Tsahal s’attaque aux tunnels du Hezbollah (010412/18) Version imprimable
mardi, 04 décembre 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula, mardi, 15h00, 14h00 à Paris

 

Depuis la nuit dernière, Tsahal a déclenché l’opération "Bouclier du Nord" le long de la frontière avec le Liban et particulièrement à Métula, le siège de notre rédaction.

 

Dès 22h hier [lundi] notre village a été déclaré Zone militaire, à la plus grande surprise des habitants qui ne remarquaient rien de spécial, à l’exception peut-être d’une imposante présence de véhicules militaires sur les routes et de commandos lourdement armés, chaussette noir jusqu’aux yeux, qui barraient l’entrée des plus petits sentiers conduisant à la frontière.

 

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Photographies © Stéphane Juffa, Metula News Agency

 

A la Ména, nous étions au courant de ce qui se passait mais fonctionnions sous une très stricte interdiction de la censure militaire de parler de quoi que ce soit en rapport avec cette activité. Les hommes des forces spéciales avaient reçu la consigne de se borner à répondre aux nombreuses questions qu’on leur posait par la phrase : "Nous sommes au travail".

 

Ce matin, nous nous réveillions entourés de dizaines de confrères de la presse télévisée et écrite, aussi bien des Israéliens que des étrangers. Les services d’urgences – notamment l’hôpital de campagne desservi par Rahem, l’association de volontaires médicale et de secours de Métula, dirigée par Akki Levinsky – étaient à pied d’œuvre et la cellule de crise de la municipalité était au travail autour de son maire.

 

Perpendiculairement à notre rédaction, à 400 mètres d’icelle, Tsahal avait découvert l’extrémité d’un tunnel stratégique du Hezbollah, construit grâce à l’argent et aux conseillers iraniens, qui débouche à une quinzaine de mètres en territoire hébreu [photos].

 

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Photographies © Stéphane Juffa, Metula News Agency

 

Les commandos d’infanterie ont d’abord sécurisé toute la zone, l’Armée a adressé une menace en arabe aux miliciens du Hezbollah de ne pas s’approcher des tunnels, puis les travaux de mise à jour du puits de sortie ainsi que du boyau d’accès ont débuté. Ils se poursuivent en ce moment, alors que les pelleteuses ont déjà largement dégagé le secteur reliant la sortie du tunnel à la ville libanaise chiite de Kfra Kileh (25 000 hab.) aux mains du Hezb, sur une hauteur de plusieurs mètres.

 

Ecoutez l’intervention de Stéphane Juffa au micro d’Alexandre Theron, sur Radio Judaica.

 

La situation est calme et sous bon contrôle de Tsahal, déployé dans toute la région et observant les activités de l’ennemi depuis les airs. Bouclier du Nord, une opération essentiellement défensive, va se poursuivre ces prochains jours ; elle a pour but de détruire l’option militaire conçue par la milice chiite libanaise et ses chefs à Téhéran, consistant à se ménager des options offensives grâce au creusement de divers tunnels sous la frontière.

 

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Photographies © Stéphane Juffa, Metula News Agency

 

Ces activités contreviennent évidement aux dispositions de la résolution 1701 du Conseil de Sécurité, laquelle avait mis fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah de 2006. Le Général de brigade Ronen Manelis, porte-parole de Tsahal, l’a rappelé à bon escient.

 

Manelis a également précisé que "le fait que le Hezbollah a des tunnels qui traversent la frontière est la preuve d’une violation flagrante de la souveraineté israélienne. Nous considérons cela comme une situation sérieuse portant atteinte au Liban et aux citoyens libanais, et tenons le gouvernement libanais responsable. Nous possédons en outre les preuves indiscutables de ce que le gouvernement libanais ne contrôle pas sa frontière. L’argent iranien est derrière ces tunnels", a poursuivi le général.

 

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Photographies © Stéphane Juffa, Metula News Agency

 

Toujours selon Mandelis, "les troupes israéliennes le long de la frontière ont été renforcées, nous contrôlons totalement la situation et sommes déterminés à chasser la menace des souterrains du Hezbollah de la frontière nord".

 

L’Armée libanaise a déployé quelques chars ainsi que des unités de combat à distance respectable d’Israël afin de parer, nous citons, "à une éventuelle opération israélienne".

 

Quant à l’Armée syrienne, elle a été placée en état d’alerte en réaction aux activités du Khe’l Avir à la frontière israélo-libanaise.

 

Le Hezbollah et l’Iran n’ont pas bougé face à la destruction de leurs tunnels qui leur ont coûté cher et qui représentaient leur unique option offensive terrestre en cas de confrontation avec l’Etat hébreu.

 

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Une vue de l’intérieur du tunnel découvert ce matin à Métula

 

Le déclenchement de l’opération Bouclier du Nord, à vocation défensive, nous l’avons précisé, doit être considéré en corrélation avec le long entretien entre Messieurs Netanyahu et Mike Pompeo, le Secrétaire d’Etat américain, hier à Bruxelles. Une rencontre à laquelle participaient des responsables militaires et du Renseignement.

 

Israël envisage désormais de poursuivre la destruction du corps expéditionnaire iranien en Syrie et celle des entrepôts abritant les roquettes du Hezbollah au Liban. Le Premier ministre a probablement demandé à M. Pompeo que les Etats-Unis s’interposent au cas où la Russie déciderait d’intervenir militairement aux côtés des Syriens, des Iraniens et du Hezbollah face à une éventuelle attaque préventive des forces de Jérusalem. Il est tout aussi probable que l’Administration Trump soit encline à accorder cette assurance aux Israéliens.

 

Ce, d’autant plus que Washington n’a pas du tout apprécié les essais de tirs des nouveaux missiles balistiques perses, capables de frapper l’Europe, non plus que les actes bellicistes de Vladimir Poutine à l’encontre de l’Ukraine.

 

La démonstration du Khe’l Avir qui a mis à nu les carences des forces russes au Moyen-Orient, et particulièrement de leurs missiles et de leur aviation, pourrait encourager les Occidentaux et Israël à pousser leur avantage tactique en se débarrassant de la menace de la théocratie iranienne, ainsi que de la terreur que font régner ses supplétifs du Hezbollah sur la majorité des habitants du Liban.