Tant de haine, tant de déraison, tant de contrevérités ! (030601/22) Version imprimable
jeudi, 06 janvier 2022

 

Par Ilan Tsadik

 

Encore une dépêche biaisée à caractère antisémite de l’AFP ce matin, rédigée au mépris de la déontologie des journalistes, des faits et de la langue française.

 

L’agence gouvernementale française d’information a indiqué ce jeudi qu’ "un Palestinien" avait été "tué par l’armée israélienne en Cisjordanie".

 

On peut retrouver cette dépêche notamment sur le Figaro, commise "Par Le Figaro avec AFP" et sur Ouest-France, par "Ouest-France avec l’AFP".

 

Les liens :

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/un-palestinien-tue-par-l-armee-israelienne-en-cisjordanie-selon-des-sources-palestiniennes-20220106

 

https://www.ouest-france.fr/monde/israel/un-palestinien-tue-par-l-armee-israelienne-en-cisjordanie-a5d98fe0-6ebd-11ec-a670-97ff7e2699e5

 

Ce câblogramme annonce que le Palestinien dont il est fait mention, "Bakir Hashash, 21 ans, originaire du camp de réfugiés de Balata, le plus grand de la Cisjordanie occupée, a été touché par balle à la tête lors d'une incursion de l'armée israélienne dans une zone à l'est de la ville de Naplouse pour procéder à des arrestations (…)".

 

A cette occasion l’AFP déroge à nouveau à nos règles professionnelles en ne privilégiant pas les qualités de l’individu en question – il s’agissait d’un homme armé -, ainsi que la raison pour laquelle il a succombé – il avait ouvert le feu sur des soldats israéliens.

 

Dans notre déontologie, les indications concernant la nationalité et la nature des blessures d’une personne sujette d’un article doivent être mentionnées à la suite des faits qui caractérisent l’incident narré dans la dépêche. La priorité doit être réservée à la description de l’incident et aux rôles tenus par ses protagonistes.

 

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Sic semper erat et sic semper erit

Cela a toujours été ainsi et cela le sera toujours

 

Par ailleurs, les soldats de la brigade territoriale de Samarie de Tsahal sont intervenus afin de procéder à UNE SEULE ARRESTATION ; celle d’un autre individu appartenant à une organisation terroriste palestinienne, reconnue comme telle par l’Union Européenne - dont la France, il semble nécessaire de le rappeler, fait partie intégrante - soupçonné de s’être livré à des activités terroristes.

 

Le suspect s’est rendu sans coup férir et sera déféré devant la justice – si l’enquête se termine par une inculpation - où il disposera d’un conseil de son choix afin d’assurer sa défense.

 

L’agence de presse officielle d’un Etat de l’UE est en principe censée se féliciter de la capture d’un individu suspecté de terrorisme, c’est-à-dire d’un personnage armé soupçonné de s’être attaqué à des civils.

 

D’autre part, la Cisjordanie est considérée comme "occupée" par un certain nombre de pays, mais comme faisant partie du territoire israélien par Israël, qui est l’un des protagonistes de ce différend essentiellement territorial.

 

L’AFP (et les media qui reprennent ses informations) dans un cas comme celui-là est censée indiquer les positions des deux parties à la dispute, sinon il s’agit de parti-pris en faveur des Palestiniens. Le fait que le gouvernement français considère que la Cisjordanie est un territoire occupé n’autorise en rien l’AFP et ses clients à omettre de stipuler la position de la partie israélienne. Cette omission constituant une atteinte supplémentaire à notre déontologie.

 

Ce qui est bien plus grave à ce propos consiste en l’application d’une règle d’exception condamnant exclusivement l’Etat hébreu en matière d’ "occupation". Après avoir dûment vérifié les faits, nous avons constaté que ces supports médiatiques ne mentionnent pas systématiquement la "Crimée occupée", la "partie Nord de Chypre occupée", le "Tibet occupé", etc. , dans leurs articles consacrés à ces territoires subissant comme la Cisjordanie la présence d’une armée étrangère.

 

Nous sommes ici en présence d’une exception à caractère antijuif, à moins que ces supports médiatiques soient capables de proposer une explication logique et solide à ce traitement différencié.

 

De plus, la dépêche de l’AFP indique que l’armée [israélienne] avait rapporté qu’ « Une victime a été identifiée », s’agissant du milicien mort après avoir tiré sur les soldats.

 

Il s’agit d’une citation absolument apocryphe de la part de l’AFP, endossée par les media qui ont rapporté cette "information" probablement sans la vérifier.

