Très grosse opération aérienne israélienne en Syrie cette nuit (013011/18) Version imprimable
jeudi, 29 novembre 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula, vendredi, 04h00, 03h00 à Paris

 

Selon des sources non-israéliennes, le Khe’l Avir (l’Aviation israélienne) a procédé ce jeudi soir à des attaques massives visant un grand nombre d’objectifs en Syrie.

 

Les chasseurs-bombardiers à l’étoile de David ont procédé par trois vagues successives, la première intervenant à 22h40 locales et la dernière, à 23h20.

 

Un missile sol-air syrien, après avoir manqué sa cible, a atterri dans la partie israélienne du Golan, dans la région du village druze de Boukata, en terrain inhabité, sans faire de dégâts ou de victimes.

 

Les media officiels du régime alaouite ont fait état d’un avion israélien abattu, ce qui a été démenti par le porte-parole de Tsahal, qualifiant les annonces selon lesquelles un appareil israélien ou une cible aérienne israélienne auraient été atteints de mensongères.

 

Les équipes spécialisées de la Ména à partir de Métula et de Beyrouth suivent ces opérations pratiquement depuis leur début, tentant, par recoupements, de savoir quels sont les objectifs qui ont été atteints et quel est le résultat de ces raids. Le chef du bureau de l’agence à Beyrouth, Michaël Béhé, est parvenu à établir des conversations téléphoniques avec des témoins oculaires des frappes. Les cibles figurant en rouge sur la carte suivante ont ainsi pu être authentifiées. Celles apparaissant en bleu proviennent de media du régime ou de l’opposition et n’ont pas encore pu être confirmées par Béhé.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Ce que nous pouvons affirmer au moment d’émettre cette Breaking News est que les destructions occasionnées aux infrastructures militaires ennemies sont très conséquentes et que l’on compte un nombre élevé de morts et de blessés, dont le bilan définitif se chiffrera au-delà d’une centaine.

 

L’agence gouvernementale SANA concède que l’ "agression" a été "intense". D’autres sources syriennes font état d’une première évaluation de 34 morts, pratiquement tous iraniens, membres du Hezbollah ou d’autres milices chiites au service de l’Iran.

 

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Des dégâts très importants

 

La zone la plus touchée se situe à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de Damas, autour de la ville d’al Kiswah, déjà plusieurs fois visée par des actions du Khe’l Avir.

 

Le quartier général des Gardiens de la Révolution iranienne qui y était installé a été totalement détruit. Il dirigeait les activités de l’Armée khomeyniste et de ses milices pour la région du Golan et du sud de la Syrie.

 

Des installations de communication, des dépôts d’armes et de munitions attenants aux affairements de ce QG ont également été oblitérées.

 

Selon d’autres rapports syriens qui n’ont pas pu être vérifiés jusqu’à présent, le QG de la division 76 de l’Armée gouvernementale a lui aussi été détruit.

 

Des cibles militaires proches de la province de Quneitra, non loin de la frontière israélienne dans le Golan, ont été anéanties avec certitude. C’est également le cas d’objectifs à al Dimass, à 4km du Liban, sur la route Beyrouth-Damas, par laquelle transitent des armements et des munitions destinés au Hezbollah et fournis par les Iraniens et les Syriens.

 

Des media syriens font état de la destruction de 4 appareils au sol à l’aéroport international de Damas, mais nous ne sommes pas en mesure de confirmer ou d’infirmer cette information. Les mêmes sources décrivent des frappes visant des objectifs iraniens dans la banlieue de Lattaquié, à proximité de la base aérienne russe de Khmeimim, le cœur du déploiement des S-400.

 

Ces bombardements de grande envergure se sont déroulés en dépit des avertissements de Moscou qui promettait de s’interposer en cas d’attaques aériennes israéliennes en Syrie.

 

Les opérations de cette nuit ont été lancées malgré la déclaration du Général Sergei Shoigu, le ministre russe de la Défense, qui affirmait, le 2 octobre dernier, que les systèmes de missiles antiaériens S-300 avaient été déployés sur le sol syrien.

 

Les appareils du Khe’l Avir sont intervenus en plein dans les zones défendues par les S-300 et les S-400 russes sans être inquiétés. Bien que nombreux, les tirs de missiles sol-air ont semblé extrêmement imprécis, voire incohérents. Dans l’un des cas, filmé par un automobiliste syrien [voir la vidéo], l’on distingue deux missiles qui s’interceptent mutuellement, ce qui pourrait être le fruit d’une prouesse technique des ingénieurs hébreux, qui seraient parvenus à "envahir" à distance et à s’approprier le contrôle des radars russes de dernière génération.

 

Moscou, notamment par l’intermédiaire de son ministre des Affaires Etrangères Sergeï Lavrov, avait menacé Jérusalem de graves conséquences s’il s’en prenait à nouveau à la capitale syrienne et à ses aéroports. Les Israéliens sont passés outre, probablement parce que les Iraniens et leurs alliés préparaient de façon imminente (peut-être même cette nuit) des transferts massifs d’armements pour le Hezbollah et des coups de main contre la partie israélienne du Golan.

 

Il apparaît aussi que la supériorité des Hébreux sur la technologie des systèmes de missiles russes, opportunément décrite en exclusivité par Jean Tsadik dans son analyse de mercredi dernier, leur procure la liberté d’action dont ils ont besoin pour réguler la menace de leurs ennemis en Syrie.