Tirs perdus syriens massifs en Israël et riposte proportionnelle de Tsahal (info # 012406/17) Version imprimable
samedi, 24 juin 2017

 

© Metula News Agency

 

Métula, samedi 20h00, 19h00 à Paris

 

Cette après-midi, aux alentours de 15h locales, une dizaines de projectiles tirés depuis la Syrie ont atterri en territoire israélien, sur les hauteurs du Golan. Il s’est agi de tirs égarés provenant des combats acharnés qui se déroulent sur le Golan syrien entre les rebelles du Front du Sud et les forces gouvernementales, soutenues par l’Armée iranienne et la milice libanaise chiite du Hezbollah. Les explosions en Israël n’ont fait ni victimes ni dégâts.

 

L’essentiel des combats se situe dans la région de la ville d’al Baath, entre les mains du régime, et al Khmidaya, sous contrôle rebelle (voir la carte). Mais toute la région du Golan syrien figurant sur la carte est actuellement encore le théâtre d’échanges d’artillerie, de roquettes et de missiles d’une violence que nous n’avions pas connue depuis de nombreux mois.

 

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Carte à jour de la situation militaire dans la région de Kuneitra

Service cartographique © Metula News Agency

 

Les murs des maisons de Kiryat Shmona tremblent à cause des sons provenant de la frontière, à 25km à l’Est, à vol d’oiseau. Les explosions sont également très audibles à la rédaction de la Ména à Métula, 3km plus loin.

 

Vers 16h, un drone du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, a riposté à cette violation de souveraineté en détruisant deux chars d’assaut gouvernementaux qui participaient aux combats, ainsi qu’une batterie d’artillerie et un nid de mitrailleuses lourdes du régime.

 

Les forces rebelles occupent des positions établies à quelques dizaines de mètres de l’Etat hébreu, dans le but de dissuader leurs adversaires de les bombarder à cause du risque de toucher le territoire israélien et de générer ainsi des représailles.

 

Les forces du régime syrien s’abstiennent d’utiliser leur aviation dans cette partie de territoire voisin d’Israël, car leurs avions et leurs drones y sont abattus systématiquement.

 

Au vu du risque de nouveaux tirs perdus, les routes d’accès israéliennes à la région de Kuneitra et de la Vallée des larmes1 ont été interdites à la circulation des civils. Les agriculteurs qui cultivaient des champs dans la zone ont été priés de rentrer chez eux, de même que les milliers de touristes, qui, par ce beau samedi de juin, pratiquaient la cueillette des cerises et d’autres fruits dans des plantations prévues à cet effet. Les sirènes d’alerte en cas de bombardement n’ont pas retenti à l’occasion des tirs ennemis.

 

Le porte-parole de Tsahal a rappelé dans un communiqué que la riposte a été la conséquence de la violation inacceptable de la souveraineté israélienne, et qu’une plainte avait été déposée auprès de l’UNDOF (ou FNUOD en français), les Forces des Nations Unies chargées d'Observer le Dégagement de 1974.

 

Ce contingent onusien n’intervient plus en Syrie, dans la zone qu’il était censé superviser, après que certains de ses Casques bleus ont été kidnappés et leurs armes saisies par des factions syriennes. Ces personnels doivent d’avoir eu la vie sauve à des interventions de secours de l’Armée israélienne.

 

Jérusalem considère que le régime syrien est globalement responsable des violations de sa souveraineté "ayant le territoire syrien pour origine" et de la mise en danger de ses citoyens.

 

 

 

Note :

 

1La Vallée des larmes, ou "Emek ha-bakha",  en hébreu, doit son nom aux centaines de morts des armées israélienne et syrienne tombés lors des combats de chars dans cette vallée lors de la Guerre de Kippour en 1973.