Syrie : Israël frappe à nouveau plusieurs objectifs iraniens (011410/21) Version imprimable
jeudi, 14 octobre 2021

 

© Metula News Agency


Jeudi à Métula

 

La nuit dernière [mercredi à jeudi], à 23h34 locales, des appareils israéliens ont pris pour cible une position iranienne à proximité de la ville  historique de Palmyre ou Tadmor.

 

Palmyre se situe en plein centre du désert syrien, à 55km à l’est de l’aéroport T4 attaqué (probablement) par le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, vendredi dernier, et à 135km de la ville d’Homs, dans la même direction. Ainsi qu’à 185km au nord-est de Damas et de Métula (285km), le point le plus proche sur le territoire israélien [carte].

 

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La situation régionale de Palmyre

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Le raid a pris pour cible une tour de communications ainsi que des installations avoisinantes. Les objectifs visés ont été détruits.

 

L’Armée gouvernementale, reprise par l’agence officielle SANA et la télévision d’Etat, a reconnu la perte de l’un de ses soldats, et le fait que trois autres ont été blessés.

 

Cette source admet également des dégâts matériels.

 

Ce jeudi matin, des supplétifs de l’Iran se présentant comme le "Commandement Opérationnel des Alliés de la Syrie" – une appellation qui englobe diverses milices chiites armées non-syriennes - ont publié leur propre communiqué concernant le raid de la nuit dernière.

 

On y lit que l’attaque visait "leurs installations près de la ville de Palmyre dans le centre de la Syrie mercredi soir, et qu’elle a tué et blessé plusieurs de leurs membres".

 

Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, est parvenu à joindre ce matin par téléphone un ambulancier, qui lui a affirmé que l’opération de la nuit avait donné lieu à un "véritable carnage".

 

A l’en croire, trois soldats gouvernementaux qui servaient une batterie de missiles sol-air ont été tués et huit autres blessés lors de l’opération. Les Iraniens auraient perdu trois officiers qui opéraient dans la tour de communications et compteraient également huit blessés, la plupart dans un état grave à désespéré. Mais les plus touchés sont les miliciens chiites qui dénombrent dix morts et douze blessés, dont cinq dans un état désespéré.

 

Le gouvernement syrien ne fait pas état de ces victimes car il ne reconnaît pas que des combattants étrangers participent à des opérations militaires à ses côtés dans cette partie du pays.

 

Selon l’ambulancier interlocuteur de Michaël Béhé, la tour en question n’est plus qu’un amas de gravats, de même que les autres points d’appui. Il était persuadé qu’il rendait compte de la situation à un officier du Renseignement de l’Armée gouvernementale.

 

Selon les miliciens, les appareils et leurs missiles sont arrivés depuis le Sud, soit par le secteur de Tanf, contrôlé par les Etats-Unis et la coalition internationale. Tanf se situe au croisement des trois frontières, syrienne, jordanienne et irakienne ; de même qu’à 140km de l’Arabie Saoudite.

 

Le "Commandement Opérationnel des Alliés de la Syrie" annonce dans son communiqué qu’il a pris la décision de répondre à cette attaque en représailles pour la vie de ses martyrs et le sang des blessés", et a en outre averti que "la réponse sera très dure".

 

De l’avis des experts de la Ména, les installations visées à Palmyre étaient censées télécommander des attaques de drones en Israël. Sans doute les drones qui ont été détruits à T4 il y a un peu moins d’une semaine.

 

D’autre part, à Boukamal en Syrie, à 240km plein est de Palmyre, des drones ont à nouveau attaqué des postes de commandements, des convois et des dépôts d’armes et de munitions sur l’autoroute chiite appartenant à l’Iran et principalement protégés par des miliciens chiites irakiens. Boukamal se situe sur la frontière entre la Syrie et l’Irak.

 

La zone s’étendant le long de l’Euphrate entre Deïr ez-Zor et Boukamal, sur 120km, est désormais bombardée à intervalles réguliers. Dont plusieurs fois durant la semaine en cours. On dénombre aussi plusieurs morts iraniens et affidés dans ce secteur du fait de ces frappes.

 

L’intensification des incidents ces derniers jours ressemble aux signes avant-coureurs d’une opération majeure d’Israël en Iran contre les infrastructures nucléaires et les missiles balistiques.

 

Cette impression est encore renforcée par le contenu d’une lettre adressée tout récemment au président tournant du Conseil de Sécurité de l'ONU par le représentant permanent de l'Iran auprès des Nations Unies, Majid Takht Ravanchi.

 

Selon Ravanchi, "la menace proférée par cette entité [Israël] de continuer à détruire les capacités de l'Iran, prouve sans aucun doute qu'elle est responsable des récentes attaques terroristes contre notre programme nucléaire pacifique.

 

Ces derniers mois", poursuit le diplomate iranien dans son courrier, "le nombre et l'intensité des actes de provocation ourdis par l'entité israélienne ainsi que ses menaces ont atteint la cote d’alerte".

 

Le représentant de l’Iran termine son message par un avertissement qu’il lance à "l'entité d'occupation israélienne", lui enjoignant "de ne se lancer dans aucune aventure [militaire] contre son pays, notamment contre son programme nucléaire", soulignant que "la réplique iranienne sera forte".

 

Ce jeudi, le Khe’l Avir a fait fermer l’espace aérien du Golan pour 24 heures au moins au trafic civil, au titre de précaution et pour avoir les coudées franches à n’importe quel moment.