Vienne : mise à jour de ce mardi matin (020311/20) Version imprimable
mardi, 03 novembre 2020

 

Métula 10h55, 09h55 à Vienne, mardi

 

Par Stéphane Juffa et Jules Mazouz

 

La Police viennoise n’en sait pas beaucoup plus ce mardi matin que ce qu’elle connaissait durant la nuit. Elle n’est toujours pas en mesure de comprendre ce qu’il s’est précisément passé, et notamment combien de terroristes exactement ont participé à l’agression, ni, surtout, quels étaient les objectifs qu’ils désiraient atteindre.

 

Ce que l’on peut dire en se basant sur les déclarations officielles est que cinq personnes sont mortes, dont l’un des terroristes, et deux femmes. Il y a en outre 15 à 17 blessés soignés dans les hôpitaux, dont 7 sont dans un état grave. Les personnes hospitalisées souffrent de blessures par balles et de coups de couteaux.

 

On sait, sur la base des indications fournies par Harald Sörös, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, qu’il y a eu six scènes principales de tirs, et que la première se situait aux abords immédiats de la synagogue principale de Vienne. Laquelle était fermée à clé et inoccupée au moment de l’agression. Toutes les scènes de tirs sont localisées dans le même périmètre, celui du premier arrondissement de la capitale autrichienne.

 

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La carte des scènes de tirs établie selon les informations du ministère de l’Intérieur

 

Les informations faisant état d’une prise d’otages ainsi que d’incidents survenus dans d’autres villes d’Autriche sont des fake news.

 

La Police a enjoint les Viennois de ne pas quitter leur domicile, et se livre à des fouilles méthodiques dans les appartements de la cité à la recherche de terroristes cachés. Les établissements d’enseignement sont fermés dans la capitale ce mardi. La Communauté israélite a décidé pour sa part d’interrompre toutes ses activités jusqu’à nouvel avis et a invité ses membres à ne pas quitter leurs domiciles.

 

Le Chancelier fédéral Sebastian Kurz [le chef du gouvernement] a souligné qu'il régnait une "situation sécuritaire très tendue, en particulier à Vienne, où plusieurs assaillants sont toujours en cavale, et que l'opération policière battait son plein".

 

Une vidéo montre un terroriste tirant sur un passant à bout portant au fusil-mitrailleur, avant de revenir sur ses pas pour lui administrer le coup de grâce à l’aide d’un revolver.

 

Par respect pour la victime nous avons choisi de ne pas reproduire ce document, mais ces images indiquent que le passant a tenté de surprendre le terroriste en ouvrant le feu à son passage, mais sans résultat probant : soit il a manqué sa cible, soit le calibre de son arme était trop petit, soit, encore, le terroriste était protégé par un gilet pare-balles.

 

Nous avons isolé une photo sur la vidéo montrant le moment où le terroriste "achève" sa victime à l’arme de poing, en floutant le malheureux par respect pour lui.

 

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Le terroriste en train d' "achever" le passant que nous avons flouté, à l'aide d'une arme de poing. On distingue un fusil-mitrailleur au niveau de sa taille

 

Le ministre autrichien de l'Intérieur, Karl Nehammer, a annoncé lors d'une conférence de presse donnée ce mardi matin que le terroriste que l’on voit sur la photo était un sympathisant de la milice terroriste de l'Etat islamique, et qu’il était équipé d'un fusil d'assaut et d'un mannequin explosif. Nous ajoutons aux déclarations du ministre : "ainsi que d’une arme de poing".

 

C’est la somme de ce que l’on pouvait dire ce matin à propos de cette agression terroriste islamique qui a frappé le cœur de Vienne. Il nous manque des informations capitales concernant les objectifs recherchés par le commando, notamment le fait de savoir si c’était la synagogue et les institutions juives qui étaient principalement visées, sur l’affiliation des terroristes, leur nombre précis, leur mode opératoire et les éventuels appuis dont ils ont bénéficié pour perpétrer leurs crimes.

 

Nous sommes également intéressés par le fonctionnement/disfonctionnement de la Police et de l’Autorité politique autrichiennes, qui paraissent toujours nager dans l’inconnu, 15 heures après l’attaque de leur capitale. Elles se livrent à des vérifications systématiques, sans se montrer capables d’exploiter les informations en leur possession.