Tsahal par K.O (011805/21) Version imprimable
mardi, 18 mai 2021

 

Analyse de Stéphane Juffa, assisté de Jean Tsadik, avec la participation de Michaël Béhé, Sami el Soudi, Jules Mazouz et Ilan Tsadik


Métula, mardi 18:00, 17:00 à Eugénie-les-bains

 

Cet article fera date, car l’information qu’il contient n’a été communiquée par aucun media et elle est capitale.

 

La Guerre de Gaza est virtuellement terminée..

 

C’est l’information en question.

 

Voici l’une des dernières annonces en date émise par le porte-parole de Tsahal concernant la nuit dernière [de mardi à mercredi] :

 

"Des avions de combat de Tsahal ont frappé pour la quatrième fois le réseau de tunnels "Métro" de l'organisation terroriste du Hamas dans le nord de la bande de Gaza. Au cours de la frappe, environ 65 cibles terroristes ont été oblitérées par 62 avions de combat des Forces de Défense d’Israël, au moyen d’environ 110 projectiles guidés".

 

Ce que Tsahal ne dit pas, c’est que la capacité des organisations terroristes islamiques palestiniennes de Gaza de tirer des roquettes sur les villes et les villages israéliens a été anéantie.

 

Et c’est tout ce qu’il leur restait après que leurs infrastructures de surface ont été détruites à 85%.

 

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Trois missiles alignés pour la destruction d’une section du Métro

 

Vidéo : Destruction d’une autre section du Métro sur le bord de mer

https://twitter.com/ArabNewsfr/status/1394590105591967746?s=07&fbclid=IwAR38oszXM0TOMKd92-RTJ8JreZK_FMnMxx5PNly1B-o3BHafQo5sgpKi4xA

 

La plupart des analystes pensaient qu’il serait impossible à l’Armée israélienne d’anéantir le réseau de roquettes et leurs lanceurs installés dans le labyrinthe de boyaux souterrains baptisé Métro, parfaitement étayé grâce à des structures préfabriquées en béton et long de 150 kilomètres.

 

Le Hamas aussi en était persuadé.

 

D’après les connaissances militaires qui prévalaient avant Gardien des Murailles, c’était effectivement impossible.

 

A la Ména, au fait des capacités développées par l’industrie de l’armement israélienne, nous savions que c’était possible. Mais nous étions convaincus que cela prendrait entre deux et trois semaines à partir de la destruction des moyens militaires ennemis de surface. C’est-à-dire à partir de maintenant.

 

Lors, nous savions pertinemment que l’Etat hébreu ne disposerait pas de ce laps de temps, en raison de la pression internationale, particulièrement celle émanant de la Maison Blanche, pour mener à terme cette tâche.

 

C’était aussi l’opinion des analystes stratégiques du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne.

 

Nous étions tous persuadés que seule une opération terrestre éclair pouvait venir à bout du Métro. Et que la confrontation actuelle se terminerait par une situation dans laquelle le Hamas et ses organisations complices disposeraient toujours de plusieurs milliers de roquettes et d’une infrastructure souterraine idoine pour les lancer sur Jérusalem et Tel-Aviv lorsqu’ils le décideraient.

 

Le Métro et ses roquettes étaient tout ce qu’il restait aux terroristes djihadistes pour perturber Israël. Cela ne pesait d’aucun poids stratégique et cela avait un impact tactique très limité. Rien qui ne mette directement en danger la suprématie militaire d’Israël et encore moins sa pérennité. Mais vivre sous la menace constante d’un groupe restreint de terroristes islamiques et de leur armement datant des années cinquante, acharnés à faire le plus de victimes possibles dans notre population civile était insupportable.

 

Privées de cette menace, ces milices terroristes ne sont guère plus combatives qu’une meute de chats ronronnants. De plus, tous leurs concepteurs d’armement, tous les cadres de leur industrie militaire et tous les ateliers de fabrication ont été anéantis avant même que ne commence la destruction du Métro. Ce qui compliquera terriblement la tâche de leur réhabilitation par le Hamas.

 

C’est l’idée d’Aviv Kokhavi, le général chef de l’état-major de Tsahal, décidément un homme hors du commun. Il a réuni les commandants de l’Aviation et de l’Artillerie, et leur a donné quatre jours pour détruire le Métro.

 

Ils lui ont sans doute répondu que c’était absolument impossible.

 

Il leur a immanquablement affirmé que ce n’était pas leur opinion qu’il leur demandait mais qu’il s’agissait d’un ordre. Que c’était à eux de s’organiser. Que c’était leur boulot.

