Syrie : la plus grosse attaque israélienne depuis un an au moins (010107/19) Version imprimable
lundi, 01 juillet 2019

 

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Métula, lundi

 

Selon des sources étrangères, vers 0h30 cette nuit Tsahal a ciblé de nombreux objectifs en Syrie. Des avions ont tiré des missiles Dalila à partir de la frontière entre la Syrie et le Liban, et des navires du Khe’l Hayam [la marine de guerre israélienne] ont également lancé des missiles depuis la Méditerranée à proximité du rivage libano-syrien.

 

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Un objectif en flammes, cette nuit, au cœur de Damas

 

La télévision nationale syrienne, pour la première fois depuis des années, émet en continu dans la foulée de ces raids.

 

L’agence officielle du régime alaouite des al Assad, SANA, fait état de "quatre martyrs, dont des enfants, et des blessés parmi les civils dans la localité de Sahnaya [carte] dans la banlieue sud de Damas". Des sources russes autorisées ont déclaré à ce propos que les victimes civiles de Sahnaya n’ont pas été atteintes par les missiles israéliens mais par des projectiles de la DCA [Défense Contre Avions] syrienne, des missiles S-125 selon Moscou. Ce qui n’empêche nullement les media gouvernementaux d’Assad de diffuser largement des images de civils sans vie, et notamment de trois enfants, dont leur armée est en fait responsable du décès.

 

Un missiles antiaérien syrien qui a manqué sa cible et échappé au contrôle de ses servants a par ailleurs explosé dans la partie de Chypre occupée par l’Armée turque, à plus de 175km à l’ouest des côtes syriennes, provoquant un incendie. Selon le ministre des Affaires Etrangères de ce territoire considéré comme une république indépendante par Ankara, il s’agit d’un missile de fabrication russe qui a explosé en vol et n’a pas fait de victimes. A notre avis c’est un engin de type S-200.

 

D’après le chef de la Ména libanaise, Michaël Béhé, l’attaque israélienne de cette nuit a été "très agressive, bien plus que les opérations des derniers mois". En outre, toujours selon Michaël Béhé, les divers media syriens font état de 16 morts dont six civils, mais notre camarade affirme avec certitude que ce chiffre est très nettement sous-évalué et modulé en fonctions des exigences de la propagande. Béhé est brièvement parvenu à s’entretenir avec un médecin de l’hôpital militaire d’Homs, qui lui a rapporté que "son établissement, à l’instar des autres hôpitaux de la région, croulait sous les blessés et qu’il y avait au moins 70 militaires morts, principalement des Iraniens et des miliciens chiites libanais du Hezbollah". Le bilan des attaques de cette nuit s’élève d’après notre spécialiste dans ce domaine à entre 130 et 170 tués et plus de 350 blessés, en ne tenant compte que des victimes causées directement par les frappes attribuées aux Israéliens.

 

En dépit des annonces des autorités syriennes affirmant avoir abattu certains missiles israéliens, tous ont atteint et détruit leurs cibles sans exceptions. On nous rapporte également que des unités spéciales russes établies dans le nord de la Syrie ont tenté de faire dévier des missiles israéliens de leurs trajectoires, probablement sans y parvenir ou avec un succès très limité.

 

Les sites visés avec une quasi-certitude lors de l’opération de cette nuit sont en vertu de l’estimation exclusive de la Ména [voir carte] :

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

1. Le soi-disant centre de recherche scientifique de Jamarryya (déjà bombardé à de multiples reprises), dans lequel était dissimulé un entrepôt souterrain de missiles appartenant à l’Armée iranienne.

 

2. L’aéroport de Mezzé (déjà bombardé à de multiples reprises), à proximité du palais présidentiel.

 

3. Les installations militaires situées au sud-ouest de Damas, entre 40 et 45km de la frontière israélienne, dans la zone des villes d’al Kishweh, Sahnaya et Darayya. Il s’agit d’une zone à forte concentration d’ouvrages tactiques comprenant des Q.G de divisions, de forces spéciales, des entrepôts d’armes et des nids de missiles antiaériens et sol-sol (déjà bombardés à de multiples reprises).

 

4. Une base militaire dans la ville d’al Dimass, sur la route Damas-Beyrouth, servant à l’entraînement des forces syriennes, iraniennes ainsi que des miliciens du Hezbollah, abritant également des entrepôts d’armes et de munitions destinées au Hezbollah (déjà bombardée à de multiples reprises).

 

5. Zabadani : un camp de la milice terroriste chiite libanaise du Hezbollah, à proximité de la frontière libanaise.

 

6. L’aéroport d’al Qousseir, à 17km au sud-ouest d’Homs, principalement utilisé par les Iraniens et le Hezbollah, et desservi par une piste de 2.6km.

 

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Vue de détail de l’aéroport de Qousseir près d’Homs

 

7. Plusieurs autres cibles de la zone d’Homs, appartenant à l’Armée iranienne et ses divers supplétifs chiites.

 

La raison de la frappe sur l’aéroport de Mezzé justifie une observation : les Gardiens de la Révolution, les Pasdaran perses, avaient transféré à Mezzé des drones d’attaque ainsi qu’un centre de contrôle à partir de l’aéroport T4 situé dans le désert, à 165km au nord-est.

 

Ils préparaient sans doute une attaque contre Israël. Leur intention était de réduire le temps de vol des drones afin de diminuer le risque qu’ils ne soient identifiés par les opérateurs de Tsahal en parcourant les 215km séparant T4 de la frontière israélienne. La distance de Mezzé à ladite frontière n’est que de 50km, soit quelques minutes de vol, ce qui restreint d’autant les chances que les aéronefs soient repérés. Heureusement pour les Hébreux, notre Renseignement a eu vent de la manœuvre avant que les Iraniens ne puissent mettre leur menace à exécution.

 

Les autres raisons ayant conduit aux frappes de la nuit dernière consistent plus que probablement en la nécessité d’oblitérer des nouvelles cargaisons de missiles envoyées d’Iran, d’empêcher qu’ils n’atteignent le Liban, de frapper des membres des forces spéciales iraniennes et syriennes ainsi que des miliciens du Hezbollah, et des nids de missiles antiaériens.

 

Cette opération s’inscrit dans la stratégie déclarée de Jérusalem de ne pas permettre l’établissement de l’Armée iranienne en Syrie de même que l’envoi d’armes au Hezbollah au Liban.

 

Tsahal a été mis en état d’alerte bien qu’une riposte de l’ennemi ne semble pas à l’ordre du jour, car il ne dispose pas des moyens de la réaliser non plus que ceux de risquer un affrontement généralisé avec l’Armée israélienne.