 

La Ména a obtenu le communiqué de l’Armée israélienne en hébreu et en anglais directement du bureau de son porte-parole. Voici son libellé :

 

"Lors d'une opération de la brigade territoriale de Samarie visant à arrêter un homme recherché dans la ville de Naplouse, des hommes armés ont commencé à tirer sur une force de Tsahal. Des combattants de Tsahal ont tué l'un des terroristes".

 

L’AFP a fait des citations bidouillées des sources institutionnelles israéliennes qu’elle cite une déplorable habitude. Ces malversations sont également constitutives de fautes professionnelles graves.

 

J’ajoute, dans un souci d’équité, que toujours selon notre déontologie, l’individu tué par la riposte des soldats de Tsahal n’était pas un terroriste. Les terroristes étant exclusivement des "individus armés s’attaquant systématiquement à des civils", selon la définition proposée par la Ména en 2004 et adoptée depuis par une majorité d’organismes à l’échelle de la planète.

 

Or les militaires israéliens ne sont pas des civils.

 

L’individu tué était donc un milicien – un homme armé n’appartenant à aucun corps étatique constitué (police, armée) – voire un agresseur, mais pas un terroriste.

 

L’AFP termine son câblogramme par le paragraphe suivant :

 

"Des affrontements avec l'armée israélienne éclatent régulièrement en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967 par l'État hébreu, en marge de manifestations contre la colonisation israélienne ou d'arrestations dans des localités palestiniennes par les forces de sécurité israéliennes. Environ 475.000 colons israéliens vivent en Cisjordanie, où habitent plus de 2,8 millions de Palestiniens".

 

Or ces "informations" sont fausses. En 1967 Israël a conquis la Cisjordanie après un conflit qui l’opposa à la Jordanie. Laquelle administrait ce territoire dont la propriété était disputée entre elle et Israël à la suite d’un armistice entre les belligérants et non d’un accord d’aucune sorte que ce fut.

 

Ce qui est certain est que la Cisjordanie n’était pas un territoire palestinien, puisqu’aucune entité étatique palestinienne n’a jamais existé et, par voie de causalité, que les Palestiniens n’ont pas participé à la Guerre de 1967 ou Guerre des Six Jours.

 

De plus, les affrontements en question opposent plus fréquemment des émeutiers palestiniens aux forces de l’ordres israéliennes et il manque également dans la dépêche la nature des arrestations auxquelles procèdent les soldats de Tsahal. A l’instar de celle de la nuit dernière.

 

Pour terminer provisoirement cette analyse de l’activité différentielle et propagandiste de l’agence officielle d’information du gouvernement français dans le différend israélo-palestinien, je conteste formellement l’emploi par l’AFP et ses clients des termes colons et colonies pour décrire les habitants juifs des implantations en Cisjordanie et dans la partie orientale de Jérusalem.

 

L’utilisation de ces vocables controuvés va à l’encontre des définitions solidement établies en science politique au-delà du doute légitime.

 

Considérant que l’emploi itératif et donc abusif de ce mot dans un but pernicieux stigmatisant, associé aux autres malversations à répétition que l’agence étatique tricolore réserve à l’Etat hébreu attente gravement à la paix sociale en France et à la sécurité de la communauté israélite de ce pays,

 

Observant que de multiples assassinats visant des membres de cette communauté ont déjà été justifiés par leurs auteurs en se basant sur des contrevérités de ce genre,

 

J’ai jugé qu’il fallait plus qu’une brève explication pour démontrer la dangerosité de l’abus de l’emploi du mot colonie et sa venimosité intentionnelle.

 

J’ai donc décidé de demander à ma rédaction de republier le texte intitulé "Une Explication", qui établit pour toute personne sérieuse et de bonne foi l’inanité de l’emploi de cette formule. Ainsi que les raisons inavouables de cette pratique et ses conséquences.

 

Cet article en plusieurs parties avait été rédigé par Stéphane Juffa en août 2004, mais on se rend compte en le lisant qu’il n’a jamais été autant d’actualité. Il prévoyait de surplus une multitude d’événements qui se sont déroulés depuis. C’est à mon avis l’un des textes-piliers de notre agence, et j’invite vivement tous ceux qui ont réellement l’intention de comprendre les mécanismes du différend israélo-palestinien ainsi que la politique arabe du gouvernement et de l’intelligentsia français à le lire.

 

Ce texte est en lecture libre sur le site de la Ména www.menapress.org .