 

Jusqu’à présent, en plus des tirs d’artillerie, on s’est trouvé à un moment avec 160 chasseurs-bombardiers dans la minuscule portion de ciel de Gaza. Et au moins trente drones et quinze hélicoptères d’assaut.

 

Demandez à un contrôleur aérien de l’aéroport H.-Jackson à Atlanta, le plus fréquenté du monde, même sans que ces avions ne tirent un seul coup de feu, s’il s’agit d’un trafic gérable. Il vous répondra invariablement que non. Parce que c’est un tour de force, surtout que ces avions se déplacent beaucoup plus rapidement en configuration d’attaque que ceux qui sont en phase d’évolution autour d’un aéroport civil.

 

Lorsque l’on imagine qu’ils ont aussi tiré à tout le moins deux cents projectiles, dont 120 missiles guidés, l’on dépasse la science-fiction. Il s’agit de l’opération aérienne la plus complexe jamais organisée dans l’histoire militaire. Dix fois plus sophistiquée que la précédente.

 

Et elle s’est reproduite quatre fois lors des trois derniers jours, à quelques dizaines d’avions près. Ce mardi matin, c’était le cinquième service.

 

On est arrivé à une intensité et une puissance de feu simplement incroyables. Et la cerise sur le gâteau, c’est que ces cinq raids et tout le reste des opérations n’ont occasionné que 500 morts dans le Califat de Gaza. Dont uniquement dix pour cent de civils. Parmi lesquels soixante-cinq pour cent ont été occis par des roquettes djihadistes ayant explosé prématurément.

 

Je regrette sincèrement chacune de ces morts civiles, mais relativement au travail accompli, les pertes collatérales infligées par Tsahal sont insignifiantes. Ceux qui prétendent le contraire sont soit désinformés, soit désinformants, soit ce sont des nigauds.

 

Est-ce à dire que Tsahal a détruit la totalité du Métro et des roquettes à disposition des terroristes islamiques ?

 

Certes non. Il doit leur rester entre 500 et 1 000 roquettes intactes, très majoritairement des modèles à courte portée. Et le Hamas ne peut pas les tirer jusqu’à la dernière, car sans cette petite quantité restante, il serait totalement nu face à la force de frappe de Tsahal.

 

Alors il limite les tirs. Il avait promis de viser une nouvelle fois Tel-Aviv la nuit dernière et il ne l’a pas fait. Toutes les roquettes destinées à cette opération avaient été détruites [source Tsahal]. L’Armée israélienne a neutralisé 70 batteries souterraines capables de tirer 7 roquettes simultanément.

 

On aurait pu croire que la milice terroriste s’abstenait de tirer parce qu’elle entendait faire étalage de sa bonne volonté pour parvenir à un cessez-le-feu. Mais si cela avait été le cas, elle n’aurait pas lancé des engins à faible rayon d’action et à l’unité sur le Kibboutz Nahal Oz à 06h07 ce matin, sur celui d’Ein Hashlosha à 06h17, et sur le pourtour de Gaza à 05h33.

 

Car ces salves n’avaient pratiquement aucune chance de faire des dégâts significatifs sur leurs objectifs, et si le Hamas désirait faire montre de ses bonnes intentions, ces tirs n’en valaient pas la chandelle. Ils étaient contre-productifs.

 

A part cela, on n’a pas observé de tirs de la version longue portée [70-80km] sur Tel-Aviv et le centre d’Israël depuis dimanche matin à minuit vingt-et-une.

 

Ce n’est pas tout. La plupart des projectiles tirés sur les agglomérations israéliennes du pourtour de Gaza sont désormais des obus de mortier. Ils transportent bien moins d’explosifs qu’une roquette, et ils sont tirés depuis la surface. Un habitant de ces conurbations a été grièvement blessé, mais trois unités de canonniers de mortiers djihadistes ont été décimées.

 

Nous ne PRETENDONS AUCUNEMENT QUE LES MILICES TERRORISTES ISLAMIQUES NE SONT PLUS CAPABLES DE TIRER DES ROQUTTES, Y COMPRIS SUR TEL-AVIV, NOUS AFFIRMONS UNIQUEMENT QUE LE NOMBRE DE ROQUETTES QUI RESTE A LEUR DISPOSITION EST NEGLIGEABLE. Et qu’il se réduit d’heure en heure.

 

La preuve : ils viennent d’en tirer trois salves sur Ashdod, Ashkelon et Beersheva, à 14h31, 14h46 et 14h56.

