Vaste opération de Tsahal en Syrie la nuit dernière (010906/21) Version imprimable
mercredi, 09 juin 2021

 

© Metula News Agency


Stéphane Juffa, Michaël Béhé et Jules Mazouz ont participé à cette dépêche


Métula, mercredi

 

La nuit dernière – de mardi à mercredi – le Khe’l Avir, l’Armée de l’air israélienne, a conduit plusieurs raids en Syrie.

 

L’objectif consistait à détruire des entrepôts d’armes et de munitions au service des Gardiens de la Révolution khomeyniste [Pasdaran] et de leur milice supplétive du Hezbollah libanais, le plus souvent stockés dans des bases appartenant à l’Armée gouvernementale syrienne de Bashar al Assad.

 

Les armes et munitions visées avaient été transportées d’Iran en Syrie durant le mois dernier, principalement par les deux 747 convertis en cargos de la Qeshm Air, achetés au Japon à la fin du siècle dernier.

 

A la Ména, nous avons suivi tous ces vols sur nos applications de radars aériens civils.

 

L’état-major de Tsahal avait décidé de ne pas intervenir durant la confrontation avec le Hamas en suivant l’hypothèse stratégique consistant à ne rien faire qui soit susceptible de nous amener à devoir traiter plusieurs fronts simultanément. Cela aurait notamment demandé une importante mobilisation de réservistes, et aurait mis de l’huile sur le feu du mouvement de révolte d’une partie des Israéliens musulmans.

 

Il ne fait aucun doute que la Théocratie chiite persane a cru pouvoir tirer profit de ces événements afin de transférer impunément ces armes et ces munitions en Syrie.

 

Ce faisant, même en prenant des dispositions de maintien du secret extrêmes avec ses alliés, elle a commis l’erreur de sous-estimer à nouveau les capacités du renseignement hébreu. Lequel sait, avec une précision déraisonnable, tout ce qu’il se passe de l’autre côté de nos frontières. Y compris l’emplacement exact des marchandises arrivées d’Iran. Exact s’entendant au mètre près.

 

L’opération de la nuit dernière est ainsi avant tout un succès du Renseignement israélien. Rendu possible, évidemment, uniquement grâce à la dextérité du Khe’l Avir et au niveau technologique de ses moyens ainsi que de ses schémas opératoires alternatifs et évolutifs.

 

Il s’est agi d’une erreur d’appréciation de la part des ayatollahs ; mais il en existe une bien plus dérangeante sur le chemin de leurs objectifs en Syrie et au Liban. Nous parlons d’une "impossibilité conceptuelle" à cause de laquelle les Pasdaran et les stratèges d’al Assad se cognent la tête itérativement sur la muraille israélienne.

 

Sans dépasser quelques limites qui pourraient donner des idées de solutions à nos ennemis, nous observons cette lapalissade : quoi que ces armées fassent, la chaîne d’approvisionnement de leurs matériels de guerre livrés en Syrie et au Liban est obligatoirement interrompue. Obligatoirement, elle reste immobilisée dans des entrepôts.

 

La raison en étant que ces armes sont destinées à un conflit ouvert avec Tsahal. Or il n’en existe pas. Les stocks sont destinés à pourvoir les Pasdaran et le Hezb en armes et en munitions "dès lors qu’un tel conflit éclaterait".

 

Soit qu’il fût provoqué par l’Armée d’Aviv Kokhavi, soit que l’ordre d’ouvrir un nouveau front provienne de Téhéran. Par exemple suite à une éventuelle frappe massive de l’infrastructure nucléaire de la Théocratie (et on n’en est pas loin).

 

Mais ces armes ne peuvent pas être déployées sur le terrain en situation de "paix" car elles seraient instantanément oblitérées par Tsahal, de même que leurs servants.

 

Il est également impossible de se contenter de les empiler dans les entrepôts en Iran et de les dépêcher aux frontières d’Israël en cas de nécessité. D’abord, parce qu’il y en aurait trop à transporter dans un laps de temps beaucoup trop court. Ensuite, parce que le Khe’l Avir se ferait un plaisir de neutraliser les deux vieux tacots-747 de Qeshm sitôt qu’une confrontation majeure éclaterait.

 

Si nous les laissons voler, c’est uniquement que cela nous aide à suivre leurs cargaisons.

 

Or en dépit de toutes les tentatives de camouflage et d’éparpillement des stocks, et l’ennemi ne manque pas d’imagination, le fait que ces concentrations deviennent statiques en fait des cibles immanquables pour le renseignement israélien.

