Une base de missiles iraniens détruite ce matin en Irak (011907/19) Version imprimable
vendredi, 19 juillet 2019

 

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© Metula News Agency

 

Métula, vendredi,

 

Tôt ce matin, la base de Shahada en Irak [ara. : "le témoignage", la principale profession de foi de l’islam : "Il n'y a pas de Dieu autre qu'Allah ; Muhammad est le Messager d'Allah"], contrôlée par les miliciens chiites des Hachd al-Chaabi [ara. : Unités de mobilisation populaire], les supplétifs de l’Iran en Irak, et abritant des Gardiens de la Révolution (khomeyniste) iraniens, les Pasdaran, et des miliciens chiites libanais du Hezbollah, a été la cible d’une attaque aérienne.

 

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Cette base se trouve en zone désertique à proximité de la ville de Salah ad-Din [Saladin][voir la carte], à 720km au nord-est du point israélien le plus proche, non loin de Métula, à 150km au nord-ouest de Bagdad et à 250km de la frontière iranienne la plus proche.

 

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Salah ad-Din

Service cartographique © Metula News Agency

 

L’Armée irakienne a reconnu l’attaque, affirmant qu’ "un drone avait lancé une grenade sur un entrepôt provoquant un incendie". Un descriptif pas crédible selon notre expertise : des drones ont effectivement la capacité de lancer des missiles air-sol mais les informations disponibles sur cette opération correspondent plus à une attaque de missiles lancés par des chasseurs-bombardiers, probablement des F-35 furtifs.

 

Deux cibles à l’intérieur de la base ont été visées et détruites : la première est un bâtiment abritant des missiles balistiques iraniens, vraisemblablement des Zulfiqar à carburant solide [ara. : l’épée à double lame de l’imam Ali, le cousin du prophète Mahomet, vénéré par les chiites comme son successeur], théoriquement capables d’atteindre le nord d’Israël à partir de de Salah ad-Din.

 

Le second objectif était constitué de diverses infrastructures, possiblement des installations de lancement destinées aux Zulfiqar.

 

Les annonces en provenance d’Irak font état d’un mort et de deux blessés. Selon nos informations, cette estimation est nettement minorée, de nombreux Pasdaran iraniens et des miliciens du Hezbollah, attachés à l’assemblage, à l’entreposage, à l’entretien et au tir de ces missiles auraient été tués lors du raid. [voir une vidéo exceptionnelle de l’attaque].

 

Les missiles ont été transportés d’Iran à la base de Shahada par des camions camouflés en véhicules transportant des aliments réfrigérés. Le gouvernement chiite d’Irak avait connaissance de ces transports mais il a préféré ne pas les intercepter.

 

L’édification et l’armement de ce complexe font partie des efforts de Téhéran visant à préparer une riposte à une éventuelle offensive américaine contre son territoire. La junte théocratique chiite au pouvoir en Perse a souvent averti que, dans cette éventualité, elle lancerait des missiles sur Israël, sur les forces étasuniennes et sur leurs alliés dans la région.

 

Les experts en armement de la Ména n’ont pas une grande foi dans la précision et la fiabilité de ces engins, mais notent cependant que la dictature iranienne a fait récemment des progrès dans ces domaines.

 

Le Département de la Défense U.S. a fait savoir qu’il n’a pas participé à cette opération ; ce qui rend plausible les articles de la presse irakienne et arabe qui attribue le raid à l’Etat hébreu. D’autant plus que le gouvernement et l’Armée israéliens ont répété ces derniers jours qu’ils n’hésiteraient pas à frapper des objectifs iraniens en Irak s’ils constituaient une menace pour leur territoire.

 

Fidèle à son habitude, le porte-parole de Tsahal n’a ni confirmé ni démenti ces affirmations.

 

Les Américains disposent toujours de bases en Irak, notamment des centres de Renseignement, dont certaines ne sont pas très éloignées des cibles visées ce matin.

 

Quoi qu’il en soit, les moyens militaires de la dictature théocratique iranienne sont dérisoires en comparaison de l’arsenal à disposition des Américains et des Israéliens. Dans le cas d’une opération visant les infrastructures nucléaires en Iran, les concentrations de missiles balistiques, les centres de recherche, les unités d’élites de l’Armée et les symboles du pouvoir, les ayatollahs voudraient avoir la capacité de concevoir une riposte, même limitée, afin de prolonger la période de confrontation.

 

Un responsable de l’Armée iranienne a fait savoir cette semaine dans ce dessein, que si les Américains pensaient pouvoir effectuer une frappe courte contre leur pays, ils se fourvoyaient. Mais en cas de confrontation armée, Téhéran ne dispose d’aucun moyen réel de contraindre les Américains à entreprendre la conquête de son territoire qui ne revêt aucun intérêt du point de vue stratégique.

 

Après une première frappe, d’une durée de quelques jours tout au plus, les Américains et leurs alliés auraient tout le loisir d’organiser des frappes d’ "entretien", aussi souvent et longtemps que nécessaire, afin d’empêcher l’ennemi de riposter et de réparer les dégâts qu’il aurait subis.

 

Nous notons encore que la base de Shahada est implantée en pleine zone sunnite et que la population de cette région voue une grande hostilité aux Iraniens ainsi qu’aux Unités de mobilisation populaire chiites. Les habitants sont pour la plupart favorables aux Etats-Unis et constituent de ce fait un réservoir intéressant au niveau de la collecte d’informations à caractère militaire.

 

Metula News

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