 

Mais s’il y a trois jours chacune des salves sur ces villes comportait au moins 50 roquettes, aujourd’hui, les trois salves conjuguées et sur les trois villes ont compté au total moins de 20 projectiles. Le commentaire d’Eyal ben Moerdekhaï, notre observateur à Ashkelon : "Cela change de voir dans le ciel cette après-midi les panaches de deux intercepteurs [du Dôme de Fer] seulement, alors que le weekend dernier, il y en eut jusqu’à 25 simultanément.

 

De plus, à cause de l’effondrement de la plus grande partie du Métro, les terroristes palestiniens sont contraints de lancer la plupart de leurs roquettes depuis la surface. Et ce mardi, plusieurs de ces "artilleurs" ont été conséquemment mis hors de combat.

 

Cela ne signifie pas que les obus de mortiers sont inoffensifs : il y a quelques instants, des projectiles de ce genre se sont abattus sur les unités d’habitation d’ouvriers agricoles étrangers sur le territoire du Conseil régional d’Eshkol (dans le pourtour de Gaza) qui s’étaient réunis dans l’un des appartements.

 

On déplore deux morts, deux blessés graves et six blessés légers.

 

Un Israélien a par ailleurs été blessé non loin de là, au point de passage de Kerem Shalom, également par un mortier, alors qu’il supervisait le transfert de denrées humanitaires et de fioul destinés aux habitants de la bande côtière. C’est la parabole du chien mordant la main de celui qui le nourrit.

 

Tsahal n’a pas terminé son travail. Il reste des tunnels intacts dans le sud (zone de Rafah) et le centre (zone de Khan Younès) de Gaza. Mais ils sont moins significatifs, car, plus éloignés des métropoles israéliennes, ils étaient naturellement largement moins achalandés en roquettes.

 

Dans le périmètre de Gaza-city, il reste aussi des lanceurs, des entrepôts de roquettes à détruire, et j’ai l’impression que Tsahal sait où ils se trouvent. Cela fera probablement partie du sixième assaut combiné à venir.

 

Ceci dit, au rythme où vont les choses, dans 3 ou 4 jours, les milices islamiques ne seront pas en mesure de lancer plus de quelques roquettes isolées. Et de s’attirer des ripostes ravageuses de la part de l’Armée israélienne.

 

Pendant ce temps, une autre part de l’activité de cette dernière se concentre sur l’élimination des chefs politiques et militaires du Hamas et du Djihad - la liste de ces éliminations est déjà très longue -, ainsi que de leurs villas vides en surface.

 

Il reste à espérer qu’un cessez-le-feu ne sera pas imposé à Jérusalem prématurément.

 

Mais même dans ce cas, nous affirmons dans cet article que Gardien des Murailles ne se soldera pas par un match nul. Les milices islamiques de Gaza agonisent. Ses chefs ne sont pas en état d’exiger quoi que ce soit à la fin de cette confrontation, uniquement que le boxeur Tsahal cesse de les rouer de coups, car ils sont K.O. debout.

 

Si les Forces de Défense d’Israël n’annoncent pas leur victoire, c’est parce qu’elles n’ont pas totalement terminé le travail qu’Aviv Kokhavi leur a fixé. Parce que le triomphalisme n’est pas la marque de fabrique de cette maison. Parce que si elles revendiquaient leur victoire, les pressions politiques s’accentueraient immédiatement pour imposer un cessez-le-feu à Israël. Et parce que si l’information que nous venons de dévoiler se répandait, on courrait le risque de voir les populations du sud d’Israël abandonner les consignes de sécurité, et cela générerait des victimes inutiles.

 

Nous, nous faisons consciencieusement notre travail de journalistes et d’analystes. Nous ne devons nous préoccuper que de transmettre ce que nous avons découvert d’important à nos abonnés. Et cela, c’est l’information la plus importante de ce conflit. Elle n’est pas uniquement pertinente pour cette confrontation. La situation entre Israël et le Califat de Gaza a fondamentalement changé grâce à la victoire d’Aviv Kokhavi et de ses soldats. Elle est totalement nouvelle, le monde et les Israéliens ne vont pas tarder à découvrir la nouvelle réalité, c’est une affaire de quelques jours.

 

Entre-temps, la sixième vague de l’offensive anti-Métro semble avoir commencé tandis que je rédigeais la conclusion de cette analyse. Les milices terroristes islamiques palestiniennes ont riposté en lançant des mortiers sur les agglomérations limitrophes et en tirant quelques roquettes sur Beersheva et Dimona. Mais c’est juste la fin de quelque chose. Pas encore le baroud d’honneur des terroristes qui viendra également pour faire croire qu’ils ont gagné. Mais ce sera l’heure des mourants qui crient victoire. Ils sont finis. Il va falloir tout reconstruire, mais autrement.