 

C’est la quadrature du cercle. Et l’Iran a besoin d’une solution, mais celle-ci n’existe pas. La seule envisageable consisterait à déclencher une guerre surprise contre l’Etat hébreu, mais elle se terminerait en suicide tactique, qui, selon les moyens employés pour provoquer la guerre éclair, pourrait aboutir à la disparition de l’Iran de la carte du monde. Et la pérennité d’Israël.   

 

La nuit dernière, aux alentours de minuit, plusieurs formations de chasseurs-bombardiers israéliens ont ostensiblement traversé l’espace aérien libanais, y compris le ciel de Beyrouth. Ils ont lancé des missiles air-sol à partir des confins du pays aux cèdres sur une multitude d’objectifs.

 

huitneuf.jpg

En orange les zones des frappes de l’Aviation israélienne la nuit dernière

 

D’abord les nids de missiles sol-air à Dumeïr, qui avaient été remplacés depuis notre dernière attaque il y a un mois, ont été pulvérisés.

 

Ensuite diverses planques situées dans la proximité non immédiate (pas loin mais à l’extérieur du périmètre des activités aéroportuaires) de l’aéroport international de Damas ont toutes été détruites.   

 

Des doubles explosions aux dimensions gigantesques témoignant initialement de l’explosion de la charge du missile hébreu, puis de celle, infiniment plus volumineuse, des stocks de munitions ont été constatées. Tous les habitants de la capitale syrienne ont pu les observer.

 

A Ayn al-Tinah, dans le Rif, à 17km au nord de Damas, une batterie de DCA a été pulvérisée, de même que quelques bâtiments dans un centre de développement d’armes de destruction massive.

 

Des entrepôts ont aussi été anéantis dans le sud-ouest du gouvernorat d’Homs, et dans celui de la ville de Hama.

 

Dans le gouvernorat d’Homs l’aéroport militaire désaffecté d’al Dabaa à 16km au sud-ouest de la cité d’Homs, qui sert de base de stockage et de QG au Hezbollah libanais a été durement frappé.

 

Dans la province de Lattaquié, le fief des Alaouites et l’unique région des ports maritimes de Syrie, on nous signale de grosses explosions dans des dépôts à proximité de la ville de Safita, à 20km à l’est du port de Tartous, au pied de la montagne.

 

Le plan strictement tactique n’a pas non plus été négligé par l’Aviation israélienne. Ainsi, les bombardements ont visé et totalement oblitéré des cibles dans la zone d'Al-Alali à Sahnaya et des positions appartenant à la 1ère Division de l’Armée gouvernementale à Al-Kisweh, toutes situées autour de Kisweh, au sud-ouest de Damas, entre la capitale syrienne et la frontière israélienne du Golan.

 

Le Khe’l Avir a aussi visé et annihilé des radars de DCA ainsi que des batteries de missiles de la 155ème brigade à Hafir Al-Tahta dans la région orientale de Qalamoun.

 

Les frappes de la nuit dernière constituent une opération majeure contre les dispositifs iranien, gouvernemental et de la milice libanaise du Hezbollah. Cette dernière a été lourdement éprouvée, car ce sont ses miliciens qui étaient chargés de la garde rapprochée de la quasi-totalité des dépôts détruits.

 

Selon les sources gouvernementales syriennes, les attaques de la nuit n’ont fait que des dégâts matériels. Selon le magasin de confection de Coventry appelé Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, mais qui n’est autre qu’une officine de propagande de l’Emir Tamim bin Hamad du Qatar, utilisant du matériel de la chaîne Al Jazeera, les raids ont causé la mort de "plus de 10 personnes", dont au moins cinq militaires du régime.

 

Selon Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, entre 80 et 100 soldats et miliciens ont perdu la vie, et le nombre des blessés dépasse les 220. Au moins 26 autres personnels étaient portés disparus à midi ce mercredi.

 

Il y a un civil parmi les morts, un disparu, et dix au bilan des blessés.

 

Aucun appareil ou missile israélien n’a été touché par la défense antiaérienne de l’ennemi, ni même inquiété.

 

Tous les media qui reprennent ces sources frelatées, à l’instar de l’AFP, de la quasi-totalité des media tricolores par effet de cascade, et même de la chaîne télévisée franco-israélienne I24News, sont des amateurs malintentionnés ou mal-informés, ou les deux, qui participent à la propagande de régimes dictatoriaux.