, et à titre définitif, le portefeuille des Finances.

 

Le président français, en opposition frontale avec celui des Etats-Unis, plébiscite quant à lui l’intégration des représentants des milices dans le nouveau cabinet, jugeant leur participation "incontournable".

 

La presse française soutient la position d’Emmanuel Macron en censurant les informations connues sur l’incident d’Aïn Qara. Les media reprennent dans leur quasi-unanimité la dépêche tronquée de l’agence de presse officielle du gouvernement tricolore AFP :

https://www.msn.com/fr-fr/news/monde/liban-un-b-c3-a2timent-du-hezbollah-touch-c3-a9-par-une-violente-explosion/ar-BB19iZ74

 

Cette dépêche dissimule outrageusement la responsabilité du Hezbollah dans l’explosion de ce mardi. Selon Michaël Béhé, la propagande pro-Hezb, pro-Iran des media français surpasse celle des propres organes d’information de la milice chiite.

 

In Le Point :

 

"Liban : un bâtiment du Hezbollah touché par une violente explosion

 

Une puissante explosion a secoué un bâtiment d'un village du sud du Liban. Selon une source militaire, il s'agit d'un « site du Hezbollah ». Source AFP

 

Une puissante explosion a secoué, mardi, un bâtiment du mouvement chiite armé Hezbollah aux abords d'un village du sud du Liban, provoquant d'épaisses volutes de fumée noire, ont indiqué à l'Agence France-Presse des sources concordantes.

 

Évoquant un « accident », une source proche du parti pro-iranien a indiqué à l'AFP qu'il s'agissait « d'un site du Hezbollah ». Un habitant du village d'Aïn Qana a évoqué une maison faisant office de « centre du Hezbollah », et a précisé que des membres du mouvement ont bouclé le secteur. Selon les « informations préliminaires » d'une source militaire, il s'agit d'un « site du Hezbollah »".

 

Dans la presse française, un dépôt d’armes et de munitions devient un "bâtiment", un "site", un "centre", ou encore une simple et inoffensive "maison". Que de contorsions complices de la langue française en faveur d’une organisation terroriste qui a assassiné des dizaines de soldats français et plusieurs diplomates..

 

Et la milice terroriste du Hezbollah – dont la branche armée est officiellement reconnue comme telle par la France et l’Union Européenne – devient, par la magie des petites mains de l’AFP et de ses collabos de la presse francilienne, un "parti [politique] pro-iranien", même un "mouvement".

 

Il est vrai qu’un parti politique qui détient des entrepôts d’armes et de munitions cela présente certaines contradictions. Mais surtout, que la Résolution 1701 du Conseil de Sécurité, rédigée et proposée par la France et adoptée le 11 août 2006, prévoit que seule l’Armée libanaise est autorisée à détenir des armes, et que c’est elle qui doit être déployée le long de la frontière israélienne. Il n’y est nulle part précisé que la milice terroriste chiite œuvrant au profit de la théocratie iranienne à l’encontre de l’indépendance du Liban était autorisée à entretenir des dépôts d’armes dans le Liban-sud.

 

Dans les moutures plus récentes de ce câblogramme (la dépêche évolue), l’AFP donne la parole à "un" villageois qui nie qu’il se soit agi d’un dépôt de munitions du Hezb ; l’AFP évoque même la possibilité que l’explosion soit due au Khe’l Avir, l’Aviation israélienne [un bombardement ? J] : " (…) l'explosion, « aux causes inconnues, a coïncidé avec le survol de l'aviation ennemie, qui depuis ce matin n'a pas quitté le ciel »".

 

Même les journaux du Hezbollah n’avaient pas osé…

 

Selon Michaël Béhé, cette dépêche de l’AFP, et sa diffusion dans toute la presse de l’Hexagone va plus loin dans sa déformation partisane et intéressée des faits que toutes les précédentes. Il s’en rappellera, dit-il, comme celle du jour où les media français ont péri corps et biens. Selon notre camarade, désormais aucune information émanant d’un media français n’est crédible. Toutes sont susceptibles d’être